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Lors d’une virée paléontologique dans la Touraine et le Poitou, nous avions décidé d’échantillonner le Callovien à belles ammonites des environs de Saint-Laon.
Ce fut sans compter avec une série de mésaventures absolument inattendues !
En effet, lors de nos pérégrinations, nous arrivâmes à une petite carrière où la roche était d’une belle couleur jaune-brun prometteuse.
Voyant les ouvriers occupés à discuter pas très loin dans l’exploitation, votre serviteur descendit leur demander, poliment et sans emmener d’outil, l’autorisation de fouilles. Laquelle fut refusée illico, de manière ferme, agressive et sans aucune explication.
Reprenant la voiture, et ne désirant pas rester sur un échec, nous continuâmes le long de la petite route encaissée et observâmes quelques tas de cailloux à la lisière d’un champ dans les hauteurs.
Un agriculteur passant par là, je sollicitai de manière courtoise une autorisation de recherche sur ces tas, ou au pis-aller un renseignement quant à leur propriétaire.
Là également, une fin de non-recevoir me fut brutalement signifiée, menaces non dissimulées à l’appui !
Faisant demi-tour, légèrement dégoûtés, nous stoppâmes un peu plus loin pour pique-niquer sur un petit parking récemment empierré, grâce à des cailloux sortis de la carrière… Où nous pûmes à loisir sortir quelques ammonites fort sympathiques ! Nettement plus que les autochtones, en tout cas !
La région de Thouars, réputée internationalement pour le stratotype du Toarcien, présente quelques carrières où les autorisations de recherche ne sont pas facilement obtenues, et les panneaux d’interdiction bien visibles et très dissuasifs.
Ne parlons même pas des stratotypes eux-mêmes, où l’accès est interdit par des grilles et des clôtures et, même si vous arrivez à participer à une visite guidée, tout ramassage, extraction et jusqu’à la prise de moulage sont rigoureusement prohibés !
Peu importe, il suffit de longer la clôture et de ramasser les fossiles dans les talus proches et les champs environnants après les labours… Ou avoir la chance insolente que nous eûmes un jour de tomber sur un gros tas de cailloux jaunes, vestiges d’une maison rasée récemment, et où les ammonites et bélemnites étaient monnaie courante !
Un zoning industriel à la sortie de Montreuil-Bellay présentait à l’une de ses entrées un panneau plus qu’éloquent : Fossiles : fouilles interdites !
Décidément, ils ont une drôle de notion de l’hospitalité dans la région… Mais tous les champs avoisinants, une fois récoltés ou labourés, sont littéralement jonchés d’ammonites et autres fossiles du Callovien…
Le vrai paléontologue amateur garde tous les sens en éveil !!!
A méditer…
Phil « Fossil »
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