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Carcharocles chubutensis et angustidens du Port d’Anvers, Belgique

Publié le par Phil Fossil

 
 



Carcharocles chubutensis (grande) et Carcharocles angustidens (petite), Miocène-Pliocène, Port d’Anvers, Belgique. Plus grande dimension 5 centimètres.



Les dents de Megaselachus megalodon, très recherchées par les amateurs, ne sont déjà pas tellement courantes dans un état complet ou sub-complet.

Alors que dire des rarissimes dents de Carcharocles angustidens ou Carcharocles chubutensis, caractérisées par des denticules latéraux plus ou moins serrulés ?

Ces deux pièces pratiquement complètes ont été mises au jour lors de la dernière visite aux « Sables de Kattendijk » du Port anversois. En trouver deux lors d’une même sortie relève pratiquement du miracle !

La plus grande est très vraisemblablement Carcharocles chubutensis, la petite est selon toute probabilité une latérale de Carcharocles angustidens.

Phil « Fossil »

 

Publié dans Vos découvertes !

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La Belgique cénozoïque : Notice paléontologique et minéralogique

Publié le par Phil Fossil

 

Il y a une bonne décennie, en mai 1997, dans le cadre d’un stage de découverte des couches cénozoïques belges que je guidais, j’ai publié à compte d’auteur cet ouvrage reprenant l’essentiel des découvertes personnellement faites à l’époque dans notre petit pays.

 

Comportant 132 pages, dont une trentaine de planches de détermination, il a eu un succès immédiat et une deuxième impression légèrement améliorée et complétée est parue au mois de juin de la même année.

 

Ce (gros) fascicule a connu un grand intérêt et s’est malheureusement retrouvé épuisé en l’espace de quelques mois seulement.

 

Si la demande existe pour cet ouvrage, prière de me le faire savoir, exclusivement par un simple commentaire à cet article, que je puisse éventuellement estimer le nombre d’exemplaires et procéder à une réimpression.

 

Il pourrait même se voir compléter de nouvelles photographies et informations, si et seulement si le nombre de personnes intéressées justifie le travail demandé…

 

Merci d’avance !

 

Phil « Fossil »

 

Publié dans Générale

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Une trouvaille remarquable sur la côte du Dorset

Publié le par Phil Fossil

 

Le squelette de dinosaure le plus complet jamais mis au jour en Grande-Bretagne sera bientôt exposé – vestige d’une espèce unique au Royaume-Uni qui périt par l’action d’une vague dévastatrice.

 

Le premier élément fut retrouvé sur une plage du Dorset en 2000 par David Sole, un ex-avocat devenu collecteur professionnel de fossiles. « Il y avait un bloc de roche d’une dimension d’environ deux pieds sur un pied logé dans du sable fin, et j’ai deviné qu’il y avait quelque chose d’inhabituel à l’intérieur », rappelle-t-il.

Une recherche ultérieure montra que ce qui ressemblait à un bloc de calcaire était truffé d’ossements. Les mois et années qui suivirent, d’autres fragments furent trouvés imbriqués dans des blocs de calcaire voisins – le dernier, contenant une petite partie de pied, par un amateur en 2005.

Après trempage journalier dans de l’acide acétique très dilué – moins fort que le vinaigre utilisé sur les chips – la pierre révéla, petit bout par petit bout, un squelette complet. Les experts découvrirent que la créature était un Scelidosaurus de 195 millions d’années, le plus ancien des dinosaures cuirassés.

« Il a de grosses épines sur tout le corps, incluant deux cornes proches de celles des chèvres à l’arrière du crâne et formant une sorte de collerette avec l’armure du cou. Cela nous laisse à penser que le spécimen était probablement un mâle mature », explique le Dr Tim Ewin du Bristol City Museum et Art Gallery, où la bête sera exposée au public à partir du mois prochain.

Jusqu’à présent, cette espèce particulière n’apparaissait que dans un seul niveau de roche d’un autre affleurement près de Lyme Regis, et certainement pas de manière aussi détaillée.

Ce qui est inhabituel, le squelette presque complet est resté articulé, ce qui signifie que chaque os est en connexion et à sa place correcte. Les longs et fins tendons supportant l’énorme estomac de l’animal sont également frappants, ils s’étendent toujours depuis la colonne vertébrale. Etonnant aussi le fait que le gosier de la créature contenait une zone décolorée, et les restes de son dernier repas.

Le lieu de la découverte est inattendu, cependant. Les roches de Lyme Regis ont toutes été formées sous une mer ouverte, alors que les dinosaures étaient des animaux terrestres. A part un naufrage jurassique, qu’est-ce qui a bien pu entraîner la préservation d’un tel animal sous la mer ?

Une réponse partielle se trouve dans la paléogéographie. Durant l’Ere jurassique, le sud de l’Angleterre se présentait sous la forme d’une série d’îles basses séparées par des bras de mer. Comme le rappelle le Dr Ewin, les îles sont souvent le refuge d’espèces, tout comme le dragon de Komodo actuel, qui ne se retrouvent nulle part ailleurs.

« Il se peut que Scelidosaurus ne vivait que sur une seule île, à quelques milles de Lyme Regis, ce qui expliquerait que l’espèce n’ait été signalée nulle part ailleurs. Nous commencions à nous demander si nous étions en présence d’un groupe familial qui aurait été balayé de l’île par un tsunami soudain, comme il a été constaté en 2004. »

Il existe des arguments corroborant un tsunami jurassique, sous la forme de blocs rapidement déplacés qui ont été découverts en Ecosse. Mais il y a un mystère supplémentaire : piégées dans la mandibule de l’animal se trouvent deux dents de crocodile.

Se peut-il que Scelidosaurus soit mort en protégeant sa famille – les squelettes plus petits et moins complets découverts auparavant – d’une attaque de crocodile ? Ewin ne le pense pas : les dents sont dans la mâchoire et non fichées à l’extérieur du corps.

« Les dinosaures herbivores avalaient fréquemment des pierres (NDLR les gastrolithes) qui les aidaient à fragmenter la végétation grossière durant son passage dans leur estomac, et il me semble que cette espèce pouvait avoir avalé des dents de crocodile en lieu et place de pierres. Les crocodiles perdent régulièrement des dents, et elles devaient être assez faciles à trouver sur l’île. Elles pouvaient également apporter du calcium, nécessaire pour la constitution de toute cette armure osseuse.

Mais les dents de crocodile sont dans la bouche, et non dans l’estomac. Donc Ewin examina à nouveau le supposé « dernier repas » dans le gosier.

« Le tout était très fin, et dénué de parties reconnaissables de matériel végétal. Je pensai alors que peut-être ces aliments n’étaient pas en train de descendre, mais de la nourriture digérée qui remontait - du vomi de dinosaure. Les dents de crocodile pouvaient fort bien avoir été éjectées de l’estomac au cours de ce processus. Vomir arrive fréquemment quand on est au point de se noyer, et je crains que cela soit arrivé dans ce cas. »

Donc il semble que cette famille, membres d’une espèce de dinosaure exclusivement anglaise, ait été jetée à la mer par un flot terrifiant, en même temps que des débris de plantes et la boue qui les a préservés – jusque 200 millions d’années plus tard, lorsqu’une tempête actuelle a révélé le lieu de leur sépulture sur cette plage du Dorset.

Pour quelques détails sur la date d’exposition du dinosaure, voir le site ci-après (en Anglais) :

http://www.bristol.gov.uk/ccm/content/Leisure-Culture/Museums-Galleries/coming-soon-best-preserved-dinosaur-in-britain-to-go-on-display.en;jsessionid=2DD3CB3516E23CB7276EB5673E98B42A

 

 

Comment chasser les trésors paléontologiques

 

Si vous désirez chercher des dinosaures, la Côte Jurassique Site du Patrimoine Mondial est un bon endroit pour démarrer. Le long de cette côte, depuis l’Est du Devon jusqu’à l’île de Purbeck au Dorset, les fossiles tombent des falaises soumises à l’érosion sur les plages – autour de Lyme Regis en particulier.

 

LES FAMILLES CHERCHANT DES FOSSILES SUR LES PLAGES DEVRAIENT SUIVRE CES PRECEPTES :

Ne pas extraire des fossiles des falaises : c’est trop dangereux. Mais il est important qu’ils soient récupérés de la plage, s’ils sont laissés ils seront détruits par la mer.

Montrez vos spécimens à un expert. Un bon endroit pour cela est le « Charmouth Heritage Centre », Centre patrimonial de Charmouth, à l’Est de Lyme Regis.

Permettez aux experts de garder les fossiles (NDLR importants) afin qu’ils soient déposés dans des musées et mis à la disposition des scientifiques pour leurs recherches. Dans ces cas de figure le nom des découvreurs est enregistré pour la postérité.

Vérifiez les heures des marées : prospectez le long de la plage à marée descendante. Restez à distance des falaises et des éboulements.

L’association Côte Jurassique organise régulièrement des balades de recherche de fossiles. Pour les détails, voir le site ci-après (en Anglais) :

www.jurassiccoast.com

 

Phil “Fossil”, d’après un texte d’Anna Grayson (Telegraph UK)

 

Texte original :

http://www.telegraph.co.uk/earth/main.jhtml?view=DETAILS&grid=&xml=/earth/2008/05/20/scidorset120.xml

 

Publié dans Revue de presse

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Rappel : SVT et manuel scolaire, le scandale !

Publié le par Phil Fossil

 

Suite à une réaction sur la pétition contre la page très controversée du manuel de SVT des Editions Belin, voici une réponse détaillée. J’ai préféré la publier sous la forme d'un article, plutôt que de simplement répondre au commentaire…

 

Le commentaire :

http://www.paleomania.com/article-5821156-6.html#comment27855504

 

 

Ma réponse :

 

Bonsoir,

 

Merci tout d’abord pour votre réaction.

 

Tout comme vous, je suis pour la protection des fossiles et des minéraux, (et l’archéologie n’est pas si éloignée de cette problématique) mais elle passe majoritairement (et malheureusement) par le prélèvement et le stockage en collection, afin de soustraire les spécimens des atteintes de l’érosion naturelle ou anthropique. Hors de cela, point de salut pour ces derniers !

 

Si je ne critique pas la création judicieuse de réserves (en évitant par exemple la protection inutile de plusieurs sites analogues qui n’apportent rien de plus à la Science), sites qui sont somme toute d’une superficie limitée par rapport au territoire français, je ne peux, en accord avec un collectif d’amateurs et de collectionneurs, accepter les généralisations hâtives et les amalgames grossiers et mensongers qui pullulent dans le texte de cette page du manuel de SVT des éditions Belin.

 

La protection judicieuse est un geste sain, mais le contenu de ce texte ne l’est certainement en aucune façon.

 

Pour rappel :

 

« Les sites renommés pour leur richesse en fossiles ont fait et font encore l’objet de véritables pillages organisés. Les personnes responsables de ce vandalisme sont soit des collectionneurs prêts à tout pour satisfaire leur passion, soit des revendeurs qui en tirent de gros profits : il existe un trafic important de fossiles et de minéraux rares. »

 

 « Pour protéger son patrimoine géologique, douze réserves géologiques ont été créées en France : toute collecte y est interdite ainsi que toute activité qui risquerait dendommager (sic) les fossiles. Des panneaux d’information ou des visites guidées permettent de découvrir ces sites. »

 

 

Analysons-le objectivement à tête reposée :

 

Les collectionneurs et les négociants sont clairement assimilés à des vandales : Par contre on passe sciemment sous silence la moitié ou les deux tiers de toutes les nouvelles découvertes, faisant avancer la science, qui sont le fait d’amateurs, de collectionneurs ou même de négociants ;

 

Les sites renommés sont pillés de manière organisée : La plupart des sites renommés pour leurs fossiles sont des falaises, des plages, des carrières ou des chantiers où tous les fossiles et minéraux affleurants sont détruits par concassage ou érosion naturelle. Les amateurs et collectionneurs sont généralement les seuls à les sauvegarder. Il n’y a aucune protection légale dans ces cas, la plupart du temps.

 

Il existe un trafic de fossiles et de minéraux : Ces pièces, sauvegardées miraculeusement de l’érosion et de l’industrie minière il faut bien le rappeler, et une fois mises en bourse de vente ou d’échanges, sont généralement acquises par des musées publics ou des collectionneurs privés qui ont pour règle d’or de gérer leur collection afin d’en faire partager les générations futures. Il est rarissime de voir en bourse ou sur internet des pièces provenant de réserves géologiques. Mais là aussi le texte montre des généralisations hâtives flagrantes.

 

Les fossiles et les minéraux ne sont pas tous rares : des millions, voire des milliards d’entre eux passent annuellement au broyeur dans les carrières ou sont détruits par altération naturelle sans que personne (à commencer par les auteurs de ce texte) ne s’en inquiète. Combien de fossiles rares ou même inconnus de la Science disparaissent ainsi avec eux? Pourquoi n’en parle-t-on pas dans ce texte ?

 

Les réserves protègent les sites : les sites peut-être, malgré le fait que certaines carrières fonctionnent sans entraves sur le territoire de réserves. (Lubéron) Pourquoi les gestionnaires de réserves imposent aux exploitants de ces carrières le concassage de leurs couches rocheuses stériles très fossilifères afin de les soustraire aux collectionneurs, qui sont à nouveau les seuls protecteurs de ces fossiles ? Détruire les fossiles pour assurer leur protection, où est la logique ? Par contre les fossiles et minéraux affleurants même dans les réserves sont inéluctablement détruits par altération naturelle s’ils ne sont pas prélevés. De ce fait amplement démontré durant des siècles, pas un traitre mot.

 

 

Ce « texte » n’est, au mieux, qu’un ramassis de calomnies, du bourrage de crâne à destination d’enfants qui n’ont pas encore la capacité de jugement nécessaire ni l’expérience du terrain pour en apprécier pleinement le caractère fallacieux et mensonger, au contraire de personnes qui ont plusieurs décennies d’expérience en Paléontologie et en Minéralogie qui peuvent déjouer ces manipulations grossières. Mais ces personnes compétentes, « on » tente de les museler… Car elles dérangent !

 

Qui, « on » ?

 

Les intégristes protectionnistes qui sont à l’origine de ce « torchon » monopolisent à leur profit le temps de parole dans les colloques géologiques, et prennent bien soin de ne l’accorder qu’à ceux qui pensent comme eux et de fuir les autres comme la peste. Bel exemple de « démocratie » plutôt dictatoriale où on ne permet qu’un seul son de cloche en évitant à tout prix le dialogue…

 

En ce qui concerne ce texte, nous demandons son retrait du manuel, ou au minimum quelques adaptations, car enseigner cela tel quel à des enfants s’apparente à leur imposer une vision orientée et très déformée de la réalité sans leur inculquer les saines bases d’une réflexion critique.

 

Résumé de ce texte : « Nous sommes les bons protectionnistes, notre manière de penser est la seule valable, les collectionneurs et les négociants sont les méchants pilleurs et prédateurs. Interdisons tout prélèvement pour protéger les fossiles ! »

 

Un peu simpliste, non ? Il n’est pas étonnant que la plupart des grands paléontologues et minéralogistes professionnels (Buffetaut, Fischer, Bakker, Boulliard, Schiappero…) ne sont pas d’accord avec cette idéologie stérilisatrice qui entraînera à terme une inéluctable stagnation de la Science.

 

Pour quelques pistes de réflexion, voir mon texte argumenté de manière exhaustive sur cette problématique :

http://www.eulasmo.com/eulasmo/articles/Amateurs%20et%20Paleontologie.pdf

 

Amitiés.

 

Phil « Fossil »

 

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Palais de chimère miocène-pliocène du Port d’Anvers

Publié le par Phil Fossil

 
Edaphodon antwerpiensis, Miocène-Pliocène, Port d’Anvers, Belgique. Plus grande dimension 3 centimètres. Vue palatale. 

 

Vue radiculaire.

 
Les Chimères, aussi connus comme Holocéphales, sont une très ancienne classe de poissons cartilagineux, ils possèdent des traits nettement plus primitifs que les requins et les raies. Leurs dents ne sont pas continuellement renouvelables comme celles des requins.


Découverte en surface sans tamiser lors d’une de nos dernières prospections anversoises, cette pièce dépasse haut-la-main toutes mes autres découvertes en matière de chimères locales.


Possédant trois triturateurs (dents broyeuses) visibles et un quatrième en dessous, elle est assurément plus intéressante que les habituelles dents isolées qui ne sont déjà pas tellement fréquentes dans les « Sables de Kattendijk ».


Seul un exemplaire provenant du gravier de Base de l’argilière de Sint-Niklaas surclasse ce spécimen en montrant quatre triturateurs visibles…


N’oubliez pas que la rubrique "Vos découvertes" vous est ouverte, vous pouvez toujours nous envoyer des photos de vos trouvailles accompagnées d’un petit texte de présentation à notre adresse de contact.


Merci !


Phil « Fossil »

 

Publié dans Classes d'organismes

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Chasser la morosité ambiante !!!

Publié le par Phil Fossil

 

 

 

Si vous êtes déprimés, dépressifs, ou que vous souffrez tout simplement d’un petit coup de blues ou d’un plus classique passage à vide, la solution se trouve ici :

 

http://www.viedemerde.fr/

 

Ce site « collaboratif » contient les expériences négatives de nombreuses personnes et, il faut bien le dire, s’il n’est pas bien de rire des malheurs des autres cela dérouille assurément les zygomatiques !!!

 

Si cela ne fonctionne pas sur vous, je suis au regret de vous dire que votre cas est désespéré !

 

Bon amusement.

 

Phil « Fossil »

 

Publié dans Pour se détendre

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Faune du Lutétien de Champagne : quelques ajoutes

Publié le par Phil Fossil


 

Suite à notre dernière virée champenoise, un assortiment relativement exhaustif de la faune lutétienne a encore été récupéré.

 

Il apparaît à cette occasion largement nécessaire de compléter notre album photo « Faune-Champagne-Ardennes » avec les prises de vues de nombreuses espèces moins impressionnantes mais néanmoins typiques du Lutétien moyen.

 

La reprise de nos boites déjà classées nous a permis la prise de nombreuses photographies, elles ont été sélectionnées et ajoutées à celles de la localité « Arty ».

 

L’Album est directement accessible ici :

http://www.paleomania.com/album-1027971.html

 

Bonnes déterminations !

 

Phil « Fossil »

 

Publié dans Générale

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Comment reconnaître le vrai Paleoman d’un faux ?

Publié le par CarchaDOrias


Par les temps qui courent, il convient de redoubler de prudence. 

Sans compter ces pseudos « ambres fossiles » dont il fut question voici quelques semaines, ni ces agglomérats de trilobites marocains savamment disposés en cercle sur un plateau, et que l’on pourrait croire tous « morts-en-famille-dans-un-stupide-accident-d’autocar-en-revenant-d’un-pélerinage », s’ils n’avaient été constitués en réalité d’espèces souvent incompatibles, puisque issues d’époques géologiques différentes, nous sommes maintenant confrontés à un nouveau risque combien plus préoccupant : celui de rencontrer sur les terrains de fouilles des individus peu scrupuleux, qui pourraient tenter de se faire passer pour ce qu’ils ne sont pas.

Je veux parler de personnes mal intentionnées, qui tenteraient d’usurper l’identité de « notre » Paleoman.

Il est plus que jamais nécessaire d’être vigilants et de savoir distinguer l’original de… vulgaires contrefaçons.

Voici donc quelques méthodes d’approche, certes empiriques car issues de notre propre expérience personnelle, en ce domaine combien particulier…

Chaleur :

Très peu efficace !

Des années de prospection en compagnie du vrai Paleoman nous ont appris qu’il est quasiment insensible à cette composante spécifique. Comme ce fut déjà précisé auparavant lors la présentation générale du spécimen, ce dernier conserve sur tous les terrains une motivation prospective telle que sa capacité de résistance, tant aux extrêmes qu’aux simples écarts de température, se situe dans des limites non encore définies avec certitude, mais qui sont comprises au minimum entre les « moins quinze » et les « trente-cinq » (comptez quarante) degrés centigrades, peut-être même au-delà si cela s’avérait vraiment nécessaire…

Ne vous ridiculisez pas à tenter de le suivre dans cette aventure, auquel cas, selon toute probabilité, vous aurez soit gelé soit fondu avant lui.

Petit détail en passant : s’il se dégage à proximité d’un lieu de fouilles une forte odeur de caoutchouc ou de métal surchauffé, cela pourrait provenir autant de sa bêche que de son grattoir, voire être le fruit d’une rupture brutale de son petit tamis. 

Acétone :

Assez étonnamment, l’effet de ce produit sur l’individu dont question est quasiment nul, d’autant que sa masse volumétrique est telle que nous ne vous proposons même pas de tenter l’expérience.

En effet, la quantité d’acétone, quoique très bon marché, qui serait théoriquement nécessaire pour dissoudre un tel spécimen serait pour le moins considérable, ce qui rendrait cette méthode d’un coût beaucoup trop prohibitif. 

Frottement :

Cette technique vous est aussi fortement déconseillée.

Elle risque d’entraîner une réaction rapide sur les cheveux et/ou sur les poils de l’individu, de même que – d’une manière plus générale – une stimulation énergique pourrait influer sur toutes les parties de son anatomie qui sont susceptibles de se redresser.

A cet égard, le(la) lecteur(trice) intéressé(e) de tenter malgré tout l’expérience remarquera qu’un frottement très énergique n’est pas nécessaire, mais qu’il suffira dans certaines circonstances et à certains endroits d’un simple effleurement, ou d’une très légère caresse, pourvu qu’elle soit judicieusement dispensée.

Absorption :

A l’inverse, nous vous recommandons cette technique, qui est quasiment infaillible. 

Pour y avoir recours, nous vous invitons à préparer un généreux spaghetti « sauce bolognaise ». Si vous vous basez sur les quantités traditionnelles, soit une portion largement suffisante pour rassasier un homme « normal », notre conseil : DOUBLEZ LA !

Si le spécimen ne vous paraît pas en mesure d’ingurgiter facilement cette dose généreuse, cela ne fait aucun doute : vous avez affaire à un faux. Par contre, si le  sujet venait à vous réclamer une troisième portion, vous ne devriez alors plus nourrir aucune inquiétude sur son authenticité …

Grattage :

Cette méthode permet également d’obtenir quelques bons résultats.

Nous vous conseillons dans ce cas d’effectuer un prélèvement superficiel au niveau des vêtements du sujet, de préférence sur son pantalon. Les endroits de couleur verdâtre doivent impérativement vous amener à déceler des quantités significatives de glauconie.

Toute substance d’une nature artificielle, comme des traces de peinture par exemple, serait un indicateur qu’il y a bel et bien tentative de supercherie.

Flottaison :
 
Tout dépendra dans cette hypothèse de la quantité de couches que le spécimen aura préalablement superposées. 

D’une manière générale, nous ne vous étonnerons pas en prédisant que le poids de l’individu étudié agira d’une manière inversement proportionnelle à l’épaisseur de ses textiles.

Nous devons bien entendu vous rappeler que l’expérience devra tenir compte de nombreux facteurs externes, voire d’éléments plus difficilement pondérables, l’un des moindres n’étant pas la quantité et la nature des sédiments accumulés à son insu dans ses poches, de même que le poids des échantillons divers qu’il y aurait (volontairement par contre) sauvegardés.

D’autre part, nous devons vous rappeler une règle encore plus fondamentale, un principe que n’aurait pas renié le grand Archimède lui-même, à savoir que tout Paleoman plongé dans un liquide en ressort souvent plutôt contrarié, voire même extrêmement mécontent.

De sorte que nous vous suggérons de ne recourir à cette méthode qu’à défaut de mieux, et de préférence en toute dernière extrémité.

Eau chaude :   

En liaison directe avec ce qui précède, nous vous déconseillons de recourir à l’eau chaude, à moins d’en avoir au préalable savamment dosé (comprendre « modéré au maximum ») la température.

Tout excès en cette matière produirait la même réaction que décrite plus haut, voire même risquerait d’en décupler les effets contraires, au risque de provoquer une réaction en chaîne extrêmement violente et difficilement contrôlable.

Inutile de préciser que le principe inverse, soit le recours à un élément aqueux trop froid, risquerait d’engendrer le même genre de réflexe épidermique.

Dans les deux cas, un malheureux effet secondaire pourrait se produire, le sujet vous faisant vite comprendre qu’il y a lieu de cesser illico l’expérience. Cette invitation risquerait au passage, soit d’endommager durablement vos tympans, soit de voir la tentative brutalement interrompue au moyen d’un poing qui viendrait se placer millimétriquement à l’endroit précis où se situerait votre orifice nasal.

La plus grande prudence s’impose là également, mais comme dans toutes les expérimentations d’ailleurs !

Voilà.

Ce n’est qu’en suivant ces quelques conseils de base que vous serez à même de reconnaître le seul, le vrai et unique exemplaire, l’authentique Paleoman. 

Soyez prudents : méfiez-vous toujours des imitations !

 

 

CarchaDOrias

Publié dans Ecarts de CarchaDOrias

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Un dimanche très fossilifère près d’Anvers

Publié le par Phil Fossil




Les pièces spéciales (Notorhynchus, Galeocerdo, Carcharoides, Eurhinodelphis, Cetorhinus, aiguillon de raie…), Pliocène inférieur, Port d’Anvers, Belgique. Plus grande pièce : largeur 25 millimètres.
 


Complexe d’espèces, Pliocène inférieur, Port d’Anvers, Belgique. Plus grande pièce : longueur 6 centimètres.
 

 
Le tout venant, Pliocène inférieur, Port d’Anvers, Belgique. Plus grande pièce : longueur 5 à 6 centimètres.


Après un samedi assurément pluvieux où les activités en extérieur se réduisaient à la portion congrue, une petite sortie nous démangeait fortement.


Un saut à Anvers s’imposait, les dernières fouilles réalisées sous le soleil en Allemagne et en France, très productives au demeurant, n’avaient néanmoins pas comblé notre manque chronique de dents de requins fossilisées.


Notre arrivée sur le site nous permit de tomber d’entrée de jeu sur une couche d’une richesse exceptionnelle et extrêmement facile à travailler !


Les tamis succédant aux tamis, la richesse de la couche s’avéra surprenante : une moyenne quasiment constante d’une poignée de dents par tamis !


Un peu moins de 7 heures passées sur place fournirent une moisson restant dans le top-3 des meilleures journées de fouilles ! 4 pointes de megalodon, 9 dents de dauphin, une dizaine de Galeocerdo, vingt-cinq( !) Notorhynchus quasiment toutes complètes, et ne parlons même pas des dizaines de Cosmopolitodus hastalis, Isurus desori et Carcharias vorax fraîches et de toute beauté.


Quasiment depuis l’origine de mes visites portuaires il y a presque 15 ans, j’ai pris l’habitude de peser mes trouvailles « dentaires » après lavage, histoire d’obtenir une information statistique au point de vue quantitatif. Une sortie de 500 grammes découverts est dans la petite moyenne, un kilo est déjà plus que convenable. Alors, que penser des 2300 grammes mis au jour ce dimanche !!!


Bien entendu il n’y a pas forcément de relation entre la qualité et la quantité, mais ici le nombre de pièces complètes et leur état de fraîcheur est tout bonnement exceptionnel…


Il restait juste à éliminer les courbatures consécutives au pelletage et au tamisage de un à deux mètres-cubes de sable graveleux… L’affaire d’un jour ou deux !


Phil « Fossil »

 

Publié dans Vos découvertes !

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La protection des oiseaux dans le port anversois

Publié le par Phil Fossil

Une belle plaine de « Sables d’Oorderen », parsemée de coquilles fossiles, très prometteuse en restes de vertébrés et située assez près du village de Doel, est désormais inaccessible aux promeneurs comme aux chercheurs de fossiles du Pliocène supérieur.


En effet, une clôture est en cours d’installation, des graminées ont été semées, et des panneaux bien visibles placés à distance régulière les uns des autres.
 

Photo © CarchaDOrias mars 2008


Traduction rapide : 
 

Aire de repos et de reproduction

NE PAS PERTURBER SVP

Sous peine de poursuites
 

Nous vous remercions pour votre compréhension et collaboration
 

Arrêté Royal de 1981 concernant la protection des oiseaux dans la région flamande
 

Ce territoire est une zone importante de repos et de reproduction pour les oiseaux. Veuillez les respecter et ne pas pénétrer sur le terrain. Les irrégularités peuvent être communiquées au Garde de l’Agence pour la Nature et les Bois ou au Surveillant de la Zone portuaire.


Ensemble, nous nous préoccupons de la Nature.

 
Sur ces panneaux se trouvent mentionnés deux numéros de téléphone mobile, servant à prévenir la « Vlaamse Gemeenschap » dans la perspective somme toute improbable où des promeneurs braveraient l’interdiction de « déranger les oiseaux » (sic). Dans ce cas, il est fort possible qu’un gros 4x4 vert s’arrête près de leur véhicule, et que son conducteur leur dresse illico un procès-verbal après constatation du « flagrant délit ». Si cela n’est pas de la délation organisée, ça y ressemble vraiment très fort.


Etant régulièrement passé en voiture à côté pendant des séances de prospection à des fins de découverte de nouveaux sites, il a été constaté à maintes reprises que les oiseaux y brillent par leur absence ! En effet la plaine en question, située entre deux routes à gros passage et assez loin de toute étendue d’eau, ne semble pas attirer particulièrement les volatiles, au contraire de certaines usines et chantiers locaux où les conditions sont indubitablement meilleures !


A moins, sans doute, que ces braves animaux n’aient pu prouver leur bonne connaissance du Néerlandais, condition indispensable et préalable à leur installation… (Just joking)


De toute manière, l’environnement pollué à souhait de toute la zone du Port d’Anvers n’est certainement pas idéal pour leur petite santé. Le nombre d’oiseaux morts rencontrés sur toute l’étendue portuaire en témoigne indiscutablement…


Cela présente néanmoins l’avantage pour ces oiseaux qu’ils ne seront jamais dérangés par les chasseurs, par ailleurs peu présents dans la région, au vu du taux phénoménal de dioxine, soufre, nitrates, métaux lourds, sous-produits gazeux du raffinage pétrolier, et autres substances peu ragoûtantes qu’ils doivent véhiculer en quantités phénoménales dans leur organisme…


A quand, par contre, des mesures de protection adéquates pour l’installation et le bien-être des pauvres paléontologues amateurs en manque de plus en plus aigu de sites à fouiller ???


Nous ne demandons pas tellement, en fin de compte…


Tiens, juste un exemple parmi tant d’autres, une petite plaine sableuse où auraient été déversées quelques milliers de tonnes de gravier de base, fraîchement dragué du fond d’un dock, à ossements de baleines et dents de squales, avec accès libre pour tous, et, pourquoi pas, juste à côté, une petite « baraque à frites » chère aux habitants de notre plat pays ? Et tant qu’à faire, une buvette bien achalandée en bières artisanales belges et boissons énergisantes pour secouer sans relâche son petit tamis, et, le fin du fin, la location à la journée de parasols, parapluies, cirés, grattoirs, pelles et tamis seraient un plus non négligeable.


Nous serions, à la limite, même prêts, pourvu que la récolte effectuée soit à la hauteur de nos espérances, à payer un droit d’entrée symbolique « à la journée » de quelques euros comme il était demandé sur les haldes de certaines mines allemandes où les amateurs de minéraux pouvaient librement échantillonner ensuite toute la journée les minéraux dans les stocks de roches amenées par des camions et destinées au concasseur.


Cela serait certainement plus rentable économiquement et scientifiquement que quelques hectares de sable, dûment aménagés, clôturés et étroitement surveillés aux frais du contribuable, où aucun oiseau ne viendra sans doute jamais...


A lire :

http://fr.wikipedia.org/wiki/Deurganckdok


Phil « Fossil »


PS. Merci à CarchaDOrias et Shadows pour l’information.

 

Publié dans Législation

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