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Sur le flanc, votre serviteur

Publié le par Phil Fossil

 

Ce week-end, j'avais prévu une visite à la bourse de Harelbeke, attendue de longue date, et, on peut toujours rêver, un petit saut à Anvers, plus visité depuis quelques semaines déjà !

 

C'était sans compter avec une méchante angine contractée sans doute en début de semaine, laquelle m'a bloquée au chaud ces jeudi et vendredi, et va continuer de le faire ce week-end.

 

Sans même compter le fait qu'elle m'a affaibli et empêché de voir une erreur monstrueuse que je n'ai pas corrigée dans l'article précédent ! (Merci Jean-Paul)

 

J'espère aller mieux dimanche, mais au vu de mon état ce vendredi soir, ce n'est pas vraiment gagné.

 

Donc, je l'aurai à nouveau dans l'os pour une sortie !

 

Et il n'est même pas fossile, cet os...

 

Phil “Fossil”

 

 

Publié dans Générale

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«Misty» le diplodocus vendu aux enchères pour un demi-million d’euros

Publié le par Phil Fossil

 

 

Le squelette d’une Diplodocus longus de 17 mètres de long, une pièce rarissime baptisée «Misty», a été acheté aux enchères par une institution, mercredi à Billingshurst (sud de l’Angleterre), pour près d’un demi million d’euros, hors TVA.

 

Un représentant de la maison d’enchères Summers Place, s’est félicité du succès de la vente inédite «d’un lot véritablement extraordinaire». Et cela même si la transaction s’est effectuée à 400.000 livres (480.000 euros) dans la fourchette basse de l’estimation. Les experts espéraient tirer jusqu’à 700.000 euros du monstre de la fin de l’ère jurassique.

 

«Je ne peux pas vous dire le nom de l’acquéreur, mais je puis vous assurer que (le squelette) sera exposé au public», a-t-il ajouté.

 

Les ossements de l’impressionnant dinosaure femelle avaient été excavés dans l’État américain du Wyoming, avant d’être préparés aux Pays-Bas et finalement assemblés façon puzzle au Royaume-Uni.

 

Le Diplodocus longus figure parmi les animaux préhistoriques les plus massifs à avoir arpenté la terre il y a 150 millions d’années. Sa silhouette emmanchée d’un long cou et terminée par une queue allongée, est caractéristique.

 

Le dinosaure représentait le clou d’une vente sur «l’Evolution» organisée dans la petite ville anglaise.

 

Cependant, le catalogue réunissait mercredi d’autres pièces de premier choix, dont un bassin pelvien extrêmement rare de Dodo (un oiseau de grande envergure disparu à la fin du XVIIe siècle), et l’empreinte fossilisée d’un Ichthyosaurus communis, un poisson (sic !) du même âge que «Misty» mais estimé à un prix dix fois inférieur. Dans un tout autre genre, ont également été vendus un gorille empaillé et une tortue géante.

 

http://www.lavenir.net/article/detail.aspx?articleid=DMF20131127_00395538

 

Phil “Fossil”

 

Publié dans Revue de presse

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Les Barjos du Bajo* (2)

Publié le par Phil Fossil

 

(* : Titre copyright Jean-Paul Herremans)

 

 

Lundi 18/11/2013

 

Ce matin, après avoir rapidement dégusté le petit-dej' et nous être changés, en route dès 9h pour la côte du Pays d'Auge !

 

Notre visite d'il y a deux ans aux “Roches-Noires”, falaises de Trouville, m'avait laissé d'excellents souvenirs : des éponges cénomaniennes, bivalves oxfordiens et un gros morceau de bois fossile également jurassique qui m'avait fait souffrir tout le long du retour vers la voiture !

 

Jean-Paul proposait de refaire la coupe, mais au départ de la localité voisine de Villerville. Etant donné que le Kimméridgien y affleure largement, je ne peux qu'acquiescer à cette excellente idée !

 

La marée est encore un peu haute, nous avançons sur la digue pour atteindre la plage où nous examinons les graviers, galets, et bien évidemment les coulées boueuses bien lavées par la mer.

 

Les fossiles cénomaniens sont parmi les premiers récupérés, surtout des spongiaires : plusieurs Chenendopora sp., une jolie Hallirhoa costata, une Jerea pyriformis probable, une Siphonia acaulis, et d'autres pièces plus allongées et moins évidentes à déterminer. Le tout pèse bien évidemment très lourd !

 

Les fossiles kimméridgiens commencent également à être ramassés : gastéropodes Pleurotomaria sp., Pterocera sp., Chemnitzia delia, Natica sp., Harpagodes oceani probable, des bivalves Ostrea (Lopha) solitaria, Pholadomya protei, Trigonia papillata, Myophorella muricata, une jolie bélemnite Hibolites sp. sur une coulée argileuse, et, ENFIN, deux coraux solitaires Montlivaultia lesueri.

 

Depuis les décennies que j'en cherchais infructueusement dans le Tithonien local, me voici finalement récompensé !

 

Il faut bien dire qu'en comparaison avec les récoltes maigrichonnes faites anciennement au Cap de la Hève, je peux enfin étoffer ma collection (réduite) de Kimméridgien normand...

 

En continuant d'avancer je découvre un gros Pleurotomaria cénomanien d'une bonne douzaine de centimètres de diamètre, suivi par un groc bloc de craie contenant une ammonite Mantelliceras mantelli : elle sera facilement extraite, et mesure à peine moins de 20 centimètres de diamètre !

 

Continuant vers Trouville, on arrive à des zones beaucoup plus indurées, et d'autant moins fossilifères, des bancs de silex cérébroïdes de couleur noire, des galets très durs et azoïques. Seuls de grand panneaux jaunes clairs contiennent de beaux moules internes et externes de Myophorella clavellata oxfordiennes, malheureusement insortables.

 

J'en découvrirai malgré tout un morceau sympa et transportable qui sera ramassé à même les graviers.

 

Un ossement de bovidé probable (Moyen-Age ou époque néolithique) est également engrangé.

 

L'heure avançant, et la fatigue s'installant, les pauses nourriture et boisson se multiplient, avant de finalement décider de rebrousser chemin vers le véhicule.

 

Il sera long et un peu pénible, entrecoupé de pauses, étant personnellement (sur)chargé d'un sac solide et d'un seau bien remplis. On verra avec bénédiction apparaître la digue bétonnée, garantie d'un trajet beaucoup moins difficile que sur le sable et les galets.

 

Il fait déjà un peu sombre, donc le retour direct à l'hébergement s'impose à nous.

 

Nous rincer, nous changer, et nous voilà repartis vers Riva-Bella pour y dénicher un autre restaurant.

 

Moins exceptionnel que celui de la veille, il est néanmoins plus que correct, et nous y ferons bonne chère : entrée, plat et dessert, histoire de récupérer des longues marches exténuantes de la journée.

 

On dort comme des loirs après une journée pareille... Ca c'est sûr !

 

 

Mardi 19/11/2013

 

La marée étant encore trop haute pour les sites côtiers prévus aux Vaches-Noires, nous repartons vers Feuguerolles-Bully afin de tourner autour des villages voisins, n'abandonnant pas l'idée d'y découvrir du Toarcien.

 

On s'arrête à May-sur-Orne, où un talus récemment créé avec du calcaire jaunâtre bajocien, oolithique en prime, est bien épluché : quelques ammonites sont ramassées, la plus belle une Oppelia sp. de presque 10 centimètres est récupérée en surface par votre serviteur après être passé deux fois à côté sans la voir ! Les gastéropodes Pleurotomaria, bivalves Pleuromya et Limatula sont assez nombreux aussi.

 

Après avoir infructueusement cherché d'autres affleurements, on revient au petit lotissement de Feuguerolles, fait en trop grande vitesse l'avant-veille à cause de la tombée de la nuit. On récupère dans les fondations pas mal de nouveaux spécimens bajociens (gastéropodes, bivalves surtout), la roche est rousse, presque brune, et la diorite se trouve en place à un endroit, formant un écueil recouvert et entouré par l'oolithe bajocienne.

 

Les morceaux cassés de grosses ammonites indiquent qu'il doit y avoir du lourd... Mais la pelleteuse n'a pas fait dans le détail.

 

La marée doit être bonne à présent, donc nous mettons le cap sur Houlgate où la plage doit être plus accessible que du côté de Villers-sur-Mer.

 

Erreur, la digue est encore léchée par les vagues, nous devons l'escalader pour arriver aux premières coulées d'argile situées derrière.

 

Pas beaucoup de fossiles, les belles Myophorella doubles engrangées deux ans auparavant après les fortes tempêtes de la mi-décembre font défaut. Je ramasse quelques belles Gryphaea dilatata et Rastellum gregareum, en désespoir de cause.

 

En avançant cela s'améliore un peu, des exemplaires de Lopha marshii, Myophorella hudlestoni, des associations de Rastellum gregareum et de jolis exemplaires isolés sont ramassés.

 

Ce n'est néanmoins pas encore la foule, surtout que je reste à la traîne de Jean-Paul et d'un amateur local qui est parti à fond la caisse dès l'accès permis par la descente de la marée.

 

Je persévère à éplucher les zones à galets, graviers, et coulées de boue en grand détail, et cela finit par s'avérer payant : un joli Radulopecten vagans, un petit Pleurotomaria sp., mais surtout ma première ammonite dans les galets, une Cardioceras cordatum de 6 à 7 centimètres, pas trop usée par les vagues.

 

La deuxième semble être une Goliathiceras goliatum, mais rabotée jusqu'au trognon.

 

La suite est moins exaltante, des Rastellum, Lopha, et quelques huîtres différentes des habituelles Gryphaea dilatata.

 

La luminosité commence à diminuer, la faute aux nuages qui arrivent et à l'heure qui avance inexorablement ! Il va bientôt falloir songer à rebrousser chemin vers la voiture, il n'y a pas trop de risques d'être coincé par la marée qui descend toujours, mais la perspective de revenir parmi les galets et les trous d'eau dans l'obscurité après la tombée de la nuit n'est pas des plus réjouissantes.

 

C'est à ce moment que je déniche une grande ammonite Cardioceras assez lisse, d'une quinzaine de centimètres de diamètre, elle est illico mise dans le petit seau où se trouvent déjà les plus belles trouvailles.

 

Allez, il y a plus de choses intéressantes par ici, notamment des trigonies, je reste encore 15 minutes puis je repartirai sans faute.

 

Au milieu des galets je repère un gros bloc d'où dépasse une trace vaguement circulaire : c'est une partie d'une ammonite Euaspidoceras de quasiment 20 centimètres de diamètre ! Le bloc est lourd, bien accroché à ses voisins, mais en s'aidant du grand grattoir et de l'Estwing il finit par venir.

 

Le temps de le réduire au marteau pour qu'il soit transportable, réorganiser un minimum les trouvailles pour le transport, et je décide que j'en ai suffisamment.

 

Je repars en sens inverse, le bloc avec l'ammonite sous un bras, les outils et le seau au bout de l'autre. Il faudra une demi-douzaine de pauses, car tout cela pèse un âne mort !

 

J'arrive à la descente qui amène à l'automobile, dépose le tout, et m'installe pour attendre Jean-Paul, après avoir vérifié qu'il n'est pas déjà à la voiture.

 

Impossible de le voir à l'horizon, il ne devrait pas arriver dans l'immédiat ! Je finis par remonter au véhicule pour l'attendre, il sera nuit tombée (ou peu s'en faut) quand il pointera le bout de son nez...

 

Pas encore de retour pour le moment, en effet on doit retourner au gîte chercher les bagages, puis faire un crochet à Beuvron-en-Auge pour acheter les produits du terroir local.

 

Malheureusement, à 19h et en dehors de la saison, tout y est fermé, hormis un café. On se prend une boisson chaude et on demande à la patronne où il est possible d'encore acquérir du cidre à cette heure tardive.

 

Adorable, elle téléphone à l'une de ses voisines qui tient une (grande) épicerie en face, déjà fermée.

 

Elle redescend de son logement et réouvre son magasin rien que pour nous deux !

 

Nous engrangerons des produits locaux (cidre, calva, caramels au calvados, conserves de pâté, tripes à la mode de caen) plus d'autres plus internationaux. (des biscuits pour nous faire oublier que le dernier repas pris date d'une bonne dizaine d'heures, déjà)

 

Le temps de faire de la place dans l'auto pour les caisses de cidre, et de charger le tout, il est passé 19h30.

 

On repart vers le Nord, tout en passant un nombre incalculable de péages ! Le premier, celui de Dozulé, est le plus bizarre : c'est la première fois que je constate que l'on vous fait payer 1,70 euros rien que pour pouvoir entrer sur l'autoroute... Payer à la sortie pour l'avoir empruntée d'accord, mais là c'est un peu exagéré.

 

Après deux bonnes heures de route, on rejoint l'autoroute Paris-Bruxelles et on fait un arrêt souper sur la première aire disponible. Plus rapide qu'à l'aller, plus basique aussi, il aura néanmoins l'avantage de nous “caler” jusqu'au lendemain.

 

Repartis vers notre petit pays, on arrive finalement chez moi vers 1h du matin.

 

Le temps de décharger toutes mes affaires, notamment les 5 cagettes bien pleines plus deux grands seaux bourrés, tout ranger à sa place, il sera 2h quand je pourrai enfin aller dormir.

 

Autant vous dire que le lendemain à 6h30, je regarde mon réveil avec des envies de meurtre... Mais il faut bien aller bosser !

 

En tout cas, même si c'est épuisant...

 

Vivement la prochaine !

 

Phil “Fossil”

 

 

 

Publié dans Comptes-rendus

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Edition spéciale du journal "Geonieuws" sur la "Mineralogy of Belgium"

Publié le par Phil Fossil

 

A l'occasion de leur 50 ème anniversaire, ce Cercle Minéralogique d'Anvers (MKA) met à votre disposition ce numéro spécial entièrement en Anglais de leur revue Geonieuws.

 

Son contenu

  • Cronstedt's column : Nothing left to find ?, Axel Cronstedt

  • 'Belgian' mineralogy under 'Dutch' rule, 1815-1830, E.A. J. Burke

  • Minerals with Belgian type localities, Erik Vercammen, Rik Dillen

  • Calcite crystals from Antwerp, Herwig Pelckmans

  • The mystery of the Zoological Society's mineral collection, Part 2, Chris Deroo

  • Mineral finds in and around Aarschot, Erik Vercammen

  • A nightly escapade: The search for Belgian autunite, Jacques Jedwab

  • A remarkable fluorite crystal from Wellin, Herwig Pelckmans

  • The minerals of Bertrix, Erik Vercammen

  • A list of Belgian fluorescent minerals - from concept to implementation, Richard Loyens

  • Fluorescent gypsum from Betekom, Flemish Brabant, Axel Emmermann

 Télécharger librement :http://www.minerant.org/mineralsbelgium.pdf.

 

Phil “Fossil”

 

 

Publié dans Liens WEB

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Exposition sur la minéralogie belge et congolaise

Publié le par Phil Fossil

 

MKA50-Expo-mineraux-Belgique-Congo

Publié dans Minéralogie

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Un week-end de repos, enfin !

Publié le par Phil Fossil

 

 

Ces derniers mois, les fouilles se sont succédées à un rythme rarement atteint !

 

Outre les sorties anversoises, ces dernières semaines ont vu 3 plus importantes sorties de 4 jours : Champagne-Ardenne, Eifel et bien sûr la Normandie.

 

Il me fallait donc un peu de repos, tout en ayant de grosses nécessités de nettoyage de fossiles.

 

Samedi fut donc du repos, dimanche plutôt du nettoyage : l'Oxfordien des Vaches-Noires et les Kimméridgien et Cénomanien de Villerville ont été entièrement faits.

 

Il en fallait du courage, en effet cela imposait de résister à quelques petites averses de bruine, et surtout au froid : les mains nues plongées dans les bacs d'eau ayant résidé à l'extérieur pendant plusieurs heures, il faut aimer...

 

Mais, bon, l'avancée du nettoyage est à ce prix.

 

Phil “Fossil”

 

 

Publié dans Générale

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Les Barjos du Bajo* (1)

Publié le par Phil Fossil

 

 

(* : Titre copyright Jean-Paul Herremans)

 

Une visite dans la richissime région fossilifère du Calvados attendait depuis deux petites années déjà, sans compter les quelques heures passées dans le Bajocien lors d'un week-end complètement fou dédié aux ammonites il y a plus d'un an.

 

Ce séjour devant être plus court que le premier effectué à nous deux, quatre journées au lieu d'une semaine, nous décidons, Jean-Paul et moi, de partir le vendredi en fin d'après-midi, dès que nos activités professionnelles respectives nous en laissent la possibilité.

 

 

Vendredi 15/11/2013

 

Jean-Paul une fois arrivé vers 19h chez moi, tout est prêt et n'a plus qu'à être placé dans le vaste véhicule, notamment une série de cagettes plastiques solides pour abriter les découvertes que nous espérons nombreuses.

 

Les seaux, sachets, outils, boissons, nourriture en conserve pour les midis, vêtements de fouilles, et bien évidemment le bagage classique sont casés sans souci, sauf celui de tout bien répartir.

 

Nous prenons hardiment la route, à cette heure elle est parfaitement dégagée et le trajet sera très agréable à parcourir.

 

Sur l'autoroute de Paris on fait un arrêt “souper”, étant donné qu'à l'heure prévue de notre arrivée sur place il n'y a aucune chance d'encore trouver un restaurant ouvert. Le repas sera très correct pour un restoroute, mais une petite heure sera nécessaire pour nous requinquer.

 

Nous continuons ensuite vers Amiens, puis le Havre où nous franchissons l'immense Pont de Normandie. Encore quelques bonnes dizaines de kilomètres et nous atteignons notre gîte, à Bréville près de Caen.

 

A cette heure tardive nos logeurs sont déjà profondément endormis, ils ont fort heureusement laissé les clés sur les portes des chambres.

 

Il sera 1h30 du matin quand nous pourrons enfin nous coucher...

 

 

Samedi 16/11/2013

 

Nous avons pour cette première journée demandé le petit-déjeûner relativement tard, à 9h, histoire de nous ménager autant que faire se peut un repos minimal avant d'entamer les grandes opérations.

 

Sans atteindre la débauche allemande, ce repas est plus que correct : le pain et les confitures sont faites maison, tout est impeccable y compris les verrines de fromage blanc au coulis de fruits en “dessert”.

 

Mais il est temps de passer aux choses sérieuses, on se change et on commence les prospections.

 

Ce terme est assurément bien choisi, en effet nous avons l'intention de prospecter systématiquement les abords des villages pour découvrir de nouveaux sites productifs : champs, chantiers, lotissements, tas de cailloux...

 

On commence par les alentours d'Amfréville, où j'avais prospecté un champ riche en brachiopodes bathoniens il y a une petite décennie environ. Il est malheureusement converti depuis en prairie, nous devons donc continuer la route pour en trouver un qui est labouré, non semé, en bref accessible.

 

On s'équipe (bottes, plusieurs couches de vêtements chauds) et on attaque les labours. Si quelques brachiopodes du Bathonien (généralement des térébratules et Kallirhynchia) sont ramassés d'entrée de jeu, le reste du champ ne délivre absolument rien du tout.

 

Seuls quelques dizaines de mètres-carrés très localisés sont productifs, cela semble indiquer le déversement de quelques mètres-cubes de terre provenant d'ailleurs, depuis nivelée par les labours successifs.

 

On repart vers Ranville, où la demande d'autorisation de visite de la carrière faite en son temps n'avait malheureusement pas abouti, nous devons donc chercher d'autres sources fossilifères.

 

Là, un champ parsemé de pierrailles jaunes nous interpelle. Emportant des sachets, on commence à ramasser de nombreux fossiles bathoniens : brachiopodes omniprésents dont Kallirhynchia yaxleyensis, Digonella digona, Flabellithyris flabellum, Dictyothyris coarctata, plus des calcisponges assez fréquentes. Les bivalves, coraux et gastéropodes semblent y être absents, ou peu s'en faut.

 

Tournant par la suite dans le village, on tombe sur un lotissement récent parsemé de tas de cailloux jaunes. Du Bathonien, sans aucun doute. On commence a examiner les tas hors des propriétés, quand un habitant nous demande assez durement ce que nous faisons là. On lui explique gentîment, et il se radoucit avant de nous laisser chercher tout à notre aise.

 

Les fossiles y sont très nombreux, pas très régulièrement répartis car de gros tas de calcaire en plaquettes semblent totalement azoïques, à part des bioclastes indéterminables.

 

Nous ramassons de nombreux brachiopodes et des éponges calcaires, les espèces sont analogues à celles récoltées dans le champ précédemment visité, en bien meilleur état néanmoins.

 

Deux sacs sont personnellement remplis, pas mal pour de petits fossiles !

 

On repart pour notre tournée des sites potentiels, et on tombe sur un chantier important de viabilisation d'un zoning d'activités probable. De gros tas de calcaires en plaquettes (Calcaire de Langrune, sans doute) parsèment les travaux, mais comme précédemment ils sont stériles.

 

Ayant repéré un très grand tas un peu plus loin, nous le rejoignons sans grand espoir. Il est composé des mêmes plaquettes, mais Jean-Paul repère un tas d'argile assez exigû où de gros brachiopodes posés sur la surface le narguent : ils seront ramassés jusqu'au dernier, nous aidant des grattoirs on épluche ce petit monticule bien intéressant.

 

Décidant d'examiner les environs, je parcours une rigole un peu végétalisée qui me donne des masses de grosses rynchonelles, Jean-Paul appelé par mes soins commence également à en ramasser pas mal.

 

Là, au vu de ces indices plus qu'intéressants, on fait en détail le tour de tous les terrassements, qui nous rapporteront (encore !) deux bons sacs de fossiles au total...

 

Mais l'heure avance et il est temps de passer aux choses sérieuses : les ammonites bajociennes, le principal motif (même s'il n'est pas le seul) de notre présence dans la région.

 

Là, pas de place à l'amateurisme, on s'aide de scans agrandis en couleurs des cartes géologiques locales pour repérer le Bajocien fossilifère ! Et on le fait systématiquement.

 

Autour de Vieux-la-Romaine, les champs sont prometteurs, nous faisons quelques arrêts qui délivrent de rares fossiles fragmentaires.

 

On se gare près d'un endroit à nouveau prometteur (sur la carte en tout cas), malheureusement le champ le plus intéressant a été récemment semé et le blé d'hiver pousse déjà.

 

On se rabat donc sur un autre, situé à la limite de l'affleurement, mais accessible. Et on commence à ramasser de nombreux fossiles : ammonites Parkinsonia parkinsoni, Garantiana garantiana, Chondroceras sp., Sphaeroceras orbignyi, Strenoceras niortense, Normannites sp., nautiles Cenoceras sp., gastéropodes Pleurotomaria armata (le mien a conservé une grande partie de sa coquille), bivalves nombreux, une grosse rhynchonelle, Cymatorhynchia sp. probable.

 

Ce petit affleurement sera bien épluché, mais la nuit commence à tomber. Nous sommes donc presque forcés d'arrêter.

 

Ce n'est pas que nous soyons totalement démunis face à cette situation, j'ai en effet emmené 4 lampes frontales à LEDs et une réserve phénoménale de piles électriques, mais deux “martiens” occupés à examiner nuitamment les champs à la lampe risqueraient d'attirer un maximum l'attention des locaux... On préfère très logiquement s'abstenir

 

De plus, la nuit précédente ayant été courte, il est de bon aloi de nous reposer un peu.

 

Pour l'heure, retour au gîte pour un décrassage minimal, nous changer, et repartir à la recherche d'un restaurant pour le souper.

 

L'adresse est toute trouvée, lors de notre week-end “ammonites” Werner, Merce et moi avions repéré et testé à l'entrée de Caen en venant de Falaise un grand restaurant chinois dont le buffet à volonté nous avait régalés.

 

Ce “Royal d'Asie”, dans le ZAC de Ifs, est ouvert et déjà pas mal rempli. L'adresse est connue des habitués ! On s'installe, on commande les boissons et on se lance sur le buffet pléthorique.

 

Une assiette d'entrées, deux assiettes de plat et une (petite) assiette de dessert plus tard, je suis (archi-)gavé ! Jean-Paul est nettement plus raisonnable que moi, tout en ayant fait honneur aux plats.

 

Le plus difficile est de (re)trouver la sortie du zoning, tout semble fait pour nous garder au maximum à l'intérieur ! Heureusement, un bon quart d'heure-vingt minutes de route, et on est de retour au gîte.

 

Le sommeil vient très rapidement !

 

 

Dimanche 17/11/2013

 

Ce matin, le petit-déjeuner est prévu une heure plus tôt, autrement dit 8h, histoire de nous laisser le temps d'approfondir le Bajocien du Sud de Caen.

 

En nous aidant des cartes géologiques, on va vérifier tous les affleurements, commençant près d'Evrecy par un lotissement très récent; malheureusement on n'y voit affleurer que le calcaire blanc bajocien à spongiaires. Aucun fossile n'y sera engrangé.

 

On continue par le champ exploité deux années auparavant, avec grand succès à l'époque.

 

Il est recouvert d'engrais vert, heureusement suffisamment espacé pour qu'il soit possible de marcher sans abîmer les plantes et simultanément de voir les fossiles entre les très nombreuses pierrailles d'oolithe ferrugineuse bajocienne.

 

Les spécimens sont plus rares que lors de notre dernière visite conjointe, il semblerait que nous ne soyons pas les premiers mais d'assez nombreuses pièces sont ramassées, parfois de grande taille :

 

Ammonites Parkinsonia parkinsoni, Garantiana garantiana, Normannites sp., Chondroceras sp., Sphaeroceras orbignyi, Strenoceras niortense, nautiles Cenoceras sp., gastéropodes Pleurotomaria armata, Pterotrochus conoideus, Melania sp., bivalves nombreux dont Ctenostreon proboscideum.

 

Des spécimens fragmentaires de fossiles sont également ramassés, s'ils présentent dans leurs loges des quartz cristallisés. Il faut dire qu'ils ne sont pas rares, fréquemment jolis, et systématiquement recueillis.

 

Commençant à sentir la faim et de surcroît ne trouvant plus grand-chose, je rejoins la voiture et commence à grignoter des provisions amenées de... Champagne (les courses sur place ont été faites pour un certain nombre de sorties) puis je suis rejoint par Jean-Paul, qui commence également à avoir la dalle. (Et non fossilifère, celle-là)

 

On repart ensuite, afin de suivre systématiquement la carte géologique. Malheureusement, de nombreux champs sont déjà plantés.

 

On en refait un qui, bien que très accessible, montre les calcaires blancs bajociens à spongiaires (et que voilà une erreur sur la carte géologique, laquelle indique de l'oolithe ferrugineuse !), on en ramasse quelques exemplaires et un joli gastéropode pour moi, puis on “change de crêmerie”.

 

Un autre champ labouré, parsemé de fragments de tiges de maïs récolté montre après quelques dizaines de mètres des morceaux d'oolithe ferrugineuse. Bingo, les fossiles y sont nombreux, plus petits que sur les champs précédents mais intéressants : la faune est la même, néanmoins les gastéropodes Obornella palaemon y sont plus fréquents, les ammonites pas rares et même des fragments de bélemnites y sont présents. Et voilà encore deux sacs remplis rien que pour moi !

 

Le soleil descendant vers son déclin, on repart faire le tour des environs de Feuguerolles-Bully, dans l'espoir de dénicher un chantier ouvert dans le Toarcien. Peine perdue, mais nous arrivons à un nouveau petit lotissement qui montre des tas de cailloux jaunâtres à roux : encore du Bajocien oolithique ! On examine les tas en surface, mais je commence à fatiguer et m'assieds dans le véhicule à grignoter quelques fuits secs pendant que Jean-Paul examine avec grand profit les fondations d'une nouvelle maison et récolte une masse de gros bivalves mais également des Pleurotomaria et ammonites plus rares.

 

Malheureusement la nuit tombe (de plus en plus tôt), il faudra revenir...

 

On repart vers le gîte pour le rituel de décrassage et se changer, au passage on voit que le resto repéré la veille sur la route et très proche du gîte est fermé, il nous faut trouver autre chose.

 

La station balnéaire de Riva-Bella, assez proche de l'hébergement, doit regorger de restaurants, mais il en faut un possédant une connexion wifi pour Jean-Paul. Après 10 minutes nous avons trouvé un excellent endroit, cuisine superbe, confort indéniable, service nickel, que demande le peuple...

 

Amplement restaurés, le boulot terminé sur le laptop, on reprend la route du camp de base pour un peu de repos bien mérité.

 

A suivre...

 

Phil “Fossil”

 

 

Publié dans Comptes-rendus

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Un week-end sans fouilles ? Ca arrive encore ???

Publié le par Phil Fossil

 

Après cette courte semaine de 3 jours, nous voilà à nouveau en repos hebdomadaire.

 

Ce n'est pas que je ne suis pas en manque de fouilles, spécialement autour d'Anvers, mais il devient incontournable de nettoyer les trouvailles des dernières semaines.

 

Couvin (Eifélien et Frasnien)

Ardenne (Oxfordien)

Champagne (Lutétien)

Eifel (Eifélien)

Normandie (Bajocien, Bathonien, Callovien, Oxfordien, Kimméridgien, Cénomanien)

 

Cela représente certainement une bonne dizaine de caisses, dont l'écrasante majorité reste à faire.

 

Eh bien, on n'est pas encore au bout...

 

Phil “Fossil”

 

 

Publié dans Billets d'humeur

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Le Carixien de Nolay

Publié le par Kevin Houben

 

Pendant l'été 2012, j'ai passé des vacances en famille en Bourgogne et comme tout bon paléontologue amateur je me suis renseigné sur Internet sur la géologie et les trouvailles probables dans la région.

 

Cela m'a permis de découvrir le village de Nolay à 10 km de notre logement où l'on pourrait trouver des ammonites et bélemnites dans les vignes autour du village.

Lors du séjour sur place je prévois un après-midi pour prospecter les vignes des environs. Nous arrivons sur place où quelques ouvriers sont en train de tailler les vignes et je leur demande si on peut prospecter les vignes pour la recherche de fossiles. Ils me disent que cela ne pose aucun problème, et ils m'indiquent même un de leurs vignobles qui contient, selon eux, beaucoup de fossiles.

 

On s'est alors dirigé directement sur place selon leurs indications. Le seul problème était de trouver un endroit pour stationner les 2 voitures. On s'est alors garés sur un parking privé juste à côté de la vigne. Mon père, le premier sur place, ramasse déjà une petite Lytoceras sp. ce qui est un bon signe. Pendant ce temps je me dirige vers la maison où nous nous sommes garés, je demande au propriétaire si ça ne lui dérange pas si on se gare chez lui pendant notre prospection.

 

Le proprio très sympa n'en fait aucun problème et je ne suis pas encore au bout de mes surprises, car quand il apprend que je recherche des fossiles, il me propose d'aller fouiller dans son jardin où il a fait des travaux de fondations pour agrandir sa maison. Il nous fait visiter l'arrière de son terrain où plusieurs grands tas de marnes et de calcaires sont étalés et où nous pouvons gratter tant que nous voulons. Il me fait savoir que tous ces tas vont servir plus tard comme remblai pour sa terrasse donc autant en profiter de récupérer les fossiles avant qu’ ils ne se trouvent sous le béton. (un bel exemple de : "un fossile ramassé, un fossile préservé" ;-)

 

Rien qu’ en surface les tas sont couverts de fragments de bélemnites et de Lytoceras. Il nous fallait que quelques minutes pour découvrir des exemplaires complets. La plupart des ammonites ont malheureusement le centre mal conservé ou même absent, mais on en trouvait tellement que pour finir on trouvait des exemplaires bien conservés et de belle taille (de 10 à 15 cm de diamètre)

On commençait aussi à trouver d'autres espèces d'ammonites : je ramasse en surface une superbe "Aegoceras cornucopiae" et des nodules calcaires qui contiennent des Prodactylioceras davoei.

 

après +- 1 heure de fouilles et 2 sacs remplis de matériel (même ma fille de 5 ans qui a rempli son petit pot de bélemnites) je remercie encore le proprio pour son hospitalité et il me propose que si je passe encore dans les environs dans la semaine, je peux toujours m'arrêter pour quelques heures de fouilles.

Nous avons alors terminé la journée en visitant le magnifique village de Nolay et en nous rafraichissant sur une terrasse.

 

Le jour suivant, jour de repos pour la famille qui reste au logis pour se détendre. Je décide alors de retourner l'après-midi à Nolay avec une bouteille de vin pour remercier le proprio du terrain.

 

Revenu sur place je le trouve occupé sur les travaux de sa maison et je lui offre la bouteille en remerciement pour avoir pu fouiller sur son terrain. Je lui demande aussi si je peux encore faire un dernier petit tour sur son terrain en espérant de faire encore quelques trouvailles que j'aurai raté le jour avant. Il me propose alors de me donner un coup de main, il me dit de déjà aller voir sur les tas et qu' il arrive dans 5 minutes.

 

Je fais un petit tour sur le site et quelques instants plus tard le proprio me surprend encore! Il sort de son garage avec une petite pelleteuse et commence à étaler les tas dans son jardin pour faciliter les fouilles. Après 10 minutes de travail il range sa machine et me dit que c'est pour la bouteille que je lui ai ramené.

 

Fou de joie je reprends les fouilles dans le matériel dégagé à la pelleteuse. Ce qui me livre encore quelques belles grosses Lytoceras de plus de 30 cm (dont un des gros exemplaires est pathologique) et plusieurs bélemnites complètes.

Je termine après encore 2 heures de grattage et ramassage avec à nouveau 2 sacs de fossiles à nettoyer et trier.

 

Je fais mes adieux au propriétaire et le remercie encore. Et je suis maintenant toujours le bienvenu chez lui pour boire un verre si jamais je repasse dans la région.

Cette expérience fantastique m'a permis de découvrir la faune Carixienne de Nolay.

 

 

Voir en fin d'article les liens vers quelques photos des pièces récoltées :

 

Lytoceras sp.

 

Aegoceras cornucopiae

 

Prodactylioceras davoei

 

belemnites Passaloteuthis paxillosa.

 

 

Cet article me permet aussi de faire passer un message à vous tous, paléontologues amateurs :

Communiquer et partager votre passion et motivation aux personnes que vous rencontrez pendant vos sorties. Car vous voyez que de temps en temps votre passion peut motiver des gens à vous aider à préserver de nombreux fossiles.

 

Kevin Houben

 

 

Liens Photos:

 

https://lh4.googleusercontent.com/-GogghPj5neE/UBUmhD1CEnI/AAAAAAAACf8/IE56vlD3b8Y/s912/P1120633.JPG

 

https://lh4.googleusercontent.com/-M4vm4aa1ibs/UBUmh5Df87I/AAAAAAAACgE/4ekTFqhYcXQ/s912/P1120635.JPG

 

https://lh6.googleusercontent.com/-JlRqAz7WC-o/UBUmiFM8lzI/AAAAAAAACgI/G3fT7FYMVd4/s912/P1120637.JPG

 

https://lh4.googleusercontent.com/-GeHsKPzSM08/UBUmimycBMI/AAAAAAAACgQ/3ub47xP7Am4/s912/P1120639.JPG

 

https://lh4.googleusercontent.com/-KLqcWWchQLM/UIV88TcVefI/AAAAAAAAA74/V76OCDRCfCc/s912/P1130222.JPG

 

https://lh3.googleusercontent.com/-RXF9K980prA/UIV86b34KJI/AAAAAAAAA7w/PwBmEDGHs6E/s912/P1130218.JPG

 

Un très grand merci à notre ami Kevin Houben pour cet article fort intéressant !

 

Phil “Fossil”

 

 

 

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Quelques nouvelles (très) rapides de Normandie

Publié le par Phil Fossil

 

 

Mon ami Jean-Paul et moi sommes rentrés de cette région bénie des dieux de la Paléontologie, après avoir vu de manière assez complète les niveaux suivants : Bajocien, Bathonien, Callovien, Oxfordien, Kimméridgien et Cénomanien.

 

Néanmoins, pour un compte-rendu exhaustif et circonstancié nous sollicitons votre patience.

 

En effet, ayant quitté le Pays d'Auge bien après 19h, j'étais personnellement arrivé à la maison vers 1h du matin, et Jean-Paul avait encore une demi-heure de route jusqu'à son domicile.

 

Ce qui, après avoir rentré l'outillage, les bagages, les caisses de fossiles et avoir rangé un minimum m'a amené au lit vers 2h !

 

Le réveil sonnant à 6h30 pour partir travailler, la nuit fut assurément trop courte ! Et les cafés ce mercredi fort nombreux...

 

Donc, pour la suite... Restez branchés !

 

Phil "Fossil"

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