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En fouilles...

Ecarts de CarchaDOrias

Lundi 2 juillet 2012 1 02 /07 /Juil /2012 22:01


Sésame, ouvre-toi…

Selon un rituel désormais bien établi, Paleoman se mit alors à l'ouvrage.

Relevant sa couchette pour la fixer contre le mur au moyen d’une chaîne qu’il avait prévue à cet effet, il passa doucement les mains sur les contours d’une énorme pierre de taille située à quelques centimètres au-dessus du sol de sa cellule. Glissant deux minces mais solides lames d’acier de part et d’autre des interstices, anciennement rejointoyés au ciment, il exerça une pression vers l’arrière, jusqu’à ce que le lourd bloc commence à céder, mettant ensuite toute sa force pour le sortir de son logement et parvenir finalement à le poser doucement - non sans un gros effort et un sourd gémissement - à même le dallage sur lequel il était agenouillé.

Deux autres larges pierres subirent rapidement le même sort.

Il me faudrait un système de poulies, ou au moins des charnières…

 

Mais cette laborieuse opération était le passage obligé auquel il ne pouvait se soustraire pour se rendre à pied d’œuvre.

L’objectif final de toute son aventure !

Dès son arrivée, il n'avait pas manqué d'examiner sa nouvelle résidence sous toutes les coutures, ou plutôt jusque dans ses plus sombres recoins. Certes, la cellule qu'il occupait n'était pas bien vaste - à peine quelques mètres carrés - mais elle présentait l'avantage d'être « bien située », son secret espoir ayant été d’accéder dès le départ au niveau le plus bas de la prison d'Anvers.

Heureusement pour lui, la garantie d’y parvenir portait un nom juridiquement bien établi : la « détention préventive ». Toute son opération de commando dans le chantier du port d’Anvers avait d’ailleurs été orientée vers ce seul et unique objectif.

Paléoman n’avait dès lors pas lésiné sur les moyens : l'originalité même des infractions qu'il avait commises était de nature à en déconcerter plus d'un, de par leur caractère totalement inédit autant que surprenant, une accumulation de voies de fait pour le moins inconnue jusqu'alors de mémoire de Procureur du Roi, et - surtout - dont l'apparence semblait quasiment irrationnelle.

Dans cette grosse machine aveugle que pouvait être un appareil répressif, son comportement allait dès lors vite se révéler difficile à comprendre, donc à cataloguer et, partant, à qualifier en des termes légaux.

 « Ils ne savent pas quoi faire avec moi », avait-il très justement conclu.

A défaut de pouvoir le formater, les autorités judiciaires avaient donc envoyé Paléoman grossir - comme prévu -  les rangs des innombrables personnes en « préventive », celles qui s’étaient vues décerner un mandat d’arrêt mais qui, dans l’attente de passer en jugement, n’avaient fait l’objet d’aucune condamnation.

Et dans les prisons du royaume, cela pouvait durer longtemps, puisque son pays avait officiellement été déclaré « champion d’Europe » en la matière !

 

Paléoman s’approcha de l’entrée.

Dans l'ouverture béante se profilait devant lui un long et étroit tunnel, qui se perdait dans l’obscurité bien au-delà de ce que sa puissante lampe frontale à LED multiples pouvait éclairer.

Depuis plusieurs semaines, ce conduit était devenu son quartier général, son bureau, sa résidence secondaire, son siège d’exploitation, son aire de détente et, par-dessus tout… son nouveau site de prospection.

Personnel !

Confidentiel, même. 

Plus secret que ça, tu meurs…

Au début, les choses n'avaient pas été simples, non seulement pour creuser dans les sédiments pourtant restés suffisamment meubles, mais surtout pour en évacuer les premiers mètres cubes. A n'en pas douter, le directeur de la prison d'Anvers se demanderait encore très longtemps pour quelle sombre raison la consommation d'eau potable était drastiquement montée en flèche, dans son établissement, durant une période de surcroît limitée à quelques jours !

Sauf à apprendre que la seule technique efficace dont disposait notre Paléoman était d’éliminer systématiquement le sable dans les toilettes. Mais en petites quantités, de manière à ce que les lourdes particules restent en suspension assez longtemps dans l’eau pour être emportées par le puissant flux…

Tu parles d'une partie de chasse ! s’en amusait encore Paléoman en souriant, malgré la perte de plusieurs journées de travail dans l’opération.

Ensuite, après qu'il eut réussi à creuser un espace suffisamment grand pour lui permettre de manœuvrer tout en se tenant confortablement assis, et surtout assez large pour accueillir sa corpulence, il ne lui était plus resté comme expédient qu’à reléguer le « stérile » vers l’arrière, au fur et à mesure de son avancement dans la couche.

Mais quelle couche…

Le « Paradis Terrestre » du paléontologue amateur, avec son lot quotidien de découvertes consécutives et régulières, toutes plus belles les unes que les autres, des fossiles d’une qualité et dans une concentration telles que chaque nouvelle trouvaille reléguait presque la précédente au rang de banalité.
 
Parmi les plus emblématiques figuraient évidemment ce squelette complet et admirablement préservé de requin Megaselachus megalodon, associé - cerise sur le gâteau - à une pièce curieusement isolée, trouvée à quelques mètres et dans le même miraculeux état, d’une dent pathologique de toute beauté !

Paleoman s’apprêta à franchir le seuil du tunnel, avec une détermination toute renouvelée : pas plus tard que la veille, il venait en effet de découvrir trois vertèbres caudales, en connexion évidente, de ce qui lui apparaissait avec une quasi certitude comme un - très - grand mammifère marin...

Mais personne n’était dans sa cellule pour l’entendre murmurer :

Surtout, pas de libération conditionnelle…

Et de poursuivre encore, jusqu’à disparaître dans le conduit : 

Que personne ne me parle jamais d’une libération conditionnelle !


PS. Merci à CarchaDOrias pour cette série romancée de la vie de quelqu'un que je connais...


PS2. Désolé pour le petit problème de publication... Il se fait vieux, le Paleoman !


Phil "Fossil"


Par Phil Fossil - Publié dans : Ecarts de CarchaDOrias - Communauté : Les fossiliens
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Vendredi 29 juin 2012 5 29 /06 /Juin /2012 17:56

 

D’abord manger…

Comme à son habitude, Paleoman s'était levé très tôt, pour enfiler à son aise et méthodiquement le copieux petit-déjeuner qui venait de lui être servi.

Toujours à la même heure, parce qu'il détestait par-dessus tout perdre du temps, mais aussi selon des spécifications toutes personnelles, car il avait besoin de sa ration d'énergie journalière, ne pouvant se permettre la moindre faiblesse par la suite, au cours du lourd et harassant travail auquel il était astreint tous les matins.

Certes, au début, avoir exprimé de tels desiderata alimentaires dans un établissement pénitentiaire avait paru plutôt incongru, mais les très bonnes relations qu'il avait immédiatement suscitées, puis savamment entretenues avec le personnel de surveillance avaient grandement facilité les choses. D'abord, les gardiens avaient tous leurs petites faiblesses, dont il avait su vite déceler la nature, ensuite pu habilement tirer parti. Et puis, la plupart d’entre eux avait fini par comprendre la signification de la tâche hautement importante qui l'attendait, acceptant plus facilement toutes ces légères entorses au règlement intérieur.

Evidemment, Paleoman avait été contraint de composer avec les principales obligations de la vie carcérale, mais il l'avait accepté cet inconvénient avec d'autant plus de bonne volonté qu’elles n’étaient somme toute que très accessoires, combien minimes par rapport à son objectif final, à savoir ce qu’il se prenait désormais à qualifier mentalement de « hold-up du siècle » dans la paléontologie.

Après ses aventures mouvementées dans le chantier de construction de la nouvelle écluse qui devait desservir le Deurganckdok en le reliant directement aux bassins intérieurs, les choses avaient été plus que rondement menées. A sa grande mais secrète satisfaction, les policiers n’avaient pas traîné pour le soustraire aux éventuelles velléités vengeresses des ouvriers du port, le faisant rapidement grimper dans leur confortable combi, un abri dont il avait même apprécié toute cette chaleur qui lui avait manqué durant les heures précédentes.

Après un démarrage plutôt rapide - conduite du véhicule par l’énergique jeune policière oblige - Paléoman avait lancé un coup d’œil en arrière, vers les lieux de ses derniers exploits, observant pensivement le quasi chaos qu’il venait modestement d’engendrer. Mais bien perplexe aurait été un autre passager, s’il y en avait eu un, qui aurait surpris le sourire qu’il affichait de plus en plus, du coin des lèvres, au fur et à mesure que la direction de leur voyage parut comme évidente : le centre de la ville d’Anvers.

Arrivés devant leur destination finale, les policiers s’étaient d’ailleurs montrés fort étonnés d’apercevoir cette mine franchement réjouie qu’arborait leur « client » lorsqu’ils s’étaient immobilisés devant une haute façade faite tout de pierres et de vieilles briques, d’architecture fort ancienne et dont l’apparence austère voire l’aspect militariste semblait fort peu sympathique de par sa nature.

Pour l’avoir maintes fois examinée dans les moindres détails au cours de ses précédents repérages, Paleoman savait qu’il avait devant lui l’entrée principale de la « maison d’arrêt », un bâtiment construit au beau milieu du dix-neuvième siècle. Les yeux fermés, il se remémora la disposition exacte des bâtiments, tels qu’il les imaginait se prolonger devant lui : une architecture cellulaire, basée sur un modèle en étoile, avec un noyau central d'où partaient trois ailes, dont deux contenaient des cellules sur trois niveaux et une aile des cellules sur quatre niveaux.

Avec un brin d’ironie, il s’était même un jour aperçu que - vue du dessus - la forme générale de la prison d’Anvers n’était pas sans rappeler celle d’un trident.

Ou plutôt d’une griffe !

D’un grattoir…

Fort d’un tel heureux présage, et sur base des recherches faites auprès de spécialistes en la matière, Paleoman savait que la suite de son parcours allait répondre à une chronologie très stricte et une procédure quasiment immuable : la consultation de plusieurs éminents avocats du barreau local, puis les précieux conseils prodigués par le pote Carchadorias quant à la faisabilité pratique de l’opération, avaient été à cet égard déterminants pour lever ses moindres doutes sur les risques encourus, et pour dissiper ses dernières craintes de dérapage excessif.

Après tout, pour spectaculaires qu’ils aient été, les quelques faits dont il s’était rendu coupable paraissaient comparativement bénins au regard de toute cette actualité sordide quotidiennement étalée dans les médias, à défaut pour lui d’avoir porté atteinte à qui que ce soit en termes d’intégrité physique.

Les quelques ouvriers qu’il avait copieusement arrosés ou bousculés sans ménagement en seraient quittes pour une blessure d’amour propre, dont chacun sait qu’elle ne sera jamais mortelle.

La suite de la procédure d’incarcération allait ainsi être rondement menée, dont il n’avait cependant pas compris toutes les subtilités juridiques, pour peu qu’elles aient eu la moindre importance pratique.

Au boulot ! lança alors à voix haute un Paléoman rassasié, bien qu’il fut tout seul dans sa cellule…

(à suivre)


Par Phil Fossil - Publié dans : Ecarts de CarchaDOrias - Communauté : Les fossiliens
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Vendredi 22 juin 2012 5 22 /06 /Juin /2012 17:32

 

Je suis cerné…

Paléoman observait les poursuivants qui arrivaient lentement à sa hauteur.

Avec amusement, il remarqua qu’ils arboraient tous un regard plutôt inquiet, qu’ils lançaient dans une direction dont il savait que c’était derrière lui, vers le groupe hydrophore, celui qui restait encore fixé sur le bulldozer à côté duquel lui-même se tenait debout. Instinctivement, après sa folle cavalcade dans le sable, il eut envie de leur faire un geste d’apaisement, comme pour les rassurer, mais ce n’était pas du tout dans son programme.

Que du contraire !

Comme s’il venait soudain à consulter une banale liste de courses, Paléoman sortit de sa poche un petit calepin et commença à biffer des mentions qui étaient inscrites d’une écriture fine et précise.

Récapitulons...

« Vol avec effraction », c’est fait. « Conduite sans permis », c’est fait aussi. « Destruction de biens publics », c’est fait. « Violation de propriété privée », itou. « Refus d’obtempérer ». Bin oui, il fallait bien. « Entrave méchante à la circulation ». Curieux ça, comme formulation, pour avoir écrabouillé une de leurs voitures.

Et… ah ZUT !  

Paléoman venait d’effectuer un rapide calcul, une simple addition dont le résultat semblait pour le moins contrariant : une telle énumération était certes impressionnante, mais elle risquait de ne pas être suffisante pour atteindre la cible qu’il s’était fixée.

Tant pis : on y va…

C’était d’ailleurs le moment idéal : derrière le personnel de chantier tout en casque-et-ciré-jaune-assorti approchaient plusieurs silhouettes en uniformes dont il n’eut aucun mal à reconnaitre le bleu clair de la police locale : juste à point nommé pour lui permettre de réaliser la dernière épreuve de son parcours.

C'était le moment de porter l'estocade finale !

Poussant un rugissement dont il ne se serait jamais cru capable, Paléoman se lança en avant, au pas de course, fonçant tête baissée dans le premier rang comme s’il s’était agi d’un match de rugby, bousculant tout sur son passage.

Un coup d'épaule à droite, un autre encore plus violent à gauche, puis un autre et encore un autre, et quatre pantins en ciré jaune étaient tombés en arrière, s'étalant lourdement dans la boue, ce qui lui ouvrait une voie royale dans la haie humaine. Un cinquième ouvrier qui se tenait debout juste derrière fit bien mine de s'interposer, mais il eut encore moins de chance que ses acolytes puisqu'il plongea sous le choc, de tout son long, dans une flaque d’eau dont la couleur oscillait entre le cacao et le café au lait.

Avec très peu de lait…

Sans se retourner, pour ne pas perdre la moindre seconde de cet avantage décisif qu'il venait de prendre sur ses adversaires, Paleoman accéléra dans la direction des véhicules de police.

C'était la plus élémentaire mesure de prudence, car il ne souhaitait pour rien au monde tomber entre les mains de tous ces « hommes de la mer » ou assimilés, dont le sens de l'humour devait certainement avoisiner le zéro absolu, surtout en de telles circonstances.

Et qui pourraient avoir la très mauvaise envie de lui infliger une bonne leçon.

Comprendre « correction »...

Son salut était donc paradoxalement dans les uniformes de l’autorité publique, portés par des fonctionnaires dont il savait qu'ils allaient appliquer leur manuel d'interpellation à la lettre. Rassuré en outre de ne pas voir apparaître de ce côté la moindre arme, et certain qu'aucun d'entre eux ne le mettrait soudain en joue, il poursuivit sa course jusqu'à arriver à leur hauteur, le moment précis qu'il avait choisi pour marquer la fin définitive des hostilités.

« Je me rends », leur cria-t-il alors dans les trois langues nationales, en levant les bras en l'air et en s'arrêtant pile devant eux.

Ses prévisions s'avérèrent aussi exactes que les précédentes : deux policiers l'entourèrent rapidement de part et d'autre, tandis que leurs collègues dépassaient sa position pour aller stopper net le mouvement précipité de ses poursuivants. Dévoués corps et âmes au maintien de l'ordre, ils ne manquèrent pas de conserver par la suite une distance rassurante entre les deux parties, tandis que Paleoman se laissait désormais « faire » sans esquisser le moindre geste de rébellion.

La chose allait se révéler d'autant moins désagréable qu'un des représentants de l'ordre public était en réalité une policière, petite et bien charpentée, visiblement très jeune, blonde et ma foi fort mignonne, avec une longue queue de cheval qui ne parvenait pas à lui donner cette apparence stricte qu'exigeait théoriquement sa fonction.

Les mains posées bien à plat sur le toit de la voiture et les jambes loin en arrière, Paléoman ne fit dès lors aucune difficulté à subir la fouille corporelle, se laissant sans résistance palper à pleines mains par la tonique policière, en se gardant bien de lui certifier qu'il n'avait caché aucune arme...

Cette fois, le compte est bon… pensait-il avec satisfaction.

(à suivre)

Par Phil Fossil - Publié dans : Ecarts de CarchaDOrias - Communauté : Les fossiliens
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Dimanche 17 juin 2012 7 17 /06 /Juin /2012 18:02

   
Sans le moindre regret !

Plus il réfléchissait au problème auquel il avait été confronté pendant de très nombreux mois, sinon même se heurtait depuis plusieurs années maintenant, plus Paleoman arrivait inéluctablement à cette seule et unique conclusion, celle qui avait motivé toute sa démarche et déclenché son audacieux périple.

Au vu des résultats spectaculaires qu'il avait obtenus jusqu’à présent, avec une telle quantité de pièces fossiles plus exceptionnelles les unes que les autres, la grave décision prise alors avait prouvé être la meilleure et la seule crédible !
 
Car les difficultés auxquelles il était confronté depuis longtemps étaient bien trop frustrantes. 

De deux ordres convergents.

D'une part, il y avait cette cruelle raréfaction des sorties, lente mais inéluctable, dans la région de prospection qui était de loin sa préférée : toute la zone du port d'Anvers. L'un après l'autre, les sites qui étaient un tant soit peu accessibles et productifs avaient disparu, ne laissant place qu’à des terrains quasiment stériles, sauf à travailler en profondeur et dans des conditions qui lui étaient de toute manière techniquement impossibles.

D'autre part, le temps matériel auquel qu'il pouvait consacrer à son activité favorite était par nature fort réduit, à savoir cette infime plage horaire libre que lui laissaient une activité professionnelle intense et les longs trajets journaliers qu'elle exigeait, ainsi que toutes les vicissitudes, formalités, contraintes et autres obligations incontournables de la vie quotidienne.

Très peu…

Trop peu de temps pour quelqu'un qui avait fait de la paléontologie, sinon sa vocation, du moins une passion profonde, d’ailleurs de moins en moins réprimée au fur et à mesure que les années avaient passé.

Au terme d'une longue réflexion que lui avaient imposé ces récentes conditions de disette, Paléoman avait abouti à cette formulation plutôt originale de l'ensemble du problème : comment parvenir à concilier la pratique de la passion de fossiles avec une existence ordinaire ?

Sachant surtout tous les impératifs que cette dernière comportait, à savoir disposer de revenus décents pour continuer à profiter d'un toit, pour manger à sa faim - no comment -, pour se chauffer, se déplacer, s’offrir des vacances, acquérir des nouveaux échantillons, etc etc etc…

En d'autres termes, et à défaut d'être riche en l'absence de ce gros lot en millions d’euros dont le gain se faisait toujours attendre, n'existait-il vraiment pour lui aucune formule qui lui permettrait d'être logé, nourri, blanchi et chauffé, tout en continuant à prospecter à sa guise, en toute liberté ?

En toute lib...

Une vision lui était alors soudainement venue à l'esprit, presque telle une sorte de flash, quasiment comme une révélation.

De prime abord et d’une manière naturelle, Paléoman l’avait rejetée comme totalement fantaisiste voire farfelue, irréalisable car dangereuse, malhonnête et même immorale, qui représentait tout le contraire de ce qu’il était, et qui nécessitait qu’il en vienne à tourner le dos aux principes fondamentaux qui avaient régi toute son existence jusqu’alors.

Pourtant, la logique voulait qu’il réfléchisse plus avant une telle opportunité, car son instinct ne l’avait jamais trahi, qui l’avait même toujours habilement conseillé pour le guider vers la voie de la réussite.

Mais une fois la décision prise, mûrement réfléchie, sa suite concrète, c’est-à-dire sa mise en œuvre, n’avait plus été pour Paléoman qu’une simple question d’organisation et de quelques détails pratiques, comme ce matériel qui devait être rassemblé et des renseignements à collecter dans les domaines les plus divers.

Certains d’entre eux n’avaient pas été simples à réunir, surtout pour ce qui était devenu sa cible principale.

Car il ne s’agissait pas seulement de l’atteindre, de parvenir à s’y installer, mais surtout de s’y maintenir dans des conditions telles qu’il serait en mesure d’en tirer longuement parti, en exploitant cette étroite « fenêtre de lancement » qui n’allait pas tarder à se refermer dans un avenir proche, du moins si le nouveau gouvernement tenait toutes ses promesses.

Paléoman ouvrit les yeux et regarda rapidement autour de lui : le confort de sa nouvelle résidence aurait été qualifié de « spartiate », s’il n’avait été le dernier de ses soucis. Puis il les referma, en poussant un autre soupir d’aise en laissant à nouveau la fatigue l’envahir, conscient qu’il n’allait pas tarder à s’endormir sur place.

Vivement demain, furent alors ses dernières pensées…  

(à suivre)

Par Phil Fossil - Publié dans : Ecarts de CarchaDOrias - Communauté : Les fossiliens
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Mercredi 13 juin 2012 3 13 /06 /Juin /2012 18:03


MERDE : ils reviennent !

Le répit n’avait été que de très courte durée…

Paléoman entendit derrière lui le vrombissement soudain de plusieurs gros véhicules en mouvement, comprenant qu’il allait à nouveau devoir faire face à toute cette armada verdâtre qui venait de se déplacer spécialement pour lui.

« On ne peut même plus tamiser tranquille… », murmura-t-il en se retournant, le grattoir toujours à la main, histoire d’évaluer l’importance du danger qui n’allait pas tarder à se manifester au plus près. Cette fois, c’est du sérieux, conclut-il alors très vite, comprenant d’un seul coup d’œil la manœuvre alambiquée qu’amorçaient ses adversaires. 

Mais Paléoman ne put s’empêcher d’esquisser dans le même temps un léger sourire, tant leur raisonnement était prévisible : deux groupes de quatre-quatre, bien différenciés car distants de plusieurs dizaines de mètres, avaient entamé une lente progression vers le point où il s’était installé. Comme à la guerre, pensa-t-il, distinguant des silhouettes hésitantes qui restaient agglutinées juste derrière les mastodontes, imitant des fantassins avançant sous la protection des chars d’assaut.

Ses prévisions se confirmaient donc toujours comme parfaitement exactes : à l’évidence, ils cherchaient à le submerger en l’attaquant de deux côtés en même temps, pour le prendre en tenaille. Derrière lui, seul le haut mur de sable pliocène surmonté de tourbe lui offrait une protection, vers l’arrière, tandis que l’avant était aussi constitué d’autres véhicules de chantier formant barrage.

Devant cette quadrature du cercle, le groupe hydrophore était devenu inutile et Paléoman se résolut à passer sans plus attendre à la phase suivante de son plan d’action : abandonnant le matériel léger avec lequel il venait d’entreprendre ses fouilles, qu’il avait d’ailleurs réduit au minimum pour respecter sa feuille de route bien établie, il bondit aux commandes du bulldozer qui l’avait amené à pied d’œuvre, tournant d’un coup sec la clef de contact et enfonçant brutalement la pédale des gaz.

C’est reparti ! cria-t-il, sans que ce soit pour quelqu’un en particulier.

Tandis que les deux colonnes de la tenaille étaient encore à quelques mètres de distance, il était déjà sorti de leur trajectoire et roulait à vive allure vers le centre du barrage improvisé. Parmi la demi-douzaine de véhicules qui y étaient à l’arrêt, il repéra vite une modeste voiture break, sans gyrophare mais portant un vague logo qu’il ne pouvait guère distinguer. Peu importe : c’était le point faible, le genre d’aubaine dont il lui fallait profiter. Comme dans les films d’action, Paléoman accéléra encore, jusqu’à atteindre le maximum de ce que son engin semblait pouvoir donner, et emboutit violemment sa cible improvisée.

Pour un peu, il pensa même pouvoir l’escalader, en l’écrasant telle une vulgaire boîte de conserve, mais le choc violent propulsa plutôt sur le côté une carcasse disloquée, lui laissant le champ libre. 

Dégagez, dégagez !, lança-t-il à nouveau, amusé, dans la direction de quelques visages en contrebas, anonymes et totalement éberlués.

Curieusement, effectuer le trajet en sens inverse pour quitter le chantier lui semblait un brin plus long, malgré qu’il fut cette fois en ligne droite, mais cela tenait sans nul doute au fait que ses poursuivants étaient devenus de plus en plus nombreux et - mauvaise nouvelle - paraissaient de mieux en mieux… organisés.

Pour preuve, ce nouveau remue-ménage qu’il venait d’apercevoir du coin de l’œil : quitter la zone sableuse proprement dite, après les fameuses clôtures, supposait qu’il passât sans encombre sous le nouveau pont, cette construction provisoire toute en poutrelles métalliques déjà rouillées qui venait d’être installée pour permettre la poursuite du trafic journalier vers le village de Doel.

Mais de part et d’autre de cette porte de sortie s’activaient maintenant deux autres bulldozers, identiques au « sien » - normal, ils provenaient aussi du parc dans lequel il s’était « servi » ! - occupés à une opération dont il ne comprit le sens qu’au fur et à mesure où il s’en approcha.

Les salauds…

Tels les acteurs d’un ballet savamment orchestré, les deux engins de chantier transportaient de grands tuyaux de pipeline, un spectacle impressionnant et classique que Paléoman avait observé à maintes reprises, mais qui signifiait pour cette fois la fin de la partie. D’un mètre de diamètre pour une vingtaine de longueur, leur empilement les transformait en un obstacle totalement infranchissable, que les hauts talus situés de part et d’autre du même pont venaient renforcer en excluant tout espoir de contournement.

Sans hésiter, il s’arrêta net.

Calme mais fort songeur, au pied d’un bulldozer devenu désormais inutile, il observa les gyrophares qui approchaient maintenant à vive allure.

C’était la fin de la première étape : dès le départ de son expédition, Paléoman savait qu’il lui en faudrait bien passer par cette épreuve, à un moment donné ou à un autre, mais il espérait secrètement qu’elle ne soit ni trop longue, ni trop désagréable.

Zut, pensa-t-il, voilà les formalités…      
    
(à suivre)

Par Phil Fossil - Publié dans : Ecarts de CarchaDOrias - Communauté : Les fossiliens
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Samedi 9 juin 2012 6 09 /06 /Juin /2012 19:27


Paleoman soupira d’aise…

Incontestablement, l’énorme Megaselachus megalodon qu’il tenait en main était pathologique, constituée d’une curieuse dentelle de pierre telle qu’il n’en avait jamais rencontrée.

Certes, la dent fossile était visiblement complète, couronne et racine intacte, mais c’était une monstruosité en termes de développement anormal, de malformation aléatoire, torsadée qu’elle était jusqu’à ne plus même être reconnaissable au premier coup d’œil, soit au moment précis de sa découverte.

Elle n’était d’ailleurs pas loin d’être devenue sa pièce préférée : en termes d’esthétique, c’était une horreur pétrifiée, certes, mais la qualité de sa préservation - couleur « bleu avec des nuances rose pâle » comme toutes les autres - se conjuguait à son caractère rarissime et exceptionnel pour en faire un bijou d’une valeur inestimable.

La cerise sur le gâteau, après le squelette complet, pensa-t-il en la reposant délicatement dans sa boîte protectrice.

Encore une raison supplémentaire, finalement, de supporter tous les sacrifices auxquels il avait été contraint de consentir par la suite.

Car cette expédition dans le chantier du port d’Anvers avait été pour lui un « parcours du combattant », dans tous les sens du terme.

Les moindres détails en étaient encore tout frais dans sa mémoire.

Il esquissa même un sourire, en se rappelant cette aventure plutôt chaotique…

Arrivé en trombe au pied de la falaise de sable, cette tranchée creusée pour servir plus tard de mur d’écluse moyennant un bétonnage colossal, Paléoman n’avait pas perdu de temps, sachant que son opération originale n’avait de chance sérieuse de réussir que s’il pouvait continuer à en maîtriser tous les paramètres.

Evidemment, sa méthode était totalement novatrice et audacieuse, autant que spectaculaire : le principe même d’« emprunter » sur place un gros bulldozer de chantier pour défoncer à toute allure les clôtures n’avait pas été une décision facile à prendre, surtout qu’il allait sans doute lui falloir par la suite en assumer toutes les conséquences.

Mais à défaut d’être passé inaperçu - paradoxalement, tout le contraire de ce qu’il recherchait ! - il n’avait pas été le moins du monde surpris des désordres qu’avait suscité son incursion dans la zone.

Quoique si, à la réflexion, ce qui l’avait tout de même étonné avait été la rapidité de réaction des autorités locales, avec tous ces véhicules officiels qui avaient soudain convergé, gyrophares en bataille et plusieurs sirènes hurlantes, vers sa destination initiale, le lieu précis où il s’était installé pour tamiser la couche fossilifère.

Inexorablement cerné, le dos au mur, Paléoman les avait ainsi vus et entendus fondre dans sa direction, pour finir par s’immobiliser à quelques mètres dans des geysers de boue, comme s’il s’était agi d’une banale série américaine de très bas de gamme. Heureusement toutefois, aucun de ces hommes casqués et en cirés jaunes ne l’avait mis en joue, mais les cris qu’ils poussaient à son encontre dans la langue de Vondel étaient tout sauf rassurants. A défaut d’en comprendre jusqu’à la moindre nuance - il devait d’ailleurs sans doute y en avoir très peu ! -, il avait alors décidé de procéder à la phase suivante de son plan savamment échafaudé depuis des mois.

Le puissant groupe hydrophore, celui-là même qu’il avait prévu à l’origine pour, le cas échéant, nettoyer les sédiments, avait été mis instantanément en batterie, lancé à la corde de démarrage, comme une vulgaire tondeuse, sans même le descendre du bulldozer sur lequel il l’avait fixé bien avant le début de l’opération.

Dans les immenses flaques d’eau brunâtre situées juste à côté de son point de fouilles, Paléoman avait alors trouvé toute la manière première dont il avait besoin : braquant l’extrémité du tuyau dans la direction des hommes en cirés, il avait ouvert sans hésitation la vanne, et les avait arrosés à grands jets concentriques, l’un après l’autre, en commençant par le plus proche pour aller vers le plus éloigné, jusqu’à ce qu’ils soient tous rejetés en arrière par la pression, contraints de se réfugier derrière leurs gros véhicules.

Bien qu’une telle technique eut été beaucoup moins professionnelle et efficace que tout le matériel spécialisé dont disposaient certains services de police pour lutter contre les manifestations urbaines, l’effet qu’il avait ainsi obtenu n’était pas négligeable : plus aucune silhouette n’était visible à proximité immédiate !

Paléoman venait de gagner la première manche…

N’écoutant que le pressant appel du tamis, il était alors retourné sans précipitation excessive vers cette encoche qu’il avait déjà grattée dans la couche sableuse, à hauteur d’homme, puis s’était agenouillé face à elle pour reprendre son travail.

A nouveau, une oreille attentive, pour peu qu’elle eut été à une distance suffisante, eut pu entendre Paléoman marmonner entre les dents :

Des clôtures, on leur en foutra, des clôtures…

(à suivre)

Par Phil Fossil - Publié dans : Ecarts de CarchaDOrias - Communauté : Les fossiliens
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Mardi 5 juin 2012 2 05 /06 /Juin /2012 20:42

 

 

Paleoman poussa un de ces énormes bâillements tonitruants dont lui seul avait le secret...

 

Confortablement installé à même le sol, il était étendu de tout son long, cherchant à optimiser sa position pour tenter de compenser les inévitables douleurs engendrées par ses efforts de la journée, et en vue de contrer les attaques de fatigue qui avaient commencé à l'envahir sournoisement.

 

Pour combattre ce sommeil profond qui n'allait pas tarder à le submerger, il continua à examiner les fantastiques trouvailles accumulées depuis le début des fouilles qu'il avait entreprises.

 

Des pièces fossiles exceptionnelles !

 

D'une beauté à peine descriptible…

 

Et que dire de la rareté de l'ensemble.

 

N'ayons pas peur des mots : sa récolte était tout simplement unique, un trésor paléontologique qu'aucun musée quel qu'il soit n'était en mesure de présenter, ni même d'approcher, tant en quantité que par la qualité intrinsèque des pièces.

 

Son expédition hautement audacieuse dans le port d’Anvers lui avait permis d'atteindre tous ses objectifs, même les plus incroyables mais ceux qu'il s'était pourtant fixés. L'aventure s'était déroulée au-delà de ses prévisions les plus optimistes et avait dépassé ses rêves les plus fous.

 

Pourtant, la réalisation d'un tel accomplissement ne s'était imposée que très progressivement, au fur et à mesure qu'il avait avancé dans la profondeur de la couche.

 

Tout d'abord, il avait découvert une petite latérale, solide et trapue à souhait. Rien qu'une telle prise eût justifié à elle seule une journée entière de tamisage intensif et ardu dans les sites traditionnels, ceux-là même qui faisaient désormais cruellement défaut !

 

Mais cela n'avait été que le début d'une longue épreuve pour ses nerfs pourtant d'ordinaire si bien accrochés, car une seconde dent lui était vite apparue, à peine plus grande que la première.

 

Une coïncidence, s'était-il astreint à conclure, à contrecœur, une simple et banale coïncidence.

 

Mais la troisième était alors tombée dans sa main, sans bruit et surtout sans tamisage, puisqu'il s'était enhardi à explorer doucement les sédiments dans le prolongement immédiat des deux autres pièces. Trois dents de requin similaires, d'une taille comparable – compatible –et mises à jour quasiment en enfilade, c'était - que dire - soit un coup tordu du destin, soit des reliques encore en place, fossilisées dans la gueule même de l'animal.

Fébrilement, mais sans précipitation excessive, avec un léger tremblement au bout des doigts mais dans un geste qui restait assez assuré par des longues années d’entraînement et d'expérience, Paléoman avait poursuivi son exploration prudente de la couche : une quatrième dent, d'une taille déjà plus impressionnante celle-là.

 

C'était bien trop pour n'être qu'un assortiment purement aléatoire, le produit d’un hasard malicieux, voire un peu pervers.

 

Mais la cinquième avait dissout ses derniers doutes, enlevé les minces résidus de craintes qui le taraudaient encore : l'une après l'autre, les dents s'étaient ensuite étalées dans ses mains, de plus en plus massives, épaisses et étonnamment lourdes.


Mal équipé sur le moment pour les nettoyer, il s'était contenté de les frotter superficiellement, pour enlever avec délicatesse l'essentiel de leur gangue sableuse : luisantes, avec leur couronne qui brillait doucement dans la faible luminosité, elles étaient vite apparues comme totalement intactes, d’une couleur uniforme bleu ciel avec quelques reflets roses, la racine trapue et impeccable et une serrulation paradoxalement très fine, quasiment translucide.

 

Pas le moindre dommage, pas la plus infime fissure, pas le plus petit éclat n’était visible.

 

Pire…


Pris d'une soudaine mais irrépressible impulsion, Paléoman était descendu quelques centimètres plus bas que la zone qu'il venait d'explorer : ce qu'il n'avait osé espérer dans ses rêves les plus délirants s'y trouvait.

 

Des dents impressionnantes, beaucoup moins larges que les précédentes certes, mais plus cintrées et fortement trapues à la base.

 

La mâchoire inférieure...

 

A nouveau, il les avait récoltées, l'une après l'autre, méthodiquement, de plus en plus révérencieusement au fur et à mesure qu'il comprenait toute l’ampleur de sa découverte. Arrivé à ce qu'il estimait pouvoir être le « centre » de la mâchoire - car il en était désormais pleinement convaincu, c’en était une - il avait alors décidé de sonder, vers l'intérieur de la couche cette fois.

 

Bingo !

 

Un premier disque sombre lui était apparu, beaucoup plus large que ces « pigeons d'argile » qu'on utilisait d'ordinaire comme cibles dans les tirs aux clays. Plus de quinze centimètres, avait-il même estimé à vue de nez. La vertèbre était massive, épaisse d'au moins deux pouces, légèrement poreuse mais bien préservée dans son ensemble. Puis était venu l'instant de vérité : un second disque, identique, directement sous le premier, puis un autre, qui lui semblait curieusement soudé.


La colonne entière s'enfonçait selon toute vraisemblance vers l'intérieur des sédiments.

 

Les heures qui allaient suivre devaient confirmer tous ses espoirs : Paleoman allait exhumer un squelette complet, et en parfait état de conservation, d'un requin géant, disparu depuis des millions d'années mais connu dans le monde entier sous le nom de Megaselachus megalodon.

 

Paleoman poussa un nouveau bâillement tonitruant, satisfait de sa journée.

 

Son plan avait magnifiquement fonctionné.

Mais cela n’avait pas été sans mal. 

 

Ni sans un lourd prix à payer…

 

(à suivre)

 

 

Par Phil Fossil - Publié dans : Ecarts de CarchaDOrias - Communauté : Les fossiliens
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Samedi 5 mai 2012 6 05 /05 /Mai /2012 18:01

 

Paléoman s’offrit une dernière et profonde inspiration…

 

L'instant était solennel, la tension était palpable mais sa décision était prise et irrévocable, mûrement réfléchie depuis des mois. Autant qu'il ne lui en avait fallu pour élaborer tout son plan d’action, dont la sophistication n'était pas pour lui déplaire.

 

N'ayons pas peur des mots : Paléoman était même confiant et plutôt fier de lui. Il avait préparé son opération jusque dans les moindres détails, peaufiné chaque étape et envisagé toutes les options, ne laissant rien au hasard, aucune marge ni la moindre place à l’erreur.

 

Il devait réussir, l'enjeu était beaucoup trop grand. L'avenir d'une multitude en dépendait et il savait que - viendrait-il même par malheur à échouer - son sacrifice ne serait pas vain. D'autres suivraient, puis d'autres encore, et encore. Il suffirait d'ouvrir une brèche dans cette scandaleuse injustice et l'ensemble de ses disciples s'y engouffrerait sans plus attendre. En suivant son exemple.

 

Mais trêve de songerie : ce n'était vraiment plus l'heure de rêvasser.

 

Le moment était venu d'agir…

 

Toute sa concentration était mobilisée, car la technique qui allait devoir utiliser ne lui était pas familière. Déjà, s'emparer d'un véhicule avait été une entreprise presque insurmontable : non seulement parce qu'il lui avait fallu procéder à quelques petites effractions et autres manipulations diverses auxquelles il n'était aucunement familier, mais surtout parce que cette première étape supposait un acte par nature délictueux et donc une entorse à son sens moral. Les sanctions, il savait pouvoir les attendre de pied ferme - et il les appelait même de ses vœux - mais par contre, sa conscience en serait d'autant alourdie, ce qui était contraire à sa nature profonde. Seulement voilà, pendant cette éternité durant laquelle il avait retourné la question sous tous les angles, il était sans cesse revenu au même constat : impossible de faire autrement, quitte à les indemniser par la suite si cela s'avérait nécessaire !

 

Alea jacta est...

 

Son pied droit brutalement enfoncé sur l'accélérateur, Paléoman agrippa fermement le volant de ses deux mains, portant résolument son regard au travers du pare-brise couvert de boue, vers l'objectif de sa première manœuvre : le centre des hautes clôtures.

 

Certes, conduire n'avait jamais été son fort, mais de rapides recherches sur Internet et quelques cours accélérés suivis grâce à sa Playstation avaient été largement suffisants pour en connaître tous les rudiments. Et puis, mobiliser un tel gros engin de chantier dans son milieu naturel était à la réflexion beaucoup plus facile que de se taper les embouteillages en heure de pointe dans une capitale connue, toujours totalement saturée. D'ailleurs, en plein week-end et à une heure aussi matinale, il était quasiment certain de ne pas rencontrer âme qui vive. Ses longs et discrets repérages des semaines précédentes avaient également porté leurs fruits : à son grand soulagement, personne en veste fluo n'agitait frénétiquement les bras devant lui, aucun tout-terrain couleur vert mat ne le prenait en chasse, aucune sirène ou klaxon ne se faisait entendre.

 

Paléoman fonçait.

 

A une vitesse qui dépassait de loin ses prévisions, mais qui convenait parfaitement à son objectif initial, il percuta violemment les barrières métalliques, qui explosèrent de part et d'autre en lui libérant une voie royale vers l'intérieur du chantier.

 

Au cours des derniers mois, ce dernier avait déjà pris des dimensions pharaoniques : dans le lointain miroitaient les eaux d’apparence faussement paisible du Deurganckdock, celles qui avaient remplacé les accueillants terrains vagues dont il avait écumé les couches avec bonheur durant de très longues années, avant que l'ogre portuaire n’en chasse définitivement tous les amateurs.

 

Paléoman n'hésita pas et dirigea l'avant de l'engin vers sa destination finale, la principale destination de l’opération : droit vers le fond de la tranchée !

 

Pas une seule seconde à perdre, ses essais chronométrés avaient été rigoureux et sans concessions, car il lui fallait alors parvenir au mur sableux en moins de cinq minutes, montre en main, s'il voulait conserver la moindre chance de succès. Mais la progression lui semblait maintenant plus malaisée qu'il ne l'avait imaginé : les derniers mois de l’hiver et d’un faux printemps avaient été pourris par des pluies diluviennes, qui avaient détrempé le sol sableux à un degré tel que de gigantesques mares s’étaient formées, dont la profondeur était inconnue et qui l'obligeaient à dévier de sa ligne droite, perdant aussi un temps considérable à éviter des zones sombres dont il savait qu'elles devaient n'être que des mortels pièges de sables mouvants.

 

Mais ce n'était qu'une des composantes prévues de sa mission, une broutille car le danger principal venait d'ailleurs.

 

Et à ce propos, beaucoup trop tôt à son goût, venaient de retentir dans le lointain les premières sirènes d’alerte.

 

Pire : bien que soucieux de ne pas quitter le sol du regard, il avait bientôt pu apercevoir, du coin des yeux, l'éclat intermittent de gyrophares. Oranges tout d'abord, pendant les premières centaines de mètres, mais par la suite, la mort dans l'âme, il avait cru tout à coup reconnaître une lumière bleue qui ne pouvait qu'être synonyme de plus gros ennuis.

 

Merde.

 

Déjà ? D'ordinaire, les patrouilles de police étaient fréquentes, complexe portuaire oblige - avec tous les trafics qui s'y trament ! - mais une telle rapidité d’intervention n'était pas normale. Une seule explication lui vint à l’esprit : un mauvais hasard, qui voulait qu'un véhicule en maraude soit précisément dans les parages.

 

Un mauvais concours de circonstances !

 

Inscrivez « pas de chance ».

 

Poussant un gros juron, Paléoman poursuivit toutefois sa route, imperturbable, sans jamais ralentir jusqu'à atteindre le pied de la grande barrière de sable. Enfin…

 

Le jugement de sa montre était implacable, lui confirmant que de précieuses minutes avaient été perdues dans ses nombreux détours, qui seraient sans nul doute irrécupérables pour son projet, une perte inestimable au regard de ce qu’elles pouvaient rapporter si l’on songeait à ce qu’il espérait découvrir plus tard. Pourtant, il n'hésita pas une fraction de seconde : plongeant hors de l'habitacle, il se précipita vers l'arrière de la grosse machine, arrachant d’un geste précis et étudié la sangle qui retenait la grosse malle contenant son matériel, qu'il avait soigneusement fixée durant la nuit. Son entraînement préalable avait été rigoureux, transformant des gestes déjà habituels en de véritables automatismes : pelle, grattoir, tamis, boites furent étalés sur le sol, sans ménagement mais avec méthode et dans un ordre calculé, en même temps qu'il commençait à sonder la couche. Pas n'importe laquelle, ni n'importe où : les différences de couleurs étaient certes fort subtiles, mais sa longue expérience ne pouvait que payer : au premier essai, entendant le crissement familier, Paléoman sentit qu'il avait décroché la timbale…

 

YES !

 

Sans se retourner, ni accorder plus attention aux nombreux véhicules qui venaient d'apparaître au sommet de la tranchée, tous phares allumés, gyrophares tournoyants, s’étaient arrêtés mais se tenaient à n’en pas douter prêts à bondir vers lui, il se mit à l'œuvre...

 

Des clôtures, on leur en foutra, des clôtures…

 

(à suivre)

 

Par Phil Fossil - Publié dans : Ecarts de CarchaDOrias - Communauté : Les fossiliens
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Mardi 6 avril 2010 2 06 /04 /Avr /2010 17:01

 

 

 

Paleoman réduisit les gaz en douceur et, lentement mais sûrement, descendit en direction de la vaste plaine qui s'étalait devant lui.

 

Il se laissait volontairement perdre de l'altitude pour se rapprocher au plus près de cette masse sombre qu'il devinait sous la lueur de l'éclairage ambiant provenant d'une manière indirecte du gigantesque complexe industriel qu'était le port d'Anvers.

 

L'autoroute vers la Hollande, qui longeait le terrain sur plusieurs centaines de mètres - un ou deux kilomètres à tout casser - n'était pas éclairée en permanence, mais elle comportait suffisamment de véhicules, même à cette heure tardive, pour lui indiquer la position exacte de ce qui était l'objectif de son périple.

 

Phil Fossil consulta ses instruments de navigation, principalement son GPS, son altimètre et son indicateur de vitesse, puis enclencha la vision de nuit.

 

Les contours du terrain étaient maintenant clairement visibles, qu'il pouvait distinguer dans le halo verdâtre caractéristique. La multitude de trous qui avaient été creusés puis laissés tels quels par les prospecteurs transformait toute la zone en une surface complètement vérolée, qu'il ne reconnaissait pourtant que trop bien pour y avoir passé quelques-unes parmi ses plus belles journées de prospection dans toute la région depuis deux décennies.

 

L'ensemble n'était pas sans lui faire penser à l’aspect de la lune, et à d'autres expéditions historiques à côté desquelles la sienne faisait sans doute pâle figure. 

 

Certes, il n'avait pas accompli des centaines de milliers de kilomètres dans l'espace pour aboutir à cette destination. Nul besoin n'avait été d'une capsule pressurisée pour le protéger et assurer sa survie la plus élémentaire.

 

Non.

 

Son trajet avait été des plus simples : décollage dans une prairie proche, située directement à l'arrière de son domicile, puis lente progression vers le nord, en restant toutefois à basse altitude compte tenu de la proximité de l'aéroport de Bruxelles, pour éviter les turbulences.

 

Son ULM spécialement préparé pour cette mission n'était pas très rapide, surtout en comparaison de l'engin à réaction qu'il avait utilisé auparavant, mais le simple fait d'éviter les interminables travaux qui empoisonnaient depuis des mois toute l'agglomération où il résidait, sans oublier l'avantage de ne pas être contraint d'emprunter le détour du périphérique, étaient de nature à relativiser d'autant son aventure.

 

La vitesse à laquelle il avait rejoint la ville d'Anvers n'avait rien à envier à celle des voitures, sans avoir à négocier le moindre contournement ni endurer un quelconque embouteillage.

 

Paleoman soupira d'aise : le terrain donnait toutes les indications d'être totalement désert, la plus infime lueur - une cigarette par exemple - pouvant être repérée grâce à son puissant intensificateur de lumière. 

 

Mais par acquit de conscience, pour ne laisser aucune place à l'erreur, il passa en mode infra rouge : le constat fut tout aussi rapidement établi. Aucune présence vivante ou en mouvement n'était décelable, et les masses sombres qu’il avait aperçues pour être des véhicules en stationnement ne trahissaient aucune source de chaleur. Leurs moteurs devaient avoir été éteints au minimum plusieurs heures auparavant.

 

Rassuré, Paleoman ralentit encore son allure, de manière à ne survoler la plaine de sable que de quelques mètres.

 

Il fallait être prudent, car la présence toujours possible de trous peu apparents dans l’obscurité pouvait rendre son prochain contact hasardeux, voire provoquer une petite catastrophe.

 

Il devait être certain d'être en mesure d'effectuer sans encombre un nouveau décollage avant l'aube.

Heureusement, la petite portion de terrain - choisie au préalable pour l’atterrissage - qui se déroulait devant lui et sous les ailes de son engin était visiblement nue et plane, dépourvue de tout piège.

 

Il s'enhardit et piqua résolument vers le sol, qu'il toucha avec légèreté pour ensuite glisser mollement sur quelques mètres avant de s'immobiliser dans un bruit mat, le choc étouffé par le sable protecteur.

 

Sans hésitation ni perte de temps, Phil Fossil dégrafa son harnais et posa les pieds à terre.

 

La première partie de l'opération s'était déroulée selon les prévisions, sans la moindre anicroche.

 

Le chercheur ne put s'empêcher de prononcer, malgré la certitude d'être seul à des kilomètres à la ronde, la phrase qui lui vint à l'esprit : "Un petit pas pour l’homme, un grand pas pour la Paléontologie".

 

Prestement, Paléoman fit sauter quelques fixations, de manière à libérer sa bêche et une pelle, puis détacha les tamis de différentes tailles qui étaient solidarisés aux deux ailes, imbriqués l'un dans l'autre, enfin installa soigneusement son intensificateur de lumière sur son casque de chantier.

 

La vision nocturne serait suffisante, selon les expériences qu'il avait menées en grand secret dans son jardin, allant jusqu'à pousser le réalisme jusqu’à chercher des dents de requin Hexanchus gigas dans les sédiments du Kattendijk spécialement ramenés pour l'occasion.

 

Dans l’ensemble, le temps était sec, malgré les quelques nuages noirs qui encombraient le ciel, mais les prévisions météorologiques excluaient toute chute de pluie dans les prochaines heures.

 

A nouveau, Phil Fossil  soupira d'aise et commença à déambuler en sondant régulièrement le sol, en quête d'une résistance et d'un crissement révélateurs.

 

C'est alors qu'il entendit du bruit par-dessus ses épaules.

 

Inquiet, il releva brutalement la tête, mais aperçut avec soulagement une masse ailée qui s'approchait de sa position.

 

 "Olivier. Ce n'est pas trop tôt. Je sais qu'il vient de plus loin, mais il n'est jamais à l'heure. En plus, j'aurais été mal : c'est lui qui apporte les tartines".

 

Paléoman reprit prestement ses recherches.

 

Interdire le site du Port d’Anvers !

 

Ca ne va pas, non ??? 

 

(…)

 

CarchaDOrias

 

Par CarchaDOrias - Publié dans : Ecarts de CarchaDOrias - Communauté : Les fossiliens
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Vendredi 29 mai 2009 5 29 /05 /Mai /2009 18:46


Extrait du Venusian Times


Existe-t-il une vie extra-vénusienne ?


C'est ce que certains scientifiques de renom n'hésitent plus à proclamer désormais, sur base des premiers résultats d'une analyse des nouvelles images qui proviennent de cette mystérieuse planète.


Ces clichés ont été recueillis par les sondes qui avaient été lancées dans l'espace ces dernières années, en vue d'entreprendre l'exploration des astres faisant partie de notre système solaire. L'objectif principal de cette mission d'envergure était de vérifier dans quelle mesure certaines proches planètes ne pourraient pas être ou avoir été propices à l'apparition de l'une ou l'autre forme de vie. Dans le cadre de ce vaste - et très coûteux ! - programme d'exploration spatiale, une attention toute particulière avait été réservée à notre proche  voisine, cette étrange planète bleue connue des initiés sous le nom de
« Terra », la sœur jumelle (mais pourtant si différente) de notre chère planète Vénus.


Les nouvelles images qui viennent d’être transmises par les sondes
spatiales Ovnyx seraient, toujours selon les scientifiques interrogés, pour le moins riches en enseignements, voire en surprises de taille. Elles constituent par ailleurs un véritable exploit technologique, quand on sait que nos meilleures cartes de cette planète inconnue étaient jusqu'à présent limitées à des détails de l’ordre de plusieurs kilomètres. Les analystes annoncent déjà que ces impressionnantes séries de clichés, remarquables tant par leur quantité inhabituelle que par leur exceptionnelle qualité, engendreront immanquablement d'importantes retombées dans le domaine de l'astronomie, et dans celui de la connaissance des origines de notre système solaire. 


Déjà, les premières constatations dépasseraient les prévisions les plus optimistes. Ainsi, il serait désormais acquis que la planète
« Terra » n'est pas cet astre inerte et désert que l'on s'accordait à imaginer jusqu’à présent, autant qu'à représenter dans les manuels scolaires de nos chers petits Vénusiens.


Sous la couche atmosphérique, de nouveaux radars embarqués pour l'occasion auront au contraire permis d'objectiver une surface particulièrement tourmentée, présentant notamment ce qui apparaîtrait comme des failles profondes, des successions de hautes chaînes montagneuses, ainsi que de nombreux volcans, dont certains donneraient même des indices d'activité très récente. Ces constatations permettraient d'envisager une possible mobilité de la croûte superficielle de cette planète, voire des modifications constantes - à l'échelle géologique s'entend ! - de la répartition entre les masses liquides et solides.


Mais le débat risque d'engendrer de futures controverses sur un tout autre plan, puisque certains phénomènes soulèveraient de sérieux doutes quant à leur origine purement tectonique.

Au nombre de ces énigmes géologiques, mentionnons le fait que de nombreuses failles semblent contourner des obstacles qui sont incontestablement naturels, de même les sondes n'ont pas permis d'élucider le vieux mythe des « canaux terrestres », c'est-à-dire ce réseau géométrique si particulier, qui se présente généralement en forme d'étoile, et qui affiche en outre cette surprenante particularité de s'illuminer lorsque la partie correspondante de cette planète est plongée dans l'obscurité.


Parmi les explications fournies jusqu'à présent - dont les moins farfelues n'étaient pas des formations d'algues phosphorescentes ou des migrations d'animaux lumineux - aucune ne tenait sérieusement la route, à défaut de la moindre preuve d'une quelconque vie sur cet astre nommé « Terra ». Mais depuis l'examen des derniers clichés ramenés, certains astronomes pour le moins hardis n'hésitent plus à affirmer que des êtres intelligents pourraient en être à l'origine !

Bien entendu, tant qu'une exploration systématique de la surface d'une telle planète n'aura pas été menée en profondeur, par des expéditions dignes de ce nom, ces conclusions paraîtront bien hâtives.


Il faut toutefois convenir que certains scientifiques plus sérieux envisagent de plus en plus l'hypothèse selon laquelle une vie rudimentaire aurait pu se développer dans des conditions très particulières, sur l'une ou l'autre planète de notre système solaire, à partir d'éléments de base, tels que le carbone par exemple, un matériau dont la planète « Terra » est précisément pourvue en abondance. A l'instar de notre silicium, ce carbone pourrait avoir engendré des systèmes vivants complexes. Mais dans l'état actuel de nos connaissances, une telle hypothèse de « vie  carbonatée », quoique n'étant pas complètement incongrue, reste fort improbable, même si certains spécialistes n'hésitent plus à affirmer l'existence possible de  civilisations extra-vénusiennes constituées essentiellement de carbone.


Quoi qu'on en dise, les informations recueillies par nos sondes Ovnyx suscitent plus de nouvelles interrogations qu'elles ne permettrent d'apporter des réponses définitives à d'anciennes questions. L'énigme des « fleuves lumineux » de la planète « Terra » qui serpentent sur plusieurs centaines de kilomètres de distance, ne dévoilera jamais ses secrets sans cet ambitieux programme d'exploration pour lequel les crédits manquent cruellement.


De nouvelles missions seront nécessaires, avec pour objectif ultime l'avénussage - pardon, « l'atterrissage » ! - et le prélèvement d'échantillons.


Il demeure néanmoins certain qu'une mission habitée n'aura pas lieu avant longtemps.


Il ne reste aux plus imaginatifs qu’à décrire dans leurs études futuristes des colonies d’êtres bizarroïdes, dépourvus de la moindre tentacule…


Et dont on ne pourrait même pas serrer la ventouse !

 


CarchaDOrias

Par Phil Fossil - Publié dans : Ecarts de CarchaDOrias - Communauté : Les fossiliens
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