La recherche des Carcharodon carcharias à Anvers (6ème partie)

Publié le par Phil Fossil

 

 

 



Des nouvelles de la santé de CarchaDOrias
.

 

 

Paleoman : 

- « C’est grave, Docteur ? »

Le médecin :

- « C’est très difficile à vous dire. Malgré ma longue carrière, je n’ai jamais rencontré une telle pathologie ».

Paleoman :

- « Dans quel état est-il ? »

Le médecin :

- « Stationnaire. C’est tout ce que je peux dire pour l’instant. Je dois bien vous avouer ma totale impuissance devant un tel phénomène ». 

Paleoman :

- « Est-il conscient ? »

Le médecin :

- « Je ne peux même pas vous répondre à ce sujet. Il parle constamment, mais cela me paraît être des propos très abscons, sans queue ni tête d’apparence, sortis tout droit de son imagination. Un discours du genre qui serait à la limite d’une divagation pure et simple. J’aurais même tendance à penser que c’est du complet délire ! »

Paleoman :

- « De quoi parle-t-il exactement ? »

Le médecin :

- « A vrai dire, je n’en sais fichtre rien ! Il prononce des mots bizarres, qui me semblent toutefois désigner des choses précises, ou sans doute des noms de personnes, mais c’est un discours incompréhensible. Presque comme une suite d’incantations. Mais peut-être pourriez-vous m’aider à ce sujet ? » 

Paleoman :

- « J’en doute fort, mais donnez-moi toujours quelques exemples ».

Le médecin :

- « Et bien, vous l’aurez voulu. Il ne parle ni plus ni moins que d’une sorte de grand « trésor », qui serait en sa possession et qui serait constitué de pièces uniques autant qu’inestimables. A ses yeux du moins ! »

Paleoman :

- « Donne-t-il des précisions sur ce … euh « trésor » ?

Le médecin :

- « Non, mais cela me semble être une sorte de collection d’objets rares et précieux. Un peu comme une accumulation d’œuvres d’art, à cette différence près qu’il ne cite pas de noms d’auteurs ni d’artistes célèbres. En tout cas, aucun que je connaisse. Il prononce souvent le nom d’un certain « Zant van Oordoren ». Un Hollandais, je présume. Voire même un Afrikaner plutôt ? Je ne suis d’ailleurs pas certain de la prononciation exacte mais, après quelques longues recherches et, surtout malgré le fait que je fréquente moi-même assidûment les grandes salles de vente, je n’ai jamais pu en retrouver la trace. Aucune mention. Aucune référence. Pas le moindre article ». 

Paleoman :

- « Donne-t-il d’autres noms encore ? »

Le médecin :

- « Ma foi, je dois avouer que je me suis trouvé dans l’obligation de prendre des notes rapides, tellement les termes m’étaient inconnus, de sorte que vous me pardonnerez si leur restitution reste approximative. Voilà, tenez : il prononce très fréquemment un mot bizarre, comme un cri, presque une véritable incantation, comme je vous le disais, dans le genre de « krakrasias » ou « karkarachose ». 

 

- « Carcharias » peut-être ?

Le médecin :

- « Et bien, maintenant que vous le dites, tiens, oui, cela y ressemblerait fort. Mais il y aussi un autre nom qui revient de temps à autre. Il parle de « ronds-de-lotis ». Toutefois, les deux noms sont très souvent associés et j’ai toujours eu l’impression bizarre qu’ils devaient en réalité désigner quasiment la même chose ». 

Paleoman :

- « Rondeleti » ?                                       

Le médecin :

- « C’EST CA ! C’est tout à fait ça. TIENS. Mais apparemment, vous y connaissez quelque chose ?

Paleoman :

- « Oh, que très très vaguement ».

Le médecin :

- « Vous m’intriguez ». 

Paleoman :

- « Du tout. En fait, je l’ai déjà entendu parler de ces objets. Il m’en avait montré des photos et aussi quelques spécimens ».

Le médecin :

- « Et… cela consiste en quoi, très exactement, ces… Carcharias comme vous dites ? »

Paleoman :

- « Disons, euh, ce sont des petites pierres de couleur ».

Le médecin :

- « Vous voulez dire, de vulgaires cailloux ? »

Paleoman :

- « Oui, mais plutôt jolis, je dois le reconnaître. Il en fait une collection assidue. Vous voyez, il ramasse toujours des pierres, au hasard de ses voyages, pendant ses vacances, au cours de ses promenades. Des galets, et aussi des morceaux de silex. Plus généralement, toutes sortes d’échantillons sans grande importance. Des souvenirs personnels, en quelque sorte… »

Le médecin :

- « Je vois… » 

Paleoman :

- « Oui, euh… c’est un original, vous savez. »

Le médecin :

- « Alors là, je veux certes bien vous croire ! »

Paleoman :

- « Mais il vous a dit autre chose ? »

Le médecin :

- « Pas vraiment. Quoique … »

Paleoman :

- « Quoique ? »

Le médecin :

- « Il me semble très désireux que cette modeste collection qu’il a rassemblée, même sans valeur, ne disparaisse pas pour l’Eternité, au cas où… enfin, vous voyez ce que je veux dire ».

Paleoman :

- « Oui, bien sûr, je comprends parfaitement ».

Le médecin :

- « J’ajouterais qu’il m’a même paru vouloir exprimer le souhait que ses modestes cailloux soient confiés à quelqu’un ». 

Paleoman :

- « Vous voulez dire qu’il voudrait léguer sa collection de… de « CARCHARIAS » ?

Le médecin :

- « Cela me semble exact. Il exige constamment qu’on lui fournisse de quoi écrire, parce qu’il prétend qu’il doit impérativement rédiger au plus vite ses dernières volontés ».

Paleoman :

- « Et, hem… il … euh … il a mentionné l’identité du bénéficiaire ? »

Le médecin :

- « Euh, oui. Un ami, je crois ».

Paleoman :

- « Mais il vous a donné son nom ? »

Le médecin :

- « Là, également, je dois vous avouer ma totale impuissance ».

Paleoman :

- « Vous voulez dire que cet ami n’a pas pu être identifié ? »

Le médecin :

- « Je veux surtout dire par là que le nom qu’il prononce nous paraît tout aussi bizarre et incongru que les précédents ! » 

Paleoman :

- « C’est-à-dire ? »

Le médecin :

- « Je suis convaincu qu’il s’agirait plutôt d’un surnom, sans doute un pseudonyme, dans le genre, euh… attendez, « paléochose » ? » 

Paleoman : (Gloups)

- « Vous en êtes sûr ? »

Le médecin :

- « Vous voyez, je vous avais prévenu. C’est du même acabit. Du délire, je vous dis !

Paleoman :

- « Mais ne pourrait-on pas … »

Le médecin :

- « Faire des recherches ? Je crains que cela ne nous avance pas à grand-chose ».

Paleoman :

- « On devrait essayer car… » (Sonnerie de téléphone)

Le médecin :

- « Vous permettez un instant ? Je vois justement que l’infirmière m’appelle à son sujet. Je vais devoir m’absenter un moment. Si vous vouliez bien patienter. Je vous promets de revenir au plus vite ».    

Paleoman :

- « Je vous en prie, faites ».

(Quelques longues minutes plus tard).

Le médecin : 

- « Je suis désolé. Je viens à l’instant de revoir votre ami. Je crains fort que ce ne soit déjà trop tard ».

Paleoman :

- « Vous croyez que… »

Le médecin :

- « Malheureusement, cette fois, il est au plus mal. Je pense qu’il ne passera pas la nuit ».

Paleoman :

- « Ne me dites pas qu’il ne va pas s’en sortir ! »

Le médecin :

- « Je comprends votre sollicitude, mais je confirme que, vu son état général, dans les toutes prochaines heures, nous devons envisager le pire ».

Paleoman :

- « Ne pourriez-vous pas le … prolonger un peu ? »

Le médecin :

- « Je ne peux rien vous promettre ».

Paleoman :

- « Faites un miracle, Docteur ! »

Le médecin :

- « Je peux lui faire une ultime piqûre, pour essayer un dernier traitement, à tout hasard ».

Paleoman :

- « Euh… m’autorisez-vous à rester un peu à son chevet ? »

Le médecin :

- « Je ne vois pas bien ce que vous pourriez faire ».

Paleoman :

- « Et bien, comme je le connais, je pourrais peut-être comprendre quelques mots dans son sabir et tenter de l’aider à rédiger son testament en faveur de cet inconnu ».

Le médecin :

- « Quelle touchante sollicitude ».

Paleoman :

- « Du tout, j’aimerais juste l’aider dans ses derniers instants ».

Le médecin :

- « Si, si, j’insiste. Quelle grande générosité de votre part, pour le sort de quelques banals cailloux ! »

Paleoman :

- « C’est tout naturel ».

Le médecin :

- « Mais comme je vous comprends ! Vu l’attachement qu’il semble y porter, je pense qu’il serait primordial que tout soit tenté pour que cette dernière volonté soit réalisée ». 

Paleoman :

- « Cela me paraît évident ».

Le médecin :

- « Dites-moi, cette collection de… souvenirs. Elle est jolie au moins ? »

Paleoman :

- Oh, vous savez, ce ne sont que de quelques cailloux colorés, mais qui ont pour lui une très grande valeur sentimentale ».

Le médecin :

- « Oui, mais après tout, n’est-ce pas cela l’essence des vraies valeurs, surtout dans ce monde matérialiste et complètement pourri qui nous entoure ? Vu l’attachement qu’il semble y porter, ce serait certainement dommage que cette collection vienne à disparaître ».

Paleoman :

- « Comme vous le dites, ce serait vraiment dommage ! »

Le médecin :

- « Bien, dans ce cas, je crois que vous pouvez rester, pour l’accompagner dans ses derniers moments. Mais n’hésitez pas à nous appeler à la moindre alerte ».

Paleoman :

- « Ne vous inquiétez pas. Vous pouvez compter sur moi. J’aimerais tant profiter encore un peu de sa coll… euh, je veux dire de sa compagnie ».

Le médecin :

- « Je l’envierais presque. Quelle chance il a, d’avoir des amis tels que vous ! »

Paleoman :

- « Vous me gênez ».

Le médecin :

- « Non non, je le pense vraiment ».

Paleoman :

- « Merci».

Le médecin :

- « Bon, et bien, je vous laisse seul. Veillez bien sur lui ! »

 

CarchaDOrias

 

Publié dans Ecarts de CarchaDOrias

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