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Fossile bizarre du Sinémurien de Charleville-Mézières

Publié le par Phil Fossil

 

 
A la demande de Nicolas, je me permets de faire appel à votre sagacité en vous présentant le fossile suivant. 

 


Il a été découvert dans les environs de Charleville-Mézières, les sédiments sont sinémuriens. (Présence de Gryphaea arcuata et Pentacrinus basaltiformis)

Personnellement je penche pour le moule externe d’une accumulation d’huîtres qui aurait été accrochée à une algue marine, par la suite la plante ne s’est pas fossilisée au contraire de l’empreinte des bivalves. Ces derniers ont sans doute été dissous par la suite…

Mais une confirmation de votre part ne serait pas superflue. Merci de laisser un petit commentaire !

Si vous aussi avez des fossiles ou minéraux à déterminer, n’hésitez pas à nous les transmettre à notre adresse de contact ou, encore mieux, les poster sur notre forum dans la bonne rubrique.

Merci encore.

Phil « Fossil »

 

Publié dans A déterminer SVP

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Faluns pontiléviens de Manthelan, Touraine, France

Publié le par Phil Fossil



Site de tamisage à Manthelan 


Lors de l’un de nos séjours en Touraine, nous avions prospecté les environs de Manthelan où nous étions au courant de l’existence de faluns coquilliers intéressants.

Ayant repéré au milieu du village des allées de square recouvertes de faluns, nous étions occupés à ramasser quelques petites coquilles lorsqu’une employée de la mairie proche en sortit, traversa la rue et vint nous questionner sur nos activités.

Nous attendant comme bien souvent à nous « faire jeter » manu militari, nous fûmes agréablement surpris lorsque la dame très sympathique nous indiqua avec force détails la localisation de la petite sablière d’où provenaient les sables déversés.

Ce fut l’occasion pour nous de jouer du tamis, et de ramener quelques seaux de petites coquilles, en plus des pièces plus importantes découvertes directement sur le plus grand maillage.

La couleur du sable, comme celle des coquilles, est plus brunâtre que celle du sédiment exploité à Pauvrelay, autre site mythique des faluns tourangeaux.

Phil
« Fossil »

 

Publié dans Sites de fouilles

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De nouvelles pièces du Miocène-Pliocène anversois

Publié le par Phil Fossil

 

 
Complexe d’espèces, Miocène-Pliocène, Port d’Anvers, Belgique. Plus grande dent 48 millimètres.

 

Aiguillon caudal de Myliobatis sp., Pliocène, Port d’Anvers, Belgique. Longueur 8 centimètres.

 


Profitant à outrance d’un week-end assurément superbe, en comparaison du temps franchement maussade (et je suis poli) de ces derniers mois, une petite prospection dans le port d’Anvers s’imposait à nouveau ce samedi.

Si la quantité des trouvailles ne cassait pas la baraque, quelques dents fort sympathiques émergèrent des nombreux tamis bien chargés.

A épingler une belle Cosmopolitodus hastalis de presque 5 centimètres ramassée au fond du trou sans devoir tamiser, deux Hexanchus gigas, et de plus petites espèces du genre Lamna nasus, Isurus desori, des otolites de dauphins… Et ceci sans compter les deux caisses de tamisat sur petites mailles à trier plus tard.

Le dimanche à nouveau très ensoleillé, étant donné les courbatures conséquentes à un entraînement encore insuffisant, tri de tamisat de la sortie précédente, mais surtout nettoyage du contenu de caisses et de sacs ramenés d’un chantier temporaire anversois avant mon opération et que l’immobilité prolongée m’avait interdit de traiter plus tôt.

Ces fossiles consistant essentiellement en grandes coquilles et ossements fragmentaires de cétacés, destinés à être distribués aux débutants, quelle ne fut pas ma surprise en nettoyant un os allongé et aplati de découvrir un aiguillon barbelé de la queue d’une raie, pièce fragmentaire mais dépassant d’un poil les 8 centimètres de longueur !

Pièce que je n’ai personnellement jamais vue découverte dans la région après pourtant, excusez du peu, près de 15 années de prospections assidues…

Fossile ramassé, fossile sauvegardé !

Phil « Fossil »

 

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Comment échanger vos fossiles en double avec d'autres collectionneurs ? (4)

Publié le par Phil Fossil

 

ETAPE 10. Premier contact. Maintenant, vous avez quelques (dizaines ou centaines) d’espèces étiquetées disponibles à l’échange, et vous avez localisé l’annonce de quelqu’un qui serait intéressé par un échange. La meilleure méthode de contact est par courriel. C’est rapide, et vous gardez une trace écrite de ce qui a été dit. (au cas où vous essayez d’échanger avec plusieurs personnes, cela risque de devenir confus) Le courrier postal peut être décourageant s’il nécessite un temps interminable pour obtenir la réponse de l’autre partie. Le téléphone a quelques inconvénients, les appels longue distance sont chers et dénués de trace écrite au cas où vous auriez oublié des parties de la conversation. Et une fois en possession de votre numéro téléphonique, les tiers peuvent vous appeler souvent ou à des heures inopportunes.

 

La plupart des amateurs sont spécialisés dans certaines classes de fossiles qu’ils échangent : certains ne désirent que des dents de requins, d’autres uniquement des brachiopodes, etc. Idéalement vous désirerez échanger des listes de doubles des espèces disponibles à l’échange. (Facile à envoyer par courriel) Le premier contact est aussi le meilleur moment pour préciser si le partenaire désire un échange 1 contre 1, ou s’il est plus intéressé par échanger plusieurs espèces communes contre une rare ou unusuelle. Spécifiez que si l’une des deux parties n’est pas satisfaite de l’échange, elle peut renvoyer les fossiles sans rancune. (Ceci arrive rarement)  

 

ETAPE 11. Le premier échange. La première série de fossiles sera modeste, pas plus d’une vingtaine d’espèces. Il est d’usage que la personne répondant à l’annonce, pas l’annonceur, envoie la première boite. Vous préfèrerez emballer chaque espèce dans un petit sachet refermable, et essayerez d’inclure plus d’un exemplaire de chaque espèce. (Maximum 6) Sélectionnez des spécimens de bonne qualité, du genre de ceux que vous seriez heureux de recevoir. Les spécimens multiples seront chacun enveloppés dans un morceau de papier toilette et placés ensemble dans le sachet plastique avec une étiquette. Les espèces fragiles doivent être mis en sac séparément, et le sachet placé dans une boite à pilules pour une protection optimale. Utilisez un maximum de mousse et de frigolite pour compléter le colis postal afin que tout soit bien calé. Lors d’envois à l’étranger, le courrier postal est plus simple (moins de paperasserie) que UPS. Le formulaire des douanes est petit et aisé et vous devriez écrire un message du style « Roches paléozoïques pour étude – sans valeur », précisez une valeur à zéro. Cela évitera à votre partenaire de payer des droits ou taxes sur votre envoi.

 

ETAPE 12. Evaluer le premier échange. En déballant votre premier paquet reçu en retour, répondez à ces questions :

 

Les spécimens ont-ils été correctement emballés ?

Les fossiles ont-ils souffert de dommages ?

Les informations sur les localités sont-elles complètes ?

Les espèces ont-elles été correctement identifiées ?

Est-ce bien le matériel que vous vous attendiez à recevoir en échange ?

Vous sentez-vous arnaqué ?

 

La plupart du temps vous serez emballés par ce que vous aurez reçu, en partie parce que vous n’avez pas réellement envoyé quelque chose de grande valeur, mais également parce que vous obtenez des espèces fossiles jamais vues auparavant.

 

ETAPE 13. Les échanges futurs. Si vous êtes heureux de votre premier échange, vous désirerez en effectuer d’autres avec la même personne. Parfois des centaines d’espèces peuvent changer de main à la grande satisfaction des deux partenaires d’échanges. Vous désirerez peut-être également échanger de la littérature paléontologique, spécialement avec des personnes résidant à l’étranger. Finalement l’un des deux arrivera au bout de ses possibilités d’échanges intéressant l’autre, donc il faudra vérifier les sites Web d’échanges pour de nouveaux contacts. Au moment où vous vous sentirez à l’aise avec le processus d’échange, vous découvrirez qu’il n’y a pas de meilleure manière de compléter votre collection de fossiles.

 

FIN

Phil « Fossil »

 

D’après le texte original en anglais :

« Trading Fossils » par Mike Bruggeman.

http://www.gamineral.org/trading-fossils.htm

 

Publié dans Le coin des débutants

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Comment occuper 10 semaines de revalidation…

Publié le par Phil Fossil

 

Maintenant que la plus grosse partie de mes déboires avec la chirurgie est derrière moi, j’ai un peu de temps pour réfléchir à ce que cela a eu comme influence sur mes activités.

 

Bien évidemment la longue immobilité a été relativement néfaste sur les sorties de fouilles, mais elle m’aura permis d’avancer d’autres projets en parallèle, tout en freinant plus que sensiblement l’engorgement « fossilifère » de mon habitation.

 

Tout d’abord mon roman, techno-thriller à base paléontologique, qui était un tantinet « au frigo » ces derniers mois. Aussitôt remis des affres (somme toute réduites, je vous rassure) de l’opération, une série de nouveaux chapitres ont été couchés sur papier durant ma (trop) longue semaine en clinique.

 

Dès le retour à la maison, toujours bloqué par un plâtre intégral, l’encodage du texte a été réalisé rapidement, et la remise en ordre des fichiers séparés a suivi, permettant de tout intégrer en un seul texte.


S’il n’est pas encore finalisé, peu s’en faut désormais, il me reste à peaufiner la conclusion et le présenter à quelques amis proches pour obtenir leur avis sur la chose. Ce qui devrait inévitablement entraîner quelques adaptations, que j’espère mineures.

 

Un autre projet qui a pu voir le jour, les albums photos « faunistiques » par région, qui nécessitaient une exploration détaillée de presque cent répertoires de mon ordinateur, répertoires contenant chacun plusieurs centaines de prises de vues. C’est quelque chose pour laquelle une immobilité forcée a été bénéfique !

 

Je passe en vitesse sur le mini-site regroupant ce qui a trait à la problématique du néo-créationnisme. (Pardon, j’allais écrire néo-crétinisme, ça m’a échappé, désolé) L’actualité démontre qu’il importe d’agir rapidement si on ne veut pas se trouver débordé par l’ampleur du problème…

 

A partir du moment où une certaine liberté de mouvement, toute relative au début, a été récupérée, quelques photos et du tri de tamisat ont pu à nouveau être réalisés.

 

La première journée de fouilles s’est passée sans encombre, rien de plus à signaler que les habituelles courbatures consécutives à un manque d’entraînement depuis trois bons mois « sans » prospection paléontologique. Les douleurs étaient omniprésentes, tout en restant supportables, mais ironiquement, seule la jambe opérée semblait avoir supporté les fatigues de la journée sans douleur notable… Le chirurgien semble donc avoir fait « de la belle ouvrage ». Merci à lui.

 

Je termine résolument ma troisième semaine de retour au bureau, les problèmes dorsaux connus lors de ma reprise du boulot ne sont plus qu’un mauvais souvenir, la jambe se renforce de jour en jour, et des fouilles plus corsées vont donc pouvoir reprendre sous peu.

 

De vraies vacances sont à ma porte, il se peut que la publication d’articles connaisse un petit tassement dans les prochaines semaines mais cela reprendra très bientôt.

 

Merci à toutes et tous d’être là ! Et accessoirement de laisser un petit commentaire…

 

Amitiés !

 

Phil « Fossil » enfin recollé.

 

Publié dans Billets d'humeur

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Côte de lamantin des faluns de Touraine, France

Publié le par Phil Fossil

 
Lamantin, Miocène, Noyant-sous-le-Lude, France. Longueur maximum 6 centimètres.


Lors de vacances en Touraine, une visite des musées locaux nous avait permis d’admirer de nombreux restes de mammifères terrestres et marins.

Si les ossements de dauphins et de baleines sont fréquents dans nos sédiments néogènes de Belgique, le moins que l’on puisse dire est que ce n’est pas le cas pour les vestiges de lamantins.

Ces animaux placides vivant dans les estuaires des mers chaudes, ils n’étaient donc pas courants chez nous.

Lors de visites de falunières en exploitation, nous n’eûmes pas la chance de découvrir ce genre de spécimens.

Qu’à cela ne tienne, suite à une séance de shopping dans la petite ville de Noyant-sous-le-Lude, nous avions repéré un terrain vague où avait été étendu du falun coquillier, au beau milieu duquel nous ramassâmes ce morceau de côte de lamantin !

Par la suite, un autre exemplaire fut mis au jour dans une ancienne falunière de Doué-la-Fontaine.

Phil
« Fossil »

 

Publié dans Vos découvertes !

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La recherche des Carcharodon carcharias à Anvers (5ème partie)

Publié le par Phil Fossil

 

Mon cher Phil,

 

Toi qui connais cette région comme le fond de la poche du pantalon que tu portes lors de tes innombrables sorties – lequel, je n’en doute pas un instant, finira dans un musée - tu ne le contesteras pas. D’ailleurs, les faits sont là, nus et indiscutables, qui sautent aux yeux même pour le plus distrait des observateurs.

C’est devenu une réalité incontournable : Doel est désormais un village fantôme !

 

Déjà, n’as-tu jamais eu l’étrange sensation, lors d’une de tes prospections, lorsque tu arrivais dans le zoning portuaire d’Anvers, de débarquer quasiment dans un autre monde, sur une autre planète ou plus exactement - et c’est à cela que je veux en venir - sur le théâtre d’un immense… champ de bataille ?

Prends le temps d’observer le paysage, dès que tu en auras encore l’occasion.

A perte de vue, ce ne sont plus que des forêts de grues démesurées, qui surplombent autant de gigantesques empilements multicolores faits de containers de toutes provenances, quoiqu’ils soient  de plus en plus fréquemment arrivés en droite ligne de la Chine. Car, Mon cher Phil, ce port d’Anvers - qui est le deuxième d’Europe, ne l’oublions pas - est quasiment devenu la principale zone du front dans ce qui est sans conteste une guerre économique au niveau mondial…        

Mais il n’y a pas que cela !

En filigrane apparaît une autre lutte d’influence quotidienne, certes beaucoup moins connue, plus larvée, soigneusement éloignée des médias et qui se déroule dans une quasi indifférence générale.

Constamment, sous nos yeux avertis de prospecteurs, des régiments entiers de bulldozers jaunes ou d’engins de chantier aux couleurs criardes sont rangés en rangs serrés le long des routes, tels une armée de chars lourds qui n’attendent qu’une seule chose, que l’ordre formel leur soit donné pour se lancer à l’assaut des dernières plaines de sable.

C’est le spectacle récurrent d’un ultime combat qui s’annonce.

Et un des enjeux majeurs de cette lutte acharnée est Doel lui-même.

Car ne nous y trompons pas, mon cher Phil : le siège du village a débuté !

Doel n’est plus que le dernier bastion qui résiste tant bien que mal à l’ogre portuaire.

D’ailleurs, si l’on prend la peine de s’attarder dans ses rues, ce célèbre hameau semble de plus en plus étrangement désert, vide de toute âme, abandonné dans une précipitation qui atteste d’une fuite comme devant une catastrophe imminente. Les maisons paraissent avoir été évacuées à la hâte et sans aucun espoir de retour. Immanquablement, vu la proximité de la centrale nucléaire, on pourrait redouter qu’il ne fût survenu une horreur, une sorte de « nouveau Tchernobyl ».

Et bien que ce ne soit assurément pas le cas, sans conteste pourrait-on au moins là-bas tourner un « film catastrophe ». Les rues et ruelles sont plongées dans un silence inquiétant, très pesant, et cette oppression diffuse ne manque pas de vite générer un profond sentiment de malaise. Les volets sont clos ou alors battent à tout vent. De nombreuses vitres sont brisées, ou simplement inexistantes. Des maisons entières ont été ratatinées, ne laissant plus que des amoncellements de gravats. Ca et là, oubliés ou sans doute abandonnés dans la débâcle, s’affiche le triste spectacle d’une poupée démembrée, d’un matelas, voire d’un tableau, vieille croûte dérisoire. Même les anciennes pompes à essence ont été arrachées. Tous les petits commerces sont fermés depuis belle lurette. La friterie « ‘t Ketelke », l’hôtel Europe et le café Saxonia, ainsi que les restaurants « Saefthinge » et « ‘t Paviliontje », ou la supérette Flandria. La cour de la petite école est déserte et silencieuse, désormais vide de tout cri d’enfants. Même l’imposante taverne « De Jagersrust », qui était debout voici encore quelques années, a entre-temps été entièrement rasée, comme beaucoup d’autres bâtiments de cette petite bourgade, pourtant historique.

Paradoxalement, pendant les vacances ou durant les longs week-ends, c’est l’affluence, mais d’une manière ô combien artificielle, comme si les touristes d’un jour venaient se promener le long de la berge surtout pour se délecter de cette déshérence, pour se repaître des derniers malheurs des Doelenaars, pour assister aux derniers instants du village dans une curiosité presque malsaine, voire purement morbide.

Bien sûr, contre l’actuelle stratégie du pourrissement menée sournoisement par les autorités flamandes, quelques irréductibles tentent de poursuivre la résistance, des habitants qui tiennent comme ils peuvent…

Mais pour combien de temps encore ?

Car le triste sort de Doel semble scellé, après le creusement du « Deurganckdok », dans le projet, plus pharaonique encore, du futur « Saeftingedok ».

Sans nul doute, mon cher Phil, depuis tant d’années que tu fouilles sans relâche dans la région, auras-tu observé les inscriptions sauvages qui ornent de noir certains socles en béton des pylônes électriques, généralement accompagnées d’une représentation stylisée d’un village, d’ailleurs réduit à un clocher d’église surmonté d’une coupole rayonnante, du genre soleil levant « façon-drapeau-Japonais-au-début-de-la-Seconde-Guerre-Mondiale-avant-que-cela-se-gâte-un-peu-pour-eux ».

Ces mentions sont sans équivoque quant au souhait désespéré de leurs auteurs : « Doel blijft ! » ou « Doel moet blijven ! ». (NDLR « Doel reste » ou « Doel doit rester »)

 

Mais, entre nous, mon cher Phil, de toi à moi, maintenant que nous sommes seuls, au-delà de toutes ces bien tristes considérations sociologiques, n’existerait-il pas à Anvers un péril plus grave encore ?

Une menace beaucoup plus inquiétante ?

Un danger combien plus pressant et sournois ?

Que dis-je, des convoitises hautement plus perverses ?        

Je veux parler de cet extraordinaire trésor paléontologique, quasiment inévaluable,  qui repose depuis des millions, voire des dizaines de millions d’années, dans ce même sous-sol anversois.

La région n’est-elle pas en définitive qu’un gigantesque cimetière marin ? Sous ces quelques mètres - tout au plus - de limon et de tourbe que constituent les polders, n’y dormirait-il pas une inestimable richesse âprement recherchée ?

Nous ne faisons plus guère d’illusions sur le sujet. Tu le sais d’ailleurs autant que moi, sinon plus encore :

Nous sommes en guerre, mon Cher Phil !

 

Auparavant, nous en avions déjà fait l’amère expérience…

Souviens-toi !

Toutes ces plaines vérolées de trous et parsemées d’autant de monticules qui les faisaient ressembler à Verdun juste après la bataille. Toutes ces excavations faites par des inconnus. D’ailleurs, ce ne sont pas tes récents déboires avec quelques collectionneurs soucieux de se réserver à l’avenir l’exclusivité d’un nouveau site qui m’inciteront à penser le contraire. La preuve en est faite. Les prospecteurs que tu as croisés ne sont que l’avant-garde d’une armée d’invasion dont l’unique but est de s’emparer définitivement des richesses de notre sous-sol.

Ma conclusion est simple : il nous faut impérativement protéger la région d’Anvers contre les envahisseurs de tous bords !

Je te le demande : pourquoi diable devrions-nous leur laisser libre accès à tous nos sites fossilifères, alors que nos proches voisins en sont eux-mêmes copieusement pourvus ? Après tout, les régions hautement riches ne leur manquent pas. Ils en  disposent même de quantités insoupçonnables.

Tiens, pour ne citer que quelques noms parmi les plus célèbres : en fait de lieux paléontologiques mondialement connus, nos amis Français en ont un tout grand nombre, au moins jusqu’à Wissant !

Et les Hollandais en ont même quasiment Mill !

 

NON MAIS ALORS, VRAIMENT, DE QUOI SE PLAIGNENT-ILS ?  

 

Il nous faut donc battre sur le fil tous ces importuns qui tentent de s’imposer sur notre terrain. 

Evidemment, j’avais tout d’abord pensé à la méthode douce.

Tu me connais : je préfère de loin les vertus du dialogue, la saine négociation, le fructueux échange d’idées. C’est ma nature profonde, ça : jamais d’excès, tout en nuances. Je suis la tolérance et la modération personnifiées.

J’avais donc songé à les convaincre : rien de tel qu’une bonne persuasion.

J’avais pensé dans un premier temps à installer sur tout le pourtour du site portuaire quelques panneaux très dissuasifs.

D’immenses avis dans le genre : INGANG : TE BETALEN  (NDLR : Entrée payante)

Je me disais que cela devait déjà largement suffire, en tout cas à l’égard de tous les Hollandais, du moins permettre d’éloigner la très grande majorité d’entre eux… Mais si le stratagème avait toutes les chances d’être efficaces contre les Bataves, ce ne serait pas forcément le cas pour tous.

Il me fallait bien trouver autre chose.

J’avais alors envisagé de placer sur tous les accès un maximum d’autres panneaux officiels, en cinq langues, signalant cette fois DANGER FUITE RADIOACTIVE 

Cela devait pouvoir décourager jusqu’aux plus irréductibles.

Et j'en connais !

Sans négliger bien évidemment, l’indispensable sigle. Je me disais que cela devrait bien leur convenir, là-bas, à Antwerpen : noir sur fond jaune…

Mais après mûre réflexion, j’en suis finalement arrivé à la conclusion que cela ne serait jamais suffisant.

Il ne me restait plus à envisager que la manière forte.

J’ai finalement décidé d’engager des mercenaires…

Des « hommes de main ».

Une poignée, je te rassure, mais des personnes de confiance, déterminées et d’une très grande valeur morale. Des guerriers aux nerfs en acier trempé, entraînés et que j’ai spécialement motivés pour l’occasion, parfaitement conscients qu’ils sont désormais de cette noble tâche, de la mission historique qui vient de leur être assignée.

Depuis plusieurs mois déjà, ils sont à pied d’œuvre, effectuant discrètement des repérages, agissant constamment dans l’ombre, prenant méthodiquement position aux points stratégiques de la zone portuaire.

Naturellement, le secret avait été scrupuleusement gardé jusqu’à présent, mais à toi, vu les relations d’amitié qui nous lient, je peux dévoiler quelques détails de l’opération.

Déjà, un premier essai a été mené, qui s’est révélé concluant, oserais-je même dire, au-delà de toutes mes espérances. 

Peut-être ne l’as-tu pas remarqué à l’époque, quoique l’information ait été diffusée avec une certaine emphase, mais pas plus tard que le 23 octobre de l’année dernière, des paracommandos du 2e bataillon de Flawinne ont sauté sur Anvers. Des Wallons se sont entraînés à la guerre dans les beaux quartiers d’une grande ville flamande !

Il s’agissait d’intervenir dans les locaux de l’Ecole Sint-Willebrord de Berchem pour sauver une vingtaine d'élèves et leurs deux professeurs qui avaient été pris en otages par des soi-disant rebelles des « Portland Freedom Fighters »

Officiellement, ce n’était qu’un « exercice », destiné à mieux planifier l'évacuation de ressortissants.

Authentique, mon cher Phil !

Beau coup d’essai pour mes hommes, n’est-ce pas ?

Même les médias, qui en ont pourtant fait un large écho, n’y ont vu que du feu… 

Mais ce n’était bien entendu qu’une première étape, en guise de mise en bouche.

L’objectif véritable que je leur ai assigné dans les prochaines semaines est on ne peut plus simple : boucler toute la zone portuaire !

Les grandes lignes du plan ont été laissées à leur propre initiative, à leur meilleure appréciation. Après tout, ce sont des professionnels. Je leur ai d’ailleurs donné un budget illimité et laissé totale carte blanche. Libre à eux d'installer des barricades, de monter des miradors, de placer des mines antipersonnel Claymore, des réseaux de fils de fer barbelés, des mitrailleuses lourdes chargées de balles « dum-dum ».

Hein, que dis-tu ?

Convention de Genève ?

Connais pas !

C'est où, Genève?

Les Suisses n’ont pas à se mêler d’une affaire purement interne.

Qu'ils s'occupent d’abord de leurs Platéosaures et qu'ils ne viennent pas se mêler de nos dents à nous !

Ah oui, maintenant que j’y pense, il faudra que je leur demande de faire creuser quelques fossés antichars, ne pas oublier de les remplir de napalm, d’installer quelques bombes artisanales, de miner l'accès au port d'Anvers. Mieux, si possible, couler quelques épaves dans les chenaux, lâcher les chiens des races choisies parmi les plus teigneuses, disséminer quelques renards enragés s’il s’en trouve encore, et… tiens !

J’envisagerais peut-être même de lâcher ma belle-mère !

Quoiqu’il me répugne d’en arriver à une telle extrémité contre des êtres humains, peut-être accompagnés d’enfants, qui sont somme toute sans défense…

 

Voilà.

Mais après, ce sera fini !

Plus personne ne passera désormais pour tenter de prospecter.

Plus personne !

Qu’il soit armé ou non de ses grosses bêches, grandes pelles, grattoirs ou outils de fortune, soigneusement aiguisés ou pas.

Et même accompagné de l’un ou l’autre petit tamis !

ET JE NE VISE PERSONNE !

N’est-ce pas, Phil ?

Saches bien que dorénavant, je prends les choses en main.

CarchaDOrias attendra de pied ferme, pour éliminer tous les importuns. Et les plaines fossilifères d’Anvers seront définitivement à nous. 

C’est-à-dire, surtout à moi.

Mon seul mot d’ordre sera alors bref, mais impitoyable.

 

Tout le monde en rangs :

« LES HASTALIS A GAUCHE ! ».

« LES CARCHARIAS A MA DROITE ! ».

Et les molaires de phoques sur mandibule se tiendront bien sagement au milieu…

« ET JE NE VEUX VOIR AUCUNE COURONNE QUI DEPASSE ».

Sauf les pathologiques, évidemment !

 

Car Mon Cher Phil, très bientôt je vais sortir de l’ombre. Et toutes ces petites merveilles seront enfin à moi.

Désormais, les dents fossiles de Carcharodon carcharias, serrulées à faire peur, d’une brillante couleur « bleu nuit » et de neuf centimètres au garrot, elles seront à moi.

Et rien qu’à moi !

A moi tout seul...

A MOI !

MOI ! 

A MOI ! MOI ! MOI ! MOI !

 

A mouaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaah ! 

 

 

 

CarchaDOrias



PS.

Il semble que notre cher ami CarchaDOrias ait sévèrement pété les plombs, aux dernières nouvelles il aurait même fait un malaise...

Nous vous tiendrons bien naturellement informés de l'évolution de son état de santé !

Phil "Fossil"
 

Publié dans Ecarts de CarchaDOrias

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Résultats de la vente “Histoire Naturelle” de Christie’s Paris, 16 avril 2008

Publié le par Phil Fossil

 

 

Christie’s a à nouveau crevé les plafonds mercredi passé, en effet les collectionneurs se sont arrachés les objets à des prix totalement délirants pour un visiteur de bourses géologiques.

 

Si l’on peut encore comprendre qu’un crâne d’Edmontosaurus se négocie à 72.000 euros, il est par contre inimaginable de payer 5.000 euros pour une ammonite russe ou malgache !

 

Environ 2.100.000 euros ont ainsi été récoltés.

 

Le squelette complet de Triceratops horridus n’a pas trouvé acquéreur sur le moment, mais un collectionneur privé américain se l’est finalement offert dans les jours qui ont suivi pour 592.000 euros !

 

Si certains esprits chagrins critiqueront inéluctablement le fait que ce genre de fossile (Triceratops, Edmontosaurus) se retrouve mis aux enchères en salle de vente, signalons néanmoins que toutes ces pièces ont été sauvegardées de la destruction et ne sont pas scientifiquement importantes (comprendre nouvelles) pour justifier leur transfert dans une collection publique…

 

Espérons néanmoins que les prix en bourses ne connaîtront pas une flambée incontrôlable !

 

Pour les résultats complets de la vente :

http://www.eulasmo.com/dossiers/Christies20080416.pdf

 

Merci à Yves (Dino) pour le gros boulot de création du PDF.

 

Phil « Fossil »

 

Publié dans Revue de presse

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Les graviers de la Loire près d’Orléans

Publié le par Phil Fossil

 
Collyrites elliptica, Callovien, Orléans, France. (Provient de Nevers) Longueur 4 à 5 centimètres.
 

 
Micraster sp., Turonien, Orléans, France. Plus grande dimension 4 centimètres.


Il y a quelques années déjà, de retour de la Touraine, de l’Anjou, de Bretagne et du Poitou où nous étions déjà bien chargés de fossiles, nous fîmes un arrêt dans une sablière exploitant par dragage le fond de la Loire.

Les exploitants y séparent par tamisage le sable des graviers, ces derniers sont entassés comme stériles et deviennent ainsi le terrain de chasse des paléontologues amateurs locaux.

La Loire ayant collecté des sédiments le long de l’intégralité de son cours, tout est ainsi remanié, rassemblé et récupérable sur place. Néanmoins, une petite « enquête » est nécessaire afin de déterminer la provenance originelle des spécimens récoltés.

Bois fossiles, oursins crétacés et jurassiques, éponges siliceuses, ammonites en calcédoine, géodes de calcédoine, il est possible de faire une moisson assez variée en quelques heures d’examen précautionneux des tas de cailloux.

Si l’oursin Micraster en silex provient de la Touraine proche, le moule interne de Collyrites a été charrié depuis les hauteurs de Nevers, d’où son usure évidente.

Bonnes recherches !

Phil
« Fossil »

 

Publié dans Sites de fouilles

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Comment échanger vos fossiles en double avec d’autres collectionneurs ? (3)

Publié le par Phil Fossil

 

 

 

ETAPE 8. La base de données.

 

Dès que vos fossiles sont identifiés et étiquetés, il vous faudra une méthode d’organisation de toute cette information. Un bon point de départ est l’utilisation de cartes d’index de dimension 3x5 pouces. Pour chaque espèce d’une formation particulière, préparez une carte et indiquez le nom d’espèce au sommet. Vous pouvez utiliser le code de la localité de préférence à l’information complète sur la localité sur chaque carte. Vous pouvez indiquer une note relative à la référence utilisée pour déterminer l’espèce. Et spécifier si vous disposez de doubles à échanger de cette espèce. Les cartes peuvent être rangées de différentes manières : par ordre alphabétique, par groupe taxonomique (bivalves, escargots, trilobites, etc.), ou par localité. Au fur et à mesure du développement de votre collection de cartes, il vous sera désirable de transférer ces données dans une base de données informatisée. (Microsoft Access est une bonne option, ou Trilobase qui est dédiée aux fossiles) La liste de fossiles stockée dans une base de donnée sur ordinateur vous permettra d’imprimer des étiquettes ou des listes d’espèces.

 


ETAPE 9. Trouver un amateur pour l’échange. Rien ne bat Internet comme source pour la découverte de partenaires d’échanges. Mais même avant l’avènement de l’Internet il y avait de nombreux échanges qui avaient lieu. Les alternatives pour les échanges par Internet sont :

 

Membres de clubs, personnes de votre connaissance. Ils ont généralement une bonne partie du même matériel que vous, étant probable qu’ils visitent les mêmes sites, mais peuvent disposer de quelques espèces vous permettant de compléter votre collection locale. Ils peuvent également avoir des fossiles provenant de sites auxquels vous n’avez pas accès. Une rencontre d’échanges de petite dimension est un moyen efficace de savoir ce que vos amis ont à offrir.

 

Les membres d’autres clubs, personnes que vous rencontrez durant un voyage de collecte peuvent également être intéressés par l’échange. Des voyages multi-clubs sont de bonnes opportunités pour rencontrer des personnes possédant les mêmes centres d’intérêt.

 

Rejoindre le M.A.P.S., Mid-America Paleontological Association. Un catalogue de membres est publié chaque année incluant une information détaillée sur leur désir d’échanger et ce qu’ils destinent aux échanges.

 

Toutes ces sources paraissent bien minces eu égard à ce qui est disponible en ligne. Suit une liste partielle des sites actuels et actifs d’échanges de fossiles, et des nouveaux apparaissent régulièrement.

  

Bob's Rock Shop Rock Trader Classified Advertisements

http://www.rockhounds.com/rockshop/classifieds/classifieds.shtml

 

Fossil Collector contact list

http://members.tripod.com/Larus/collectors1.html/

 

Fosswap

http://fossswap.paleopages.com

 

Paleomania To Trade

http://paleomania-to-trade.over-blog.com

 

Serialfossiler

http://www.serialfossiler.com

 

Mariah's trade page

http://mariah.stonemarche.org/shells/shells.htm

 

Fossil Collector Forum

http://www.gtlsys.com/TradeShow/Lobby.html

 

 

De temps à autre des vendeurs de fossiles effectueront des échanges avec des amateurs, même s’ils ne le spécifient pas sur leurs sites WEB de vente. Si vous fréquentez une bonne localité de collecte vous fournissant de nombreuses espèces plutôt rares ailleurs, cela peut valoir la peine de proposer des pièces par courriel à un vendeur. Voici une liste partielle des Négociants en fossiles : 

 

Fossil Dealers Web Ring

http://www.webring.org/cgi-bin/webring?ring=fossildealers;list

  

Palaeo Jo's 

http://www.palaeojos.com/

 

Antiquarian Fossils 

http://www.fossils.com/

 

Primitive Worlds -Silurian Fossils

http://www.primitiveworlds.com/

 

Fossil Fanatics

http://www.fossilfanatics.com/

 

Glenn's Fossils

http://www.glenns-fossils.com/

   

The Natural Canvas - Fossils

http://www.thenaturalcanvas.com/

 

Canada Fossils

http://www.canadafossils.com/

 

D&D Fossils

http://www.ddfossils.com/index.html

 

 

A suivre…

 

Phil « Fossil »

 

Publié dans Le coin des débutants

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