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Actu 24 - 09 janvier 2009 - 20:17
Le niveau des mers va augmenter d'environ un mètre d'ici la fin du 21ème siècle, mettant en danger des zones très densément peuplées à travers le monde, des Pays-Bas au Bangladesh, selon des
chercheurs qui ont analysé le lien entre températures et niveau des océans par le passé.
"Au lieu de faire des calculs sur la base de la fonte future des calottes glaciaires, nous avons regardé ce qui s'est réellement passé autrefois", explique un géophysicien au Centre pour la glace
et le climat à l'Université de Copenhague au Danemark, Aslak Grinsted. Au cours du dernier millénaire, une période chaude au 12ème siècle pendant laquelle le niveau des mers s'est élevé de 20 cm
au-dessus du niveau actuel a été suivie par un "mini-âge glaciaire" au 18ème siècle qui a vu la surface des océans descendre 25 cm plus bas qu'actuellement. "Autrefois, les variations de
température étaient bien moindres" qu'aujourd'hui, a déclaré à l'AFP M. Grinsted qui, avec deux collègues finnois et anglais, a calculé que la hausse du niveau des mers d'ici 2100 serait comprise
entre 80 cm, si les températures moyennes à la surface du globe augmentent de 2°C, et de 135 cm, si elles augmentent de 4,5°C. "Même si nous arrêtons la hausse
des températures, le niveau des mers s'élèvera encore de 20 à 40 cm", a calculé M. Grinsted, expliquant que la hausse du niveau des océans s'est poursuivie entre 200 et 300 ans après celle des
températures au Moyen-âge.
(CYA) (Belga)
Que penser de tout cela ?
De nombreux sites fossilifères en falaises et sur des plages deviendront de facto inaccessible, par ennoiement, or pas mal de ces sites sont actuellement protégés contre la collecte de spécimens à l’aide d’outillage.
Nous pensons entre autres au stratotype du Bajocien (Falaise et plage des Hachettes près de Port-en-Bessin), le Cap Romain près d’Arromanches, le Cap Blanc-Nez entre Wissant et Sangatte, l’anse du Veillon en Vendée et ses pistes de déplacement de dinosaures…
Si l’on veut autre chose que des politiques stériles à trop court terme, il convient de prendre des mesures pour garantir la préservation, la pérennité et l’accès aux trésors géologiques qui, sinon, deviendront inaccessibles à tous.
Les priorités des gouvernements concernés iront très certainement vers la création de digues et de protections contre l’invasion des eaux pour garantir la sécurité des populations, il est très peu probable que la protection de couches géologiques intéressantes situées en zones menacées soient à l’ordre du jour, faute de moyens financiers pléthoriques.
S’il n’est pas désirable de laisser les amateurs prélever une par une les empreintes de pas de dinosaures, il est fortement recommandé d’en faire extraire de grandes plaques montrant des pistes et de les stocker dans une structure de Muséum avant qu’elles ne disparaissent sous la mer. Ou au minimum en prendre des moulages pour étude ultérieure.
La problématique est identique pour les squelettes de vertébrés et autres fossiles importants qui pourraient être découverts par des amateurs. Ils doivent être signalés aux professionnels et extraits par ces derniers.
Pour tous les autres sites, et les fossiles moins « importants », pourquoi ne pas faire confiance aux collectionneurs pour ramasser, extraire et conserver tout ce qui est menacé ?
Ce qui s’est récemment passé aux « Vaches-Noires » est un exemple parlant de ce qui devrait être fait pour correctement préserver le patrimoine paléontologique.
Dans le courant de l’année 2007, de vastes zones des « Marnes de Dives » à ammonites calloviennes pyritisées ont affleuré sur l’estran lors des fortes marées du côté de Villers-sur-Mer. Loin de le cacher aux plaisanciers ou de réquisitionner la maréchaussée pour surveiller, voire interdire, les prélèvements, la mairie et le syndicat d’initiative de Villers ont signalé par voie d’affichage aux vacanciers cette manne fossilifère peu courante afin qu’un maximum de pièces soient prélevées et échappent ainsi à la destruction.
Nous prônons, comme nous le faisons depuis quelques années déjà, pour une tolérance vis-à-vis des amateurs qui échantillonnent à l’aide de matériel léger même les sites interdits lorsque les objets géologiques sont menacés.
Espérons que les décisions au niveau politique n’arriveront pas, comme à l’accoutumée, trop tard !
Phil « Fossil »
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