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254 articles avec sites de fouilles

Un samedi dans les Ardennes françaises

Publié le par Phil Fossil

 


Depuis certainement une année, votre serviteur n'avait plus pu goûter au Jurassique du Sud de Charleville-Mézières.

Et, ça, ça commençait très fortement à lui manquer !

 

Renaud arrive à 8h, je suis déjà en train de charger la camionnette avec le matériel ad-hoc, ayant préalablement enlevé ce qui ne servirait pas.

Du genre tamis, pelles et autre matériel destiné aux sables anversois...

Première étape, faire le plein, ne sachant pas encore si ce qui reste dans le réservoir suffira pour l'aller-retour de ce jour.

Puis, chercher à manger et à boire, et enfin se mettre en route.

Faire un arrêt café sur le chemin est indispensable, j'en profite pour acheter deux vestes fluo supplémentaires et essayer de trouver les alcootests, obligatoires en France.

Pour ces derniers, malgré plusieurs arrêts dans des stations, je fais chou blanc !

 

On finit par arriver au premier site, aux alentours de midi ! Vu le fait que la camionnette n'est pas des plus rapides, et que nous avons fait pas mal d'arrêts, c'est assez normal.

Les champs à ammonites de l'Oxfordien proches de Neuvizy, montrant le Minerai de Fer des Ardennes, sont notre premier terrain de jeu.

L'un est planté, je reste donc à sa lisière ce qui ne m'empêche pas de ramasser quelques fossiles.

Le deuxième a été récolté mais pas retourné, bien nettoyé par les pluies on voit très bien malgré les morceaux de paille restés sur la terre.

J'y ramasserai peu d'ammonites, et de petite taille, mais un assez joli nautile (une rareté sur place!), des pieds de crinoïdes, quelques beaux bivalves.

Un grand morceau d'ammonite, dont certaines loges présentent des géodes de quartz, est également récupéré.

Quand je commence à fatiguer, je rentre au véhicule.

Renaud qui trouve pas mal arrive peu après, il a sorti une dizaine d'ammonites mais des belles colonies coralliennes également.

 

On repart pour un deuxième site, l'ancienne carrière de La Bascule.

On y voit affleurer la Gaize des Ardennes, Oxfordien d'un niveau inférieur à celui du Minerai de Fer.

Là je gratte dans les éboulis, sortant pas mal de bivalves mais aussi quelques ammonites fragmentaires. Elles ne sont pas des mêmes espèces que celles rencontrées dans les champs.

Renaud travaille au marteau, et sort de l'ammonite complète et quelques jolis bivalves également.

Après un pique-nique reconstituant et vite expédié, on part pour les sites à oursins, mais en ayant bien l'intention de vérifier l'accessibilité d'un champ sur le chemin !

 

Près de Faissault, je connais en effet des labours qui peuvent donner de l'Albien, dans les nodules phosphatés (coquins) du niveau de Machéroménil.

Et le champ en question est retourné et bien lavé par les précipitations de ces dernières semaines !

On commence à le parcourir, ce qui nous donne des ammonites (fragmentaires le plus souvent) dont des pièces ayant conservé leur nacre d'origine !

J'ai quand même la chance d'en sortir deux à peu près entières, ainsi qu'un morceau de bois fossile, un gastéropode et des bivalves, en plus des fragments d'ammonites parfois bien nacrés.

Quand mon sachet est assez plein et que la fatigue commence à me terrasser, je m'assied sur un talus herbeux, pour attendre que Renaud en ait marre lui aussi.

Il fait presque nuit et il ne semble pas encore avoir envie de s'arrêter, je reprend les clés et je retourne au camion pour enlever mes bottes et me reposer, assis plus confortablement.

Il finit quand même par revenir, se change, et on se remet en route.

 

Non sans une dernière tentative de ma part, à la station-service autoroutière la plus proche, pour obtenir les fameux alcootests !

La vendeuse me regarde comme un martien, me dit qu'ils ne les vendent pas...

Je leur rétorque que, pourtant, c'est obligatoire en France ???

Mais non, la loi semble-t-il a été abrogée... Merci les gars !

Rassurés, on repart, une pause "sieste" et un arrêt "souper" dans une friterie à la sortie de Charleville-Mézières, puis on roule tranquillement jusque chez moi.

Le temps de décharger un minimum le véhicule, que Renaud récupère ses affaires et reparte, je ferme "la boutique" et je m'écroule dans un fauteuil.

Il est tout juste minuit, on est partis depuis 8h, que voilà une belle journée de prospection...

Fort heureusement, le lendemain dimanche je n'ai rien de prévu et de plus, pas besoin de faire des courses !

La fatigue accumulée de la semaine et de cette journée est telle, que je n'ai même pas la force de nettoyer un minimum des trouvailles de la veille...

Entre les siestes et le repos, bien nécessaire, je me limite au strict nécessaire... Attendant que les courbatures se résorbent naturellement.

Il me faudra encore quelques jours pour en être quitte, mais malgré tout...

Vivement la prochaine !

Phil "Fossil"

 

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Pour un sacré week-end, c'était un sacré week-end !

Publié le par Phil Fossil

Pour un sacré week-end, c'était un sacré week-end !


Ces deux jours, nonobstant la météo annoncée merdique, il fallait tester la camionnette et effectuer dans le port Anversois un tamisage intensif.

Le samedi, Renaud arrive à vélo et on charge le van avec tout ce que j'ai préparé à l'entrée du garage.

Première chose, des courses afin d'avoir de quoi boire et manger sur place, puis un saut au Brico le plus proche de chez moi chercher une brouette, bien utile pour amener le matériel et le ramener, ainsi que le tamisat récupéré.

Ensuite le trajet, seulement ponctué d'une pause "café" à la station-service de Waarloos.

Une fois arrivés, on est seuls. C'est bien compréhensible, vu qu'il fait glacial, que le vent est assez fort, et qu'il neige ! Peu de gens sont assez fous pour venir prospecter par un temps pareil...

Parqués sur le site, on embarque le matériel, la nourriture et les boissons et on grimpe le talus.

Je m'installe dans un immense trou existant pour tamiser sur moyennes mailles, Renaud attaque un nouveau trou afin d'obtenir de la couche encore en place.

Si les dents personnellement trouvées sont petites et pas très nombreuses, je me console avec une bonne dizaine de belles bulles tympaniques de dauphins, une très jolie grande vertèbre de poisson, et d'autres ossements sympathiques.

Lui découvre de belles grandes dents, ainsi qu'une sensationnelle molaire de phoque, la pièce dont je rêve depuis des années... C'EST PAS JUSTE ! LOL

On quitte le site à la nuit noire, une pause à Waarloos pour souper et faire une petite sieste, décharger le minimum de la camionnette et je peux enfin m'écrouler dans mon fauteuil... 

Et surtout aller dormir tôt, vu que le lendemain, ON REMET CA !


Le dimanche, il est un peu plus tard quand Renaud est là, j'ai eu une longue nuit bien réparatrice; on charge un minimum, des petites courses pour de la nourriture et on se remet en route.

Une pause café traditionnelle à Waarloos, et on arrive. Là, on n'est plus seuls, déjà 7 voitures garées tout près ! Ca ne sent pas bon pour le trou exploité la veille par Renaud...

Même le mien a été "testé", mais semble-t-il vite abandonné. 

Je m'y installe, et je commence à travailler un autre côté sur un plus petit maillage que la veille (6-8mms) afin de récupérer du plus petit matériel.

Je sors quand même des choses sympas, rien qui dépasse 4 bons centimètres mais quelques raretés quand même : une jolie vertèbre de requin, dents de Galeorhinus contortus, Galeocerdo latidens, Squatina angeloides, Sphyrna zygaena, plus les habituelles espèces plus communes.

Renaud, lui, entame un trou gigantesque vu que la couche s'avère être très profonde ! S'il y trouve de belles pièces, elles sont plus rares que la veille. 

Il bouge assez vite quand son trou de la veille s'est libéré, et continue à trouver du beau.

Il se promène aussi, déniche une grande Cosmopolitodus hastalis en surface pas loin de mon trou. Puis, en fin de journée, sa première Hemipristis serra, petite mais jolie !

Il est quasiment 18h quand on replie, votre serviteur commençant à geler; la descente est plus dure que la montée vu que je ramène un énorme sac de tamisat en plus de tout le matériel : la brouette vient bien à point...

Une petite pause "sieste" à Waarloos, manger un petit truc au Quick pas loin de chez moi, décharger le minimum (trouvailles et fringues à faire sécher) et je peux ENFIN me reposer !!!

Epuisé, des courbatures partout, mais malgré tout :

Vivement la prochaine !

Phil "Fossil"


 

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Ammonites du Nord du Mexique à déterminer

Publié le par Phil Fossil

Ammonites du Nord du Mexique à déterminer
Ammonites du Nord du Mexique à déterminer


Après les dents de requins néogènes obtenues il y a quelques semaines déjà, j'ai acquis quelques ammonites du Mexique.

D'après les recherches faites sur Internet, il semble s'agir d'une espèce proche des Ataxioceras, datée du Kimméridgien.

Déterminée comme Schneidia lopeztichai (Cantú-Chapa) (anciennement Ataxioceras (Ataxioceras) lopeztichae sp. nov. by Cantú-Chapa, 1991), elle provient du Nord du Mexique.

Si quelqu'un parmi vous dispose de plus d'information (surtout sur la localité de découverte), ou peut modifier cette détermination, merci de réagir par un simple commentaire...

Le tiré-à-part en lien ci-après est assez instructif.


http://palaeo-electronica.org/content/2016/1485-ammonites-kimmeridgian-mexico


Phil "Fossil"

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Une très bonne journée à Anvers... Mais pas pour moi !

Publié le par Phil Fossil

 


Ce samedi, mon pote Renaud arrive peu avant 10h. Le temps d'embarquer tout le matériel, de faire un arrêt pour acheter de quoi manger, et se boire un café, on prend la route.

Arrivés sur le site on s'équipe "léger", pas de tamisage prévu à cause de l'argile omniprésente et de l'humidité ambiante : seau, pot, quelques sacs et grattoir suffisent amplement.

Si je mets au jour les premières dents, petites ou plutôt incomplètes, je ne suis certes pas très enchanté de ma moisson ! Il n'y a vraiment pas de quoi rentabiliser la journée...

Pour Renaud par contre, c'est le tiercé gagnant ! D'abord une assez jolie Megaselachus chubutensis de 7 centimètres, puis quelques plaques de carapace de tortue encore en association, et pour terminer un superbe palais de chimère Edaphodon antwerpiensis.

Bien assez pour me dégoûter, ça c'est certain ! Je gratte une partie de la couche prometteuse et continue plus loin l'exploration "à vue".

Je découvre une belle bulle tympanique de cachalot (Balaenula sp.) et un périotique de baleine, plus quelques ossements de cétacés indéterminables; mais question dent, plus rien de rien...

Je termine, histoire de ne pas revenir honteusement bredouille, par un peu de prospection des "Sables d'Oorderen", ce qui me permet d'engranger un sachet de coquilles actuelles (Rangia cuneata) et pliocènes.

Ce n'est pas que je me plaigne, mais la fois passée, j'ai tamisé du résidu déjà fait par d'autres, et j'ai trouvé nettement plus...

En poids, environ DIX FOIS plus !

Et je n'ai pas encore traité le résidu de tamisage ramené dans sa totalité !!!

Phil "Fossil"


De gauche à droite :

Plaques de tortue associées;
Palais de chimère Edaphodon antwerpiensis;
Megaselachus chubutensis;
Néogène, Port d'Anvers, Belgique
Hauteur maximale : 7 centimètres.


 

Une très bonne journée à Anvers... Mais pas pour moi !

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Prospecter sur les plages, une bonne idée ?

Publié le par Phil Fossil

 


Les sites côtiers sont très intéressants pour nous, la mer (surtout en période de tempêtes et/ou de grandes marées) nettoie bien les affleurements côtiers ce qui permet de meilleures découvertes sans grande fatigue.

Sur les côtes européennes, une grande variété de sites à fossiles sont connus, que cela soit en Belgique (dents de requins), en France (oursins, ammonites, empreintes de pas de dinosaures, trilobites...), aux Pays-Bas (dents de requins, dents et ossements de mammifères quaternaires...), et j'en passe.

Qui n'a jamais entendu parler des sites côtiers du Royaume-Uni (être une île présente en ce domaine d'incontestables avantages!), citons en vrac : Lyme Regis, Charmouth, l'Ile de Wight, le Devon, le Yorkshire (Whitby), Folkestone, Barton-on-Sea, L'Ile de Sheppey, l'Ile de Skye en Ecosse...

L'Espagne et le Portugal sont également bien dotés en sites paléontologiques côtiers.

Les côtes maltaises sont un atout paléontologique certain, certaines plages rocheuses sont en effet constellées d'oursins miocènes et d'autres fossiles.

Ailleurs dans le Monde, de belles découvertes sont également faites sur le littoral :

Les îles fossilifères aux Philippines, où les restes de requins, raies et poissons sont monnaie courante.

L'île de Java, où les rivières et embouchures fournissent un riche éventail de vertébrés fossilisés.

Les Etats-Unis, et en particulier la Floride, les deux Caroline, la Géorgie et le Maryland, sont réputés pour les fossiles tertiaires et quaternaires.

Néanmoins, certains endroits doivent être visités avec précaution, vu que les chercheurs partagent l'environnement avec d'autres espèces, pas forcément sympathiques, amicales, ni bien intentionnées à leur égard...

(Photo de plage de Louisiane, reprise de Facebook)

Et nous nous plaignons de nos conditions de fouilles pas toujours optimales...

Phil "Fossil"


 

Prospecter sur les plages, une bonne idée ?

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Quelques photos souvenirs...

Publié le par Phil Fossil

 

Notre cher ami Werner s'est décidé à publier de vieilles photos de nos sorties communes sur Facebook, je me vois suite à celà retomber dans une certaine nostalgie.

Celle des trouvailles pléthoriques que nous faisions ensemble, il y a pas mal d'années déjà, lorsque les travaux de dragage du Churchilldok battaient leur plein.

L'on travaillait alors au tamis, quasiment chaque week-end, des couches à gravier de la base du Pliocène afin de récupérer de nombreuses dents de requins, mais aussi des restes de dauphins, baleines, cachalots et phoques.

Si votre serviteur est encore régulièrement sur sites, les moissons n'ont plus grand-chose à voir avec ce que l'on pouvait espérer mettre au jour à l'époque...

Néanmoins, nonobstant cette quantité plus réduite, des espèces rares sont encore engrangées, certaines attendues depuis bien 10 années (Megachasma), d'autres peu courantes (Somniosus, Hexanchus symphysaire) ce qui vaut toujours la peine.

Tant qu'on trouve, on serait bien mal venu de se plaindre !

Phil "Fossil"

 

 

Quelques photos souvenirs...
Quelques photos souvenirs...
Quelques photos souvenirs...

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Quatre jours bien occupés dans le Poitou (2)

Publié le par Phil Fossil

 

Dimanche 4 décembre 2016

Après deux longues nuits de 10 à 11 heures, j'ai enfin récupéré et je me lève tôt. Le petit-dej' est toujours fixé à 7h30, c'est que nous allons avoir de la route aujourd'hui !

Notre destination est Montreuil-Bellay, où des tas de cailloux locaux avaient déjà fourni une belle moisson de Callovien en juin-juillet.

Nous ne risquons pas d'être dérangés un dimanche, même si les coups de feu d'une battue retentissent dans le lointain.

Après une exploration superficielle des tas, qui rapporte déjà pas mal de fossiles bien nettoyés, je m'attaque au grattage à l'aide de mon grand grattoir et d'une brosse pour nettoyer ce qui semble intéressant.

Cette fois les tas terreux qui donnent surtout des ammonites oxydées et souvent abîmées sont largement délaissés, au profit de tas contenant de la couche plus fraîche : oolithe blanche et grise.

Les ammonites qui s'y trouvent ont souvent gardé leur coquille en calcite, j'y ramasse aussi des bélemnites, brachiopodes, bivalves et gestéropodes.

Je découvre ainsi un très joli Conotomaria sp. tout dégagé, mais question ammonites c'est plus limité.

Vers la fin, je retourne au râteau tous les blocs d'oolithe blanche cassés par les chercheurs précédents, ce qui me donne de belles longues Melania sp. Néanmoins, beaucoup de ce matériel nécessitera un dégagement au percuteur et à la sableuse.

En mode promenade, je ramasse entre deux tas une éponge branchue crétacée, comment est-elle arrivée dans cette zône exclusivement jurassique ?

De même, Jean-Paul a mis la main sur un bois fossile silicifié très joli, mais certainement pas autochtone non plus !

Quand le soleil commence à se coucher, j'entame les voyages vers la voiture proche, transportant les nombreux sacs de trouvailles, pour finir par le seau et les outils.

Le tout une fois rangé emploiera deux caisses à melons bien remplies, mises en dessous des autres afin d'abaisser le centre de gravité de la pile de boites.

Jean-Paul arrive peu après, également fort chargé et assez content de sa première journée dans le Callovien local.

De retour au gîte, une petite pause "chauffante" sans m'endormir (il y a progrès), je me change et on est prêts pour le souper.


Lundi 5 décembre 2016

A nouveau tôt levés, le petit-déjeûner à l'heure habituelle, et on repart pour de l'exploration dans les auréoles oxfordiennes.

Cette fois, on attaque la région de Doux : mais là aussi, les champs sont tous semés, seule la lisière est parcourue; néanmoins elle est peu productive.

On arrive sur des vignes, là c'est mieux ! L'avantage est que les affleurements sont relativement permanents, l'inconvénient est qu'ils sont peu, voire pas renouvelés.

On découvre pas mal d'ammonites, des gastéropodes, bivalves et assez bien d'éponges aussi.

Notamment des espèces d'ammonites non vues jusqu'à présent, notamment des Epipeltoceras de plusieurs espèces. Par contre les espèces plates du genre Ochetoceras sont beaucoup moins représentées.

On repart vers un autre endroit, également des rangées de vignes mais nettement plus étendues : je reste à proximité du véhicule et ramasse pas mal d'ammonites, mais de très belles éponges de plusieurs espèces.

Le manque relatif de remaniement du sol fait que les pièces fragiles y sortent plus complètes.

Je mets la main sur des gastéropodes et quelques térébratules, ainsi qu'une grosse rhynchonelle.

Néanmoins la fatigue des 4 jours, et leurs inévitables courbatures commencent à se faire sentir.

C'est le moment où mon pote Yves arrive de son Anjou proche, j'en profiterai pour me reposer dans sa voiture jusqu'à ce que Jean-Paul revienne de sa prospection, éminemment fructueuse !

Je place les sacs remplis de pièces de la journée dans la quatrième caisse à fruits remplie ce séjour : deux pour le Callovien, deux pour l'Oxfordien ! Pas mal vu les conditions réduites d'accessibilité aux labours...

Après de longues discussions, on repart : l'un pour son domicile, les deux autres pour notre gîte où l'on doit récupérer les bagages. 

Il est temps en effet d'entamer la lente remontée vers la Belgique.

Elle ne sera pas aussi calme que l'aller, loin de là : en effet la traversée de Rouen se transformera bien vite en enfer pour deux belges fatigués !

Faite sur des routes constellées de ronds-points, il y a un tunnel à emprunter pour arriver sur l'autoroute remontant vers Amiens.

Vu l'heure tardive, ce tunnel est fermé pour travaux d'entretien, sans bien évidemment indiquer un quelconque itinéraire de déviation... Merci les gars !

Après avoir pas mal tourné dans la ville sans l'ombre d'une indication, nous devrons sortir dans les campagnes et les bois (où l'on sera à deux doigts de percuter un gros sanglier qui avait vraiment envie de traverser la route) afin de rattraper notre autoroute.

Cela sera au prix de pas loin d'une heure de perdue !

Une pause "souper" dans l'enseigne de restauration rapide proche d'une station service, et d'autres arrêts techniques, il sera 3 heures quand je suis rentré à la maison, avec bagages,  matériel et caisses de fossiles rentrés et rangés.

Donc, près de 4 heures du matin quand je peux enfin aller dormir ! Encore heureux que j'aie été prévoyant en prenant congé le mardi ! 

Je pourrai dormir de tout mon saoûl.
 
Mais malgré tout...

Vivement la prochaine !

Phil "Fossil"

 

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Quatre jours bien occupés dans le Poitou (1)

Publié le par Phil Fossil

 


Depuis la fin juin-début juillet, votre serviteur n'avait plus eu l'occasion de taquiner les ammonites et particulièrement celles de la région de Saumur et Poitiers.

Mon pote Jean-Paul était, quant à lui, en manque depuis bien plus longtemps encore ! Janvier, pour être précis.

Une sortie conjointe, prévue de longue date, devenait indubitablement urgente...


Jeudi 1er décembre 2016

Les obligations professionnelles de Jean-Paul retardant notre départ jusqu'au tout début de l'après-midi, j'ai amplement le temps de préparer bagages, outils et autre équipement.

Il m'est même possible de nettoyer les dernières trouvailles anversoises et d'ajouter le tamisat ramené à une caisse à moitié pleine.

Tout est prêt quand il arrive. 

Le temps d'embarquer le tout, placer les caisses vides sur les sièges arrière, choisir à deux l'outillage le plus idoine, et on est partis pour 9 heures de route.

Ponctuée de quelques pauses bien nécessaires : en effet, si j'ai suffisamment de boissons, je n'ai pas grand-chose à manger, et je dévaliserai littéralement l'échoppe de la première station-service où nous nous arrêtons.

Après un voyage sans histoire, on arrive à notre gîte d'hôtes campagnard de Leugny vers 1 à 2h du matin. Un lit confortable et un environnement super-calme ne sont pas de refus.


Vendredi 2 décembre 2016

Vu l'arrivée tardive, on demande le petit-déjeûner après 9h, histoire de récupérer un minimum. Puis nous sommes changés, équipés en pulls car il gèle bien !

Le premier champ proche du gîte et accessible (car tout le reste est semé, déjà) est en friche, sa productivité est assez pauvre, seules deux petites ammonites et quelques éponges pas terribles viennent remplir nos sachets plastiques.

Ensuite Jean-Paul nous emmène jusqu'à un champ où il avait découvert de beaux bois fossiles en janvier mais il est également semé. 

Nous nous cantonnons alors à sa bordure, j'ai de la chance et ramasse, outre de rares petites ammonites, deux morceaux de bois fossile silicifié. Ca commence pas mal !

Revenant vers des champs connus de votre serviteur, ils sont également semés et donc les bords en sont copieusement épluchés. 

Les ammonites s'accumulent, quelques oursins irréguliers (Dysaster sp.) sont ramassés, je mets même la main sur deux raretés : un phragmocône de bélemnite et un joli nautile Pseudaganides ledonicus.

On repart, le champ abondamment prospecté début juillet est juste semé mais pas loin un autre est labouré et semble avoir été pas mal nettoyé par les pluies précédant notre venue.

La, la moisson est bonne, les sacs se remplissent vite, et des pièces de grande taille (pour l'Oxfordien) sont ramassées.

Il fait sombre quand je reviens à la voiture, Jean-Paul continue jusqu'à la tombée de la nuit et je suis content qu'il arrive car je commence à geler.

Arrivés au gîte tout proche, je refais le plein de chaleur, je me change, me rafraîchir en vitesse et on peut rapidement passer à table vu que nos logeurs font tables d'hôtes.

Il est extrêmement tôt, mais la fatigue cumulée des semaines précédentes et celle du voyage ont raison de mes forces : je m'endors très vite !


Samedi 3 décembre 2016

Là, on a demandé à avoir le petit-dej' vers 7h30, ce qui nous permet d'être prêts approximativement quand le soleil se lève.

Aujourd'hui on fera un peu plus de kilomètres, prévoyant d'explorer les environs de Vignolles, en espérant avoir plus de champs accessibles !

La plupart des champs sont à nouveau semés, néanmoins un seul est accessible : les tournesols ont été récoltés, les tiges couchées jonchent la parcelle.

Au départ on fait quelques trouvailles, mais on insiste et au fur et à mesure les découvertes sont de plus en plus nombreuses !

Toujours les sempiternelles ammonites, mais certaines d'une taille jamais personnellement récoltée dans l'Oxfordien poitevin, ainsi qu'un peu d'oursin irrégulier Dysaster sp. Et je termine par un gros nautile Pseudaganides ledonicus. 

Le froid piquant (le vent souffle en jolies rafales) et la faim ont raison de mon endurance : après avoir demandé la clé, je retourne à la voiture pour me mettre au chaud et y grignoter un semblant de pique-nique.

Quand Jean-Paul, très content de sa moisson, rentre à l'auto, il mange et on repart pour un peu d'exploration.

Les champs sont tous semés, mais des ammonites sont ramassées à leur lisière : à refaire dans des conditions plus propices, ça c'est sûr !

On retourne alors au champ labouré commencé la veille, avec grand intérêt : un gros sachet d'ammonites est encore engrangé et le froid piquant devient difficilement supportable avec le coucher du soleil, je me remets à l'abri dans la voiture.

Dès qu'il fait vraiment noir, Jean-Paul arrive et on rejoint le gîte.

Je prend ensuite un peu de chaleur dans mon lit, à un point tel que je m'endors... Heureusement pas très longtemps, il est hors de question de louper le souper !

Mais celui-ci expédié, je retourne au lit sans demander mon reste.

A suivre...

Phil "Fossil"


 

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Mes dernières acquisitions des Philippines

Publié le par Phil Fossil

Mes dernières acquisitions des Philippines

 

Le lot complet avant emballage soigneux. Hauteur de la plus grande dent 11 centimètres.


Le lot de pièces acquises ces derniers jours est enfin arrivé, le déballage a duré une infinité de temps, mais je pense que le résultat en valait la peine.

Il faut dire que la saison des typhons est idéale, pour les chercheurs, comme pour les découvertes ! 

Même si les trajets en bateau de mon correspondant local ne sont pas une sinécure...

Outre des Megaselachus megalodon grandes, moyennes et petites, plusieurs Carcharodon carcharias, une série impressionnante d'Hemipristis, Negaprion, Carcharhinus et Galeocerdo, il y a des dents, vertèbres et palais de poissons particuliers, des restes de raies, et même une dent de crocodile.

Peu d'invertébrés ce coup-ci, par contre : un oursin, un crabe et un gastéropode "en coupe".

Phil "Fossil"

 

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Parotodus benedeni du Miocène portuaire d'Anvers

Publié le par Phil Fossil

Parotodus benedeni du Miocène portuaire d'Anvers
Parotodus benedeni du Miocène portuaire d'Anvers


Parotodus benedeni, Miocène, Port d'Anvers, Belgique. Hauteur maximale 4 centimètres.


Après de grosses précipitations, un "épluchage" en règle du site et une excellente moisson réalisée à la vue juste après, les découvertes ne pouvaient que se réduire.

Surtout que la météo a, par la suite, été nettement plus sèche...

Or, ma visite suivante dans le Port a quand même donné ces deux exemplaires de Parotodus benedeni, dent pas très courante au demeurant.

Le plus grand et plus complet des deux spécimens a été découvert sur une zone de Gravier de base et d'argile mélangés.

Les colorations en sont très particulières, de nombreuses dents découvertes dans les mêmes circonstances sont décolorées à des degrés divers.


J'ai une petite théorie à ce sujet, laquelle vaut ce qu'elle vaut :

L'argile est riche en pyrite/marcasite finement divisée, depuis qu'elle a été sortie du niveau en place (et donc de la nappe phréatique qui l'isole) cette dernière est soumise à l'action de l'air.

Par cette action, la pyrite se transforme en sulfate, l'humidité crée de l'acide sulfurique qui s'insinue dans le sédiment et attaque les fossiles proches.

Cette "décoloration" est partiellement réversible, en effet les dents placées dans de la graisse ou de l'huile ont tendance à récupérer leur couleur d'origine.

Mais vu l'esthétique de la plus grande pièce, elle restera telle-quelle !

Phil "Fossil"



 

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