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Les dents de requins du Bartonien du Kazakhstan

Publié le par Phil Fossil

Carcharocles-sokolowi-3.JPG
 
Carcharocles sokolowi, Bartonien, Tusbair, Kazakhstan. Hauteur 6 centimètres.
 
Striatolamia-rossica-1.JPG 

Striatolamia rossica, Bartonien, Tusbair, Kazakhstan. Hauteur 3 centimètres.
 
 
Les sédiments éocènes du Kazakhstan sont réputés parmi les chercheurs de fossiles, et la demande est importante pour ces fossiles.
 
Cela peut s’expliquer bien entendu par la beauté de ces dents brillantes et bien conservées, mais également par la difficulté que l’on a à en obtenir.
 
En effet, elles sont découvertes dans des régions reculées, où l’insécurité oblige l’organisation de véritables expéditions emmenant tout le matériel, l’eau, les vivres et encadrées de gardes du corps afin de garantir un déroulement « optimal » des fouilles.
 
La faune comporte un mélange d’espèces éocènes et oligocènes, en effet le Bartonien russe se situe pratiquement à la frontière entre ces deux étages.
 
On y découvre, entre autres :
 
Carcharocles sokolowi, Notorhynchus primigenius, Jaeckelotodus trigonalis, Macrorhizodus americanus, Rhizoquadrangulus rupeliensis, Lamiastoma gracilis, Striatolamia rossica.
 
Un autre site, proche de la rivière Sari-Su, offre une faune proche, mais souvent un peu plus remaniée.
 
Si partir soi-même à la découverte de fossiles dans ces régions n’est certes pas une sinécure, on peut de temps à autre en acquérir en bourses…
 
Phil « Fossil »
 

Publié dans Sites de fouilles

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Quelques souvenirs paléontologiques du Boulonnais

Publié le par Phil Fossil

 
 
Cette petite bafouille avait été rédigée dans la seconde moitié de l’été 2002, suite à une excursion dans la région, assez mémorable mais malheureusement dans le mauvais sens du mot…
 
Par la suite ce texte avait été repris en guise d’édito du bulletin mensuel du G.E.S.T.
 
Ce n'est pas encore de la prose à la manière de CarchaDOrias, mais l'intention y était.

Notons néanmoins que le Muséum de Boulogne a fermé ses portes dans l'intervalle.
Je vous souhaite une bonne lecture !
 
Phil « Fossil »
 
 
Que d'eau, que d'eau !!!
 
 
Ayant commis l'erreur monumentale de négliger le vieil adage local qui dit que, au Boulonnais, "quand les estivants s'entassent, les paléontologues se cassent", nous avions prévu un séjour
gastronomico-paléontologico-reposant afin de joyeusement "fouiller dans le coin" avec quelques amis qui y passaient leurs vacances d'été.
 
Le tout premier jour, sous un soleil de bon augure et malgré une synchronisation quasiment parfaite avec la marée descendante, les falaises portlandiennes au Nord de Boulogne ne livrèrent rien de passionnant : pas le plus petit oursin régulier, aucune ammonite, et encore moins de reste de vertébré ! C'est ce qu'on appelle vulgairement "l'avoir dans l'os !!!" Nous sommes donc légitimement en droit de nous poser la question : Ce gîte aurait-il donc une dent contre nous ???
 
Fort heureusement, une gargantuesque paëlla portuguaise aux fruits de mer vint véritablement à point pour remonter le moral des troupes sérieusement entamé en fin de soirée.
 
La grande carrière de craie prévue le deuxième jour fut encore plus avare en trouvailles, seul un coprolithe (merde alors) fut découvert après une marche de plusieurs kilomètres et à fortiori sous une pluie belgo-belge d'anthologie. Une superbe ammonite turonienne d'environ 70 centimètres de diamètre, après 3 ou 4 heures de dégagement acharné autant que précautionneux, se désintégra en une douzaine de morceaux à notre plus grand désespoir !
 
Le troisième jour, sous la conduite d'un guide local, mais heureusement sous un généreux soleil, nous explorâmes l'un ou l'autre nouveau site fossilifère du Portlandien entre Boulogne-sur-Mer et Hardelot. Les falaises y sont assez casse-pipe, suffisamment en tout cas pour nous donner quelques frayeurs ! La moisson de petites dents de poissons et de requins vaut le détour, et nous pûmes même y découvrir, comme partout dans la région, quelques authentiques témoignages de la grandeur et la décadence du Troisième Reich.
 
Ces pauvres soldats allemands en poste au sud de Boulogne, qui en envoyant les proverbiales cartes postales à leur dulcinée restée au pays, au risque de recevoir une gifle imprévue à leur retour pour leur avoir bien innocemment écrit : "Gérie, nous Zommes allés au Portel, z'était pien".
 
Le dernier jour, sous une pluie battante, nous renonçames honteusement à fouiller le matin, effectuant un repli stratégique vers le Grand Nausicaa et le Musée d'Histoire Naturelle de Boulogne-sur-Mer. Si le premier est bien connu maintenant des membres du GEST, le suivant vaut le détour par ses pièces paléontologiques, pas très nombreuses mais impressionnantes. Citons en vrac une mandibule inférieure de pliosaure longue de près de deux mètres, une raie (fossile celle-là, pas une récupérée dans le bassin tactile du Nausicaa), une tête d'ichthyosaure, et des dents de dinosaures du Jurassique terminal de la région. L'après-midi, après la fin somme toute provisoire des averses, une petite visite à Wimereux et au Cap Gris-Nez ne livra strictement rien d'intéressant.
 
La dépression météorologique a bien naturellement commencé à en générer d'autres, qui heureusement de nos jours se soignent plutôt bien à grands coups de Prozac, de boissons spiritueuses ou même de chocolat, suivant les affinités de chacun.
 
Si on fait le (très maigre) bilan de quatre jours de fouilles mémorablement épuisantes, ce n'est pas aujourd'hui, dans cette région pourtant réputée comme favorable aux amateurs de fossiles, que nous pourrions nous exclamer en choeur :
 
"Que d'os, que d'os !"
 
Phil « Fossil »
 

Publié dans Comptes-rendus

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Des dinosaures « bloquent » la construction d’une installation de dessalage d’eau de mer

Publié le par Phil Fossil

 
 
Melbourne – La découverte de nombreux ossements de dinosaures et d’autres créatures préhistoriques a retardé en Australie du sud la construction juste débutée d’une immense installation de dessalage d’eau de mer.
 
Les ex-reptiles et dinosaures se trouvaient là depuis environ 115 millions d’années, et au beau milieu du projet de 1,7 milliards d’euros. Ils sont précisément à l’endroit, au sud-est de Melbourne, où l’une des plus grandes installations de purification d’eau de mer devait être construite.
 
Les scientifiques et politiques ont entre-temps demandé la recherche d’un autre emplacement. Ils ont comparé les ossements à d’autres merveilles du Monde pour étayer leur point de vue.
 
Conséquences : par l’obtention d’eau douce à partir de l’eau de mer, la région incluant la ville de Melbourne espère être préservée des conséquences de la sécheresse, laquelle sévit de manière très sérieuse en Australie depuis de nombreuses années.
 
Comme planifié, l’installation devrait être opérationnelle en 2011, et fournir 150 milliards de litres d’eau potable par an.  
 
© ANP
 
 
Merci à notre correspondante aux Pays-Bas, Maïlys Guillard.
 
Phil « Fossil »
 

Publié dans Revue de presse

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Les niveaux phosphatés et leurs fossiles

Publié le par Phil Fossil

 
 
Une série de sites fossilifères laissent affleurer un ou plusieurs niveaux de conglomérats phosphatés, ces strates peuvent être le signe d’un déséquilibre dans la sédimentation tout comme d’une concentration de matière osseuse organique.
 
Ces niveaux à nodules phosphatés sont connus depuis le jurassique inférieur des environs de Charleville-Mézières, mais les plus célèbres se situent indubitablement dans le Crétacé.
 
Les fossiles, fréquemment remaniés de formations plus anciennes, s’y trouvent généralement sous la forme de moules internes en phosphate de chaux, parfois ils ont conservé leur nacre ou des restes de coquille calcaire. (Wissant, Machéroménil)
 
Dans le Cénozoïque belge et hollandais, ces dépôts portent le nom de « phosphorites ».
 
Voici les principaux sites, d’âge décroissant, qui montrent des nodules phosphatés fossilifères :
 
Kimméridgien : Octeville (Seine-Maritime) : Ammonites, Bivalves
 
Portlandien : Boulogne-sur-Mer et Wimereux (Pas de Calais) : Ammonites, bivalves
 
Aptien : Strouanne (Pas de Calais) : Ammonites, bivalves
 
Albien : Strouanne (Pas de Calais), Machéroménil (Ardennes), Bully-en-Bray (Seine-Maritime), Vaches-Noires (Calvados) : Bois fossile, coraux, dentales, bivalves, gastéropodes, ammonites souvent nacrées, nautiles, crabes
 
Cénomanien : Strouanne (Pas de Calais), Cap de la Hève (Seine-Maritime), Vaches-Noires (Calvados) : Ammonites parfois nacrées, nautiles, bivalves, gastéropodes, éponges
 
Turonien : Thieu (Belgique) : Eponges
 
Maastrichtien inférieur : Ciply (Belgique) : Eponges, terriers, ammonites, bivalves, gastéropodes
 
Danien : Ciply (Belgique) : Ammonites, phragmocônes de bélemnites, bivalves, gastéropodes, brachiopodes, éponges, coraux
 
Miocène : Ramsel (Belgique) : crabes en moules internes
 
Miocène : Buggiba, Sliema (Malte) : bivalves, gastéropodes, brachiopodes, coraux, oursins en moules internes
 
Oligocène-Pliocène : Kallo-Doel (Belgique), Cadzand (Pays-Bas) : carapaces et pinces de crabes.
 
Phil « Fossil »
 

Publié dans Le coin des débutants

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Palais de poisson Labrodon du Port d’Anvers

Publié le par Phil Fossil

Labrodon-sp-3.JPG
 

Labrodon-sp-4.JPG 
Labrodon sp. cf. pavimentatum, Miocène-Pliocène, Port d’Anvers, Belgique. Plus grande dimension 2 centimètres.
 
 
Il y a cinq ou six années de cela, nous étions partis fouiller sur une grande plaine sableuse d’une richesse phénoménale en fossiles de vertébrés marins, plaine située juste à l’extérieur du chantier du dernier dock « Deurganckdok ».
 
Nous n’étions pas encore très nombreux à connaître l’endroit à ce moment-là, seul un ami hollandais, Joop, était présent avec nous sur ce site.
 
L’hiver étant là, la nappe phréatique était remontée et le fond des trous était rempli d’eau. Nous pouvions ainsi tamiser et rincer nos fonds de tamis dans l’eau, ce qui rendait certains fossiles bien plus aisés à dénicher !
 
A un moment, je mis la main sur ce palais de poisson Labrodon sp., espèce très commune dans les faluns de Touraine, mais en ce qui me concerne jamais découverte jusque là dans la région !
 
Joop, déjà âgé et habitué depuis bien plus de vingt années du Port anversois, me confirma qu’il n’avait jamais vu sortir ce genre de pièce, et ce malgré sa très longue expérience du terrain…
 
Quelques années plus tard, ce site fut clôturé pour y construire des hangars.
 
Encore une pièce intéressante sauvegardée in extremis !
 
Phil « Fossil »
 

Publié dans Vos découvertes !

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Paleomania : quelques nouvelles fonctionnalités

Publié le par Phil Fossil

 
Comme promis, nous avons adapté notre « barre de menus » afin d’y inclure notre forum de discussion et notre site d’échanges.
 
Nous en avons profité pour ajouter un traducteur espagnol, et dans la foulée nous avons changé l’outil de traduction français-anglais et français-allemand de Babelfish vers Google Translate, ce dernier offre plus de possibilités, semble meilleur mais malheureusement ne supporte pas encore d’aussi nombreuses langues que Babelfish.
 
Rendez-vous nombreux sur notre forum, il a été créé pour vous, donc prière de l’utiliser…
 
Vous pouvez y soumettre vos demandes de détermination, questions diverses, demandes d'organisation de sorties de fouilles, etc.
 
Bon amusement !
 
Phil « Fossil »
 

Publié dans Billets d'humeur

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Révision de quelques noms génériques de requins fossiles

Publié le par Phil Fossil

 
 
L’évolution de la Paléontologie a un corollaire que nombre d’entre nous trouvent exaspérant : les modifications incessantes apportées à la taxonomie !
 
Pour ne prendre qu’un seul exemple, le nom générique de notre bon vieux megalodon, il s’est appelé successivement Carcharodon, Procarcharodon, Carcharocles, la dernière révision en date (Cappetta, 2006) le renomme jusqu’à nouvel ordre « Megaselachus ».
 
Afin de vous aider à y voir un peu plus clair, nous avons commencé la rédaction d’une liste des principales espèces de requin fossiles, à côté du dernier nom en date, vous trouverez entre parenthèses les noms tombés en désuétude mais encore très fréquemment rencontrés. Le tiret suivant un genre synonyme indique que le nom spécifique n’a pas changé.
 
Cet article devrait évoluer au cours du temps pour suivre l’actualité…
 
Bon courage !
 
Phil « Fossil »
 
 
Eocène
 
Brachycarcharias lerichei (Lamna -)
Carcharocles auriculatus (Carcharodon -, Procarcharodon -)
Otodus obliquus (Lamna obliqua)
Otodus subserratus (Lamna subserrata)
Xiphodolamia eocenica (Xenodolamia -)
 
 
 
Miocène-Pliocène
 
Anotodus retroflexus (Isurus -)
Carcharias acutissima (Synodontaspis -, Odontaspis -)
Carcharias cuspidata (Synodontaspis -, Odontaspis -)
Carcharias vorax (Synodontaspis -, Odontaspis -)
Carcharocles angustidens (Carcharodon -, Procarcharodon -)
Carcharodon escheri (Isurus -)
Carcharoides catticus (Lamna cattica)
Cosmopolitodus hastalis (Isurus -, Macrorhizodus -, Oxyrhina -, Oxyrhina xiphodon)
Galeorhinus contortus (Galeocerdo -)
Hyproprion acanthodon (Carcharhinus priscus)
Lethenia vandenbroecki (Isurolamna -)
Megaselachus megalodon (Carcharodon -, Procarcharodon -, Carcharocles -)
Megaselachus chubutensis (Carcharodon -, Procarcharodon -, Carcharocles -)
Notorhynchus primigenius (Notidanus -)
Rhizoquadrangulus rupeliensis (Lamna -)
 

Publié dans Classes d'organismes

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Forum Paleomania sur les Sciences de la Terre (SVT)

Publié le par Phil Fossil

 
Comme vous avez sans doute pu le remarquer déjà, Paleomania continue son expansion.
 
Suite à plusieurs demandes de nos fidèles lecteurs, nous avons pris le temps de créer un Forum dédicacé aux fossiles, minéraux, Géologie et Sciences de la Terre en général, forum orienté principalement vers les amateurs. Il devrait rajouter une interactivité supplémentaire, laquelle sera la bienvenue sur notre site.
 
Après une courte période de « customisation » et de test, il sera bientôt accessible directement, tout comme les outils de traduction automatiques, par le menu situé au sommet de notre site, ainsi d’ailleurs que notre site d’échanges. Un peu de patience encore.
 
Prière de l’utiliser autant que possible, vous pourrez y poser toutes vos questions concernant les principales matières dépendant des SVT, par exemple sur les sites fossilifères, les gîtes minéraux, la détermination de fossiles ou de minéraux qui vous poseraient des problèmes, les bourses d’échanges ou commerciales dans votre région, poster des photos de spécimens disponibles à l’échange, ou essayer d’en obtenir… Les possibilités sont immenses !
 
Toutes les rubriques sont bilingues, Français-Anglais, il vous est loisible de poster vos nouveaux messages dans la langue de votre choix. Nous y répondrons dans votre langue, les autres langues que le Français et l’Anglais sont à éviter dans la mesure du possible…
 
N’hésitez pas à nous proposer de nouvelles rubriques selon vos besoins, nous examinerons la pertinence de leur ajoute au cas le cas.
 
N’oubliez évidemment pas de vous inscrire si vous désirez poster des messages et échanger des messages privés avec les autres forumeurs… C’est gratuit, profitez-en !
 
S.V.P., ne vous abstenez pas pour autant de continuer à poster des commentaires sur nos articles, ni de vous inscrire à notre Newsletter…
 
Merci d’avance !
 
Phil « Fossil »

Publié dans Générale

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Dents d’Hemipristis serra du Port d’Anvers

Publié le par Phil Fossil

hemipristis-serra-1.jpg
 
Hemipristis serra supérieures, Mio-Pliocène, Port d’Anvers, Belgique. Hauteur maximale 2 centimètres.

notorhynchus-hemipristis.jpg
 
Hemipristis serra supérieure et Notorhynchus primigenius, Pliocène, Port d’Anvers, Belgique. Plus grande dimension 25 millimètres.

hemipristis-serra-2.jpg
 
Hemipristis serra inférieure, Pliocène, Port d’Anvers, Belgique. Longueur 2 centimètres.
 
 
Cette espèce de requin, très commune dans les sédiments situés plus au Sud que notre petite Belgique, est par contre d’une grande rareté chez nous.
 
Si on la découvre assez régulièrement dans le Miocène des faluns de Touraine, l’Italie, la Floride, les deux Carolines, la Moravie tchèque et la Slovaquie, elle est très occasionnellement rencontrée dans nos sites.
 
Le grand Leriche lui-même, dont les monographies font encore et toujours autorité parmi les paléo-ichtyologues, la considérait comme absente de notre faune néogène.
 
On ne peut certes pas lui jeter la pierre, en effet à l’époque les prélèvements n’étaient pas effectués avec le même soin que de nos jours, l’usage des tamis et de surcroît de plusieurs maillages superposés de taille décroissante, n’était pas aussi répandu qu’actuellement. Il en résulte que de nombreuses espèces de plus petite taille étaient ignorées, les grandes pièces étaient plus facilement dénichées au milieu des sables fossilifères.
 
A la décharge de ce grand paléontologue, il m’aura quand même fallu environ 220 à 250 journées de prospection intensive dans le Miocène-Pliocène du Port d’Anvers, impliquant le tamisage d’une centaine, voire plus, de tonnes de sable à gravier, pour en découvrir dix spécimens plus ou moins complets.
 
Sur ces dix pièces, une seule (en forme de poinçon et non serrulée) provient de la mâchoire inférieure, elles sont encore plus rarissimes que celles de la mâchoire supérieure plus larges et plus grossièrement dentelées.
 
Les spécimens les plus complets sont présentés ici.
 
Phil « Fossil »
 

Publié dans Classes d'organismes

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Fossile et vrai cauchemar dans les prisons turques

Publié le par Phil Fossil


Parce qu'il avait acheté un oursin fossilisé, un touriste a été arrêté et a vécu pendant un mois un remake de «Midnight Express».


Par Florence AUBENAS (Libération)

Mardi 15 juillet 2003


Le sac de Marc Landez était un des derniers à passer dans le détecteur à l'aéroport d'Antalya, en Turquie. Dans la salle d'embarquement, les autres touristes français du circuit «La Turquie des merveilles», 260-euros-la-semaine-tout-compris, vendu chez Leclerc-Voyages, attendent déjà le vol retour vers Paris. Le sac de Landez, graphiste parisien de 36 ans, avance sur le tapis roulant. Un policier se penche à l'oreille d'un autre. Avez-vous déjà rêvé de cette scène où, ingénu voyageur, vous vous trouvez attrapé au collet dans une langue inconnue alors que décolle en bout de piste l'avion qui aurait dû vous ramener ?

2 euros. L'interprète et guide de l'agence locale est là. Pendant le séjour, elle a averti contre l'achat de contrefaçons de grandes marques, durement réprimé. Rien d'autre. Cette fois, elle dit à Landez : «Il s'agit de l'oursin. Il reste ici et vous aussi.» L'oursin ? C'est le fossile marchandé 5 millions de livres turques, 2 euros, dans une échoppe à souvenirs de la «Vallée des amoureux» devant laquelle le car de l'agence les avait déposés.

Le 1er avril 2003, Landez est emmené à la prison d'Antalya, en attendant l'audience le mois suivant. «Premier jour : les gardiens ricanent en voyant ma chemise orange de touriste, écrit-il sur des bouts de carton, baptisés «journal intime». Quand je pose mes affaires, dans la cellule D17, dix paires d'yeux me regardent. "Un Français, un Français", s'écrie Assen, l'Iranien, qui se présente comme businessman et parle toutes les langues. Il n'y a que des étrangers : des Occidentaux, des types de l'Est, un Irakien très gentil qui a égorgé sa copine. Maintenant, je m'appelle Bir. Ça veut dire 1. L'Allemand qui occupait la couchette avant moi s'est suicidé. Il était là pour un cas comme le mien

Depuis deux ans environ, les autorités turques semblent avoir soudainement découvert les ressources de l'article 23 de la législation nationale 2863, datant de 1987. Elle s'inspire de la convention pour le patrimoine mondial, culturel et naturel de l'Unesco, qui permet notamment aux Etats signataires «toute mesure juridique» pour protéger antiquités ou pièces géologiques «d'une valeur universelle exceptionnelle». Une centaine de touristes ont déjà été arrêtés en Turquie, des Allemands surtout, les plus nombreux à visiter le pays. Quelques-uns ont ramassé près de sites archéologiques de simples éclats de pierre, quelquefois aussi des morceaux sculptés. Mais le plus souvent, ils ont acheté ces fossiles d'oursins ou d'étoiles de mer qu'on trouve comme du pain à la boulangerie en Cappadoce : dans les baraques à touristes, aux caisses de restaurant ou au musée de Mevlana, qui délivre même des factures. Les fossiles sont apportés par camions depuis le site des «Toros», une zone de fouille, puis vendus quelques euros. Aucun commerçant n'a jamais été inquiété : seule l'exportation est interdite, selon des juristes. «Il y a une prise de conscience récente du pillage du pays, mais ces lois sont en effet assez imprécises et peuvent frapper large», explique l'ambassade de Turquie à Paris.

Combines. «Sixième jour. Si je reste, je perdrai tout ce que j'ai en France, écrit Landez dans son journal. On paie l'électricité qui doit être allumée en permanence. Si on refuse, les gardiens nous enlèvent le frigo et la machine à thé. [..] Treizième jour. Aujourd'hui, on nous donne à manger un oeuf et du persil. Il y a un arrangement dans la cellule : ceux qui n'ont pas d'argent font les basses besognes pour se payer des fruits. Le Chinois mange tout et jette mes affaires à la poubelle. Il a monté un complot pour faire croire "qu'on faisait du sexe". On a réussi à le dégoupiller contre deux paquets de cigarettes. Les gardiens passent leur temps à nous demander à manger, du thé, des cigarettes. En Turquie, un touriste en prison rapporte plus qu'un touriste en liberté.»

Les détenus comparent leur histoire. La même, à la minute près : une ou deux personnes seulement sont arrêtées alors que, dans le même groupe, tous ou presque ont acheté des fossiles. Un expert archéologue arrive en moins d'un quart d'heure pour attester le délit. Dans la foulée, se présente un avocat, généralement amené par le guide local, qui se volatilise ensuite. Honoraires de la défense : environ 3 500 euros. Selon plusieurs dossiers de touristes allemands, la première audience ne juge pas l'affaire au fond mais fixe seulement la caution d'une mise en liberté avant le procès. 6 000 euros. «On a parfois l'impression d'être tombé dans un piège organisé», dit Landez.

«Je vais crever ici». «Quinzième jour. La douche, tous les dix jours, est le seul moment où on sort. On remplit des poubelles d'eau, on se lave dedans. Le reste du temps, nous restons dans la cellule ou dans une cour de 7 mètres sur 5. Des luttes au corps à corps se déclenchent périodiquement. Dix-neuvième jour : les gardiens m'emmènent dans l'entrepôt de la prison pour récupérer des papiers dans mon sac de voyage. Je le vois encore intact, au-dessus d'une pile de bagages couverts de poussière, dont les propriétaires ont dû être oubliés ici depuis longtemps. Je tombe sur mon masque de plongée, mon maillot de bain. Je vais crever ici, comme Diego, mon chien, quand je l'ai trouvé dans sa cage à la SPA.»

Au bout de trois semaines, Landez entre pour la première fois en contact direct avec sa famille: «Préparez l'argent.» Son père lui répond : «Le consul et le ministère nous disent de ne pas payer.» Landez manque devenir fou. «On est prêt à n'importe quoi pour sortir.»

Son journal reprend. «Vingt-cinquième jour. Deux nouveaux touristes allemands sont amenés pour des fossiles et le plus jeune pleure beaucoup. Tout est bouleversé dans la cellule. Le groupe des prisonniers occidentaux est désormais plus fort en nombre et en puissance financière que ceux de l'Europe de l'Est. Les plus riches d'entre nous peuvent désormais commander des choses superflues sans être rackettés. Cela me fait mal de les voir avec leur confiture de pétales de rose. Comment éviter les conflits ? Quand les types de l'Est étaient les plus nombreux, ils se mettaient ensemble pour la nourriture et le ménage.»

Le 9 mai 2003, Marc Landez comparaît devant le tribunal d'Antalya. «Quand on est venu me chercher, je n'étais même plus enthousiaste. J'étais déjà bouffé par la prison, je m'y voyais à jamais.» Caution ? 6 000 euros. «Elle sera confisquée si l'accusé ne se présente plus devant la cour», annonce le tribunal. L'argent finit par arriver avec trois jours de retard. Landez atterrit en France le 13 mai. Au procès du touriste suivant, la caution a grimpé à 9 000 euros.

A Paris, Stéphane Martiano, l'avocat de Landez, a déposé une plainte civile contre Leclerc Voyages pour manquement au devoir dans le conseil et l'information.
Nous avons vainement tenté de les contacter.
 
D'après Libération, 2003. 
Pour info, l’extrait de l’article de loi :
 
Article 23 de la loi 2863 :
 
"The movable cultural and natural assets that should be protected are as follows:

a- All kinds of cultural and natural assets belonging to geologic pre-historical and historical eras that bear a documentary value in respect of geology, anthropology, prehistory, archeology and history of art and reflect the social, cultural, technical and scientific characteristics and level of the era they belong to.

All kinds of animal and plant fossils, human skeletons, silex, volcanic glasses (obsidien), all kinds of bone or metallic tools, china, ceramic and similar pots and kettles, statutes, figurines, tablets, cutting, defensive and offensive weapons, icons, glassware, accessories, stones of rings, earrings, needles, hooks, seals, bracelets and the like, masks, stones, documents written or designed on leather, cloth, papyrus, parchment or metal, weighing instruments, coins, sealed or inscribed plates, manuscript or illuminated books, miniatures, engraved, oil or watercolor paintings bearing artistic value, relics, decorations, medals, china, earthen, glass, wooden, cloth and similar movable goods and parts thereof.

Cultural assets of ethnographical quantity related with science, religion and mechanical arts including man-made tools and instruments, which reflect the social life of the public.

The coins belonging to Ottoman Emperors of Abdülmecit, Abdülaziz, Murat V, Abdülhamit II, Mehmet Re<thorn>at V and Vahdettin, and those contemporary with them can be domestically traded without being subject to registry according to this law.

The coins not covered by this article are subject to the general provisions of this Law.

b- Due to their importance within out national history; documents and goods bearing historical value with respect to the National War of Liberation and the foundation of the Republic of Turkey and the personal goods, documents, books, letters and similar movables belonging to Mustafa Kemal ATATÜRK.
 
 
Que penser de tout cela ?
 
En consultant la liste, on peut voir que quasiment tout est interdit à l’exportation.
 
Les autorités turques ont remarquablement pris prétexte de cette loi pour racketter (le mot n’est pas trop fort) les touristes qui auraient la très mauvaise idée de ramasser coquillages et simples cailloux, même en dehors de tout site archéologique.
 
L’expert désigné semble visiblement incapable de distinguer archéologie, fossiles voire simple galet, ou, plus vraisemblable, il est là uniquement pour donner un semblant de légitimité à une arnaque savamment montée.
 
N’oublions pas que l’un des prévenus a subi 6 semaines de prison, et payé une caution et des « frais d’avocats » délirants, pour avoir ramassé un simple caillou au bord de la route en attendant son bus… Caillou « authentifié » par l’ « expert archéologique » comme une antiquité !
 
Si vos prochaines vacances devaient vous amener dans ce « pays de cocagne », prière de prendre les mesures qui s’imposent… Soit ne rien ramasser ni acheter, soit placer vos trouvailles ou achats dans votre bagage de soute.
 
Néanmoins, il vaut mieux s’abstenir. Mon choix est fait, la Turquie ne figurera jamais sur la liste de mes destinations touristiques passées, présentes et à venir. Et elle aura encore du pain sur la planche avant de pouvoir prétendre à adhérer à l’Union Européenne.
 
A bon entendeur…
 
Phil “Fossil”
 
PS. Et voici encore un peu de lecture sur le sujet :
 
 
   

Publié dans Législation

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