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Encore Anvers... Certains pourraient se lasser, mais pas moi !

Publié le par Phil Fossil

 


Ce dimanche, mon nouvel ami Mathieu arrive vers 8h30.

Le temps de charger la camionnette de l'équipement qui lui manque, de faire quelques courses pour se sustenter la journée et de boire un café, on est partis pour le port anversois.

La météo va être belle, ça se sent, il y a déjà plusieurs voitures garées près du site. 

On s'équipe et on monte à l'assaut, mon trou abondamment échantillonné tout le week-end il y a 15 jours est toujours là, même s'il a sans doute grandi un petit peu...

Je commence à tamiser un des flancs, et j'y découvre des pièces sympas, en nombre raisonnable. 

Tout comme la fois précédente, les bulles tympaniques de dauphin sortent avec régularité, et 4 à 5 espèces distinctes y sont récupérées.

La journée avance, les trouvailles s'espacent et se raréfient : je décide de me déplacer de quelques mètres.

Là c'est mieux, en plus des petites espèces quelques assez grandes pièces sont ramassées dans les tamis : Isurus oxyrhynchus et Cosmopolitodus hastalis principalement.

Encore des bulles tympaniques de dauphin, jusque deux par tamis ! Mais aussi des dents de Galeocerdo aduncus, Hypoprion acanthodon, une belle antérieure de Carcharoides catticus, plusieurs dents de dauphins.

A signaler aussi une dent que je détermine comme du Poisson, mais assez grande et très creusée à la base : si elle n'était pas aussi lisse, on pourrait croire à une dent de crocodile... 

Je ne pense pas que l'on puisse attribuer une éventuelle disparition des stries à un remaniement. 

Il y a plus de 8 heures que l'on travaille comme des fous à tamiser, j'en suis personnellement à environ 2 m3 ! 

La quantité de pièces trouvées est très convenable, et à cela je peux encore ajouter l'équivalent de deux seaux de résidu de tamisage !

Mathieu ayant encore de la route pour rentrer, on part assez tôt, il est quand même passé 19h quand on a tout redescendu au véhicule, tout casé et que l'on reprend la route.

Quand il est reparti, apparemment très content lui aussi de sa journée, je trie le petit seau contenant les trouvailles, passe les meilleures à l'eau et le plateau est prêt pour le séchage.

Le tri, cela sera dans quelques semaines, j'ai encore de l'ouvrage en perspective...

En attendant, m'effondrer dans le fauteuil, histoire de reposer les muscles et les articulations mises à rude épreuve !

C'est que je travaille le lendemain, moi...

Mais, quoi qu'il en soit...

Vivement la prochaine !

Mais sans doute ailleurs, un peu de changement ne fait jamais de mal.

Phil "Fossil"


 

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Un long week-end de Pâques assez chahuté... Mais productif !

Publié le par Phil Fossil

 


Après nos deux week-ends complets de fouilles à Anvers, le temps est venu de se reposer un peu.

Un repos forcé en prime, vu que votre serviteur est en pleine lutte (inégale s'il en est) avec les pollens qui, cette année, semblent particulièrement agressifs !

Un petit saut chez le docteur me confirme la chose, mais indique également qu'une sinusite en a profité pour venir se greffer sur mes allergies, déjà pénibles seules...

Je suis donc plusieurs jours dans un état qui m'interdit toute activité, à fortiori à l'extérieur !

Pour un long week-end de 4 jours, ce n'est assurément pas une bonne nouvelle...

Les médicaments prescrits, s'ils n'ont pas une efficacité redoutable, me permettent malgré tout de me sentir progressivement un peu mieux.

Le lundi de Pâques il fait beau et assez chaud, je peux m'attaquer au premier grand sac de tamisat, celui du samedi précédent. Il pèse un poids hallucinant, et contient pas beaucoup moins de l'équivalent de deux seaux de 10 litres !

Trouver une caisse en carton suffisamment grande, y placer du papier journal pour l'étanchéiser, et commencer à y étaler le gravier pour séchage, voilà qui me prendra une bonne heure au minimum.

Les petits cailloux étant soigneusement étalés à la main en épaisseurs fines de quelques millimètres, tout objet brillant est quasi immédiatement repéré, et récupéré.

Pareil pour d'autres pièces dont la forme indique, qui une dent de raie, qui une dent de poisson, qui une boucle dermique de raie.

La moisson est importante pour une opération qui est très loin de constituer le tri exhaustif du tamisat !

Le top est quand même atteint quand, après avoir étalé de nouveaux graviers, je trouve deux dents super-rares l'une à quelques centimètres de l'autre...

Une petite dent supérieure d'Hemipristis serra, et une dent supérieure de Somniosus microcephalus !

La première ne se trouve en moyenne, pour un fouilleur acharné comme moi, pas plus d'une fois par an en moyenne... Il n'empêche que, en ayant découverte une le dimanche, et ce tamisat ayant été constitué le samedi, ça m'en fait deux le même week-end !!!

La deuxième est encore nettement plus rare : les dents inférieures de Somniosus sont déjà peu fréquentes mais les supérieures sont carrément anecdotiques !

Pour info, sur 25 années de prospection anversoises (soit 300 à 350 journées au total) j'ai dû sortir 22 Hemipristis serra... Pour 2 ou 3 supérieures de Somniosus microcephalus !

Ajoutons à cela un beau fond de pot de dents moins rares, je n'ai pas perdu ma journée... Enfin l'heure et demie passée à étaler ce tamisat.

Mais, bon, ça ne vaut pas une bonne journée de fouilles sur site !

AVIS AUX AMATEURS...

Phil "Fossil"

 

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Dent de bovidé du Port d'Anvers (Suite et fin)

Publié le par Phil Fossil

 


La détermination des fossiles trouvés, cela peut prendre un temps certain !

Il y a quelques années déjà, en août 2008 pour être précis, lors d'une visite guidée pour la SAGA de notre habituel spot du Néogène aux restes de vertébrés marins, j'avais fait une découverte peu commune.

Une dent de mammifère terrestre, voilà quelque chose qui détonne avec les habituels vestiges d'animaux marins mis au jour sur place.

Ce spécimen est sans nul doute le fragment d'une carcasse en décomposition, dépouille amenée sur place par les rivières et fleuves locaux.

si à l'époque cette dent avait été diagnostiquée comme une molaire de petit bovidé, les nombreux groupes Facebook dont je fais partie m'ont enfin amené la solution !

Il s'agirait d'un bovidé très élancé, proche des antilopes de par sa silhouette, et qui a pour petit nom : Eotragus sp. cf. sansaniensis.

Décrit dans le Gers, il provient originellement des environs de Sansan.

Il est aussi très connu dans les faluns de Touraine et d'Anjou, je vous présente deux planches créées par Jean-Marc Lhomme illustrant des exemplaires des faluns.

La dent anversoise est nettement plus fraîche, ce qui me fait penser à un spécimen pliocène... 

Même si elle pourrait aussi être strictement miocène, car des sables miocènes à coquilles conservées ont été dragués et déposés ensemble avec le Pliocène, sur ce site à l'époque.


Le lien vers l'article écrit peu après la trouvaille :

http://www.paleomania.com/article-22116362.html


Les photos des spécimens des faluns suivent.

   
Phil "Fossil"

 

 

Dent de bovidé du Port d'Anvers (Suite et fin)
Dent de bovidé du Port d'Anvers (Suite et fin)

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Deux week-ends complets à Anvers !

Publié le par Phil Fossil

 

Ces dernières semaines, mon horizon s'est dégagé au niveau professionnel, mais j'aurai également bien profité de mes week-ends.

Deux week-ends entiers consacrés à la prospection dans le Néogène d'Anvers, excusez du peu...

Le premier nous a même vus, Renaud et moi, passer la nuit sur place dans la camionnette.

Et on peut dire sans l'ombre d'un doute que dormir là-dedans n'a aucune similitude avec la nuitée dans un 5 étoiles...

Si l'on a gagné du temps en évitant deux trajets, je l'ai très vraisemblablement reperdu en ne passant qu'une nuit très courte et agitée !

M'obligeant à faire une sieste assez longue sur un tas sableux, pendant que Renaud tamisait de plus belle !

Ayant fait deux endroits très distincts, nous avons pu travailler au tamis, mais également à la vue, le vent assez fort effectuant un bon travail de dégagement.
 
Les trouvailles ont certes été au rendez-vous, surtout pour Renaud, mais je ne me suis pas trop mal débrouillé non plus.


Le deuxième week-end, la météo annoncée étant idyllique, quoique un peu chaude pour les travaux de tamisage intensif, il n'y avait aucune hésitation à avoir !

Plusieurs amis français venant goûter à nos richesses anversoises, c'était l'occasion de profiter du beau temps, en prime.


Le samedi, Frédéric arrive avant l'heure prévue, on embarque dans la camionnette et après quelques courses et une pause café on arrive sur le site.

Déjà plusieurs voitures sur place, nous devons nous parquer plus loin.

Le trou que j'ai commencé la fois précédente ne semble pas avoir bougé, j'y replonge mais les trouvailles moyennes m'obligent rapidement à changer d'endroit.

Là, c'est beaucoup mieux, il y a même d'assez grandes pièces qui sortent, en plus des jolies petites espèces.

Ce qui m'épate est le nombre incroyable de bulles tympaniques de dauphins : une bonne vingtaine sur la journée !

Sinon, de jolies Notorhynchus cepedianus (dont une supérieure collée à un galet noir) et Galeocerdo aduncus en plus des dents "communes".

La nuit commence à tomber quand on replie, il est quasiment 22h quand je peux enfin m'affaler dans le fauteuil, épuisé.

J'ai dû tamiser 2m3 comme rien, les courbatures aux genoux, bras et épaules sont là pour en témoigner. Heureusement la nuit est longue et réparatrice !


Le dimanche, Aline, Bruno et leur fils Valentin arrivent après des visites touristiques du samedi, et, comme la veille, on change de véhicule avant de démarrer pour le Port anversois.

J'ai décidé de la faire plus cool, mais je continue ma couche et les trouvailles persistent à sortir.

C'est peu après la discussion avec un hollandais de passage, qui me dit que cette couche déjà travaillée ne donnera rien, que je sors une assez jolie Hemipristis serra !

Outre celle-là, une fort belle grande Cosmopolitodus hastalis, à nouveau une bonne dizaine de bulles tympaniques de delphinidés, plusieurs dents de dauphins, une canine de Squalodon, et certainement 5 Galeocerdo aduncus en plus de petites dents d'espèces plus fréquentes constituent l'essentiel de ma récolte.

Aline met au jour un morceau de mandibule montrant 3 alvéoles dentaires, il n'est pas clair à ce stade s'il s'agit de dauphin ou de phoque. En tout cas, très intéressant !

Valentin, indubitablement motivé, trouve des dents dans chaque tamis, ou peu s'en faut.

L'après-midi est déjà bien entamé quand on décide de faire un peu de "tourisme" de l'autre côté de l'Escaut, et de trouver une taverne accueillante pour les prospecteurs assoiffés que nous sommes.

Arrivés à Doel, où le village en grande partie exproprié montre ses maisons décrépies et copieusement taguées, la brasserie du Moulin est fermée, et le bac traversant l'Escaut pour rejoindre Lillo et ses restaurants n'opère qu'en saison.

A un week-end près, c'était bon... Pas de chance !

Après une petite promenade pédestre sur la digue de l'Escaut, on repart pour le Fort Liefkenshoek, où je sais qu'une taverne nous acceptera certainement... Même en habits de fouilles !

Quelques boissons et snacks plus tard, on repart pour Bruxelles, mes nouveaux amis reprennent leur véhicule et vont loger en ville, en prévision de visites touristiques du lendemain.

Outre les courbatures qui seront vite oubliées, il me reste deux petits seaux de fossiles, et certainement 2 grands seaux de tamisat... Du travail en perspective !

En tout cas...

Vivement la prochaine !

Phil "Fossil"

 

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