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Découvertes marquantes des amateurs (1ère partie)

Publié le par Phil Fossil

 
 
Prognathodon saturator, Maastrichtien supérieur, Maastricht, Pays-Bas. Longueur du crâne 1,60 mètres.
 
Ruud Dortangs (1998, Maastricht, Hollande)
 
 
Originellement extraite à la scie en galeries souterraines afin de fournir des pierres de construction, la craie de Maastricht est actuellement récupérée au bulldozer et sert à la fabrication du ciment. L’immense usine de la “Eerste Nederlandse Cementerij Industrie” (ou ENCI) est installée dans la carrière même. Néanmoins, 13 samedis par an, les amateurs peuvent venir en carrière y chasser le fossile. Les scientifiques du Musée de Maastricht les y accompagnent.
 
Ruud Dortangs est l’un des paléontologues amateurs de la Société Géologique Néerlandaise qui visitait la crayère ce 8 août 1998. Il y découvrit une vertèbre caudale de mosasaure, puis quelques autres en connexion, mais il semblait qu’il pouvait y avoir plus : sans doute un squelette complet, qui fut rapidement surnommé “Bèr”.
 
L’exploitation de la craie par ENCI avait temporairement lieu dans une autre portion de carrière, une extraction du fossile put donc s’envisager, conjointement par le Musée d’Histoire naturelle de Maastricht, la Société Géologique Néerlandaise et l’Université Libre d’Amsterdam.
 
A l’aide d’un équipement de dentiste et de petits grattoirs, le préparateur Hans Peeters, ses collègues du Musée de Maastricht et les paléontologues de la Société Géologique Néerlandaise ont dégagé le fossile petit bout par petit bout. Néanmoins les silex très durs qui parsemaient les parties du crâne ont posé d’énormes problèmes : il fut nécessaire d’utiliser des scies diamantées et des burins extrêmement résistants pour les éliminer. La finition se fit à l’aide d’une sableuse qui élimina les dernières poussières de craie et laissa apparaître tous les détails.
 
Avant son dégagement, il semblait s’agir d’un exemplaire de plus du Mosasaurus hoffmanni. Au fur et à mesure que le squelette devenait visible, l’on se rendit compte qu’il s’agissait d’un représentant de très grande taille du genre Prognathodon. En effet il possédait des dents antérieures nettement proéminantes vers l’avant. Ces dents ont disparu sans doute avant la fossilisation, mais les alvéoles des racines, nettement inclinées vers l’avant, sont restées. C’est une nouvelle espèce, déterminable grâce à un os spécial, le Quadratum, qui se trouve à l’arrière du crâne entre les mâchoires inférieures et supérieures. Cet os renferme et protège l’appareil auriculaire de l’animal. Il est fondamentalement différent de celui des autres espèces de mosasauridés découvertes jusqu’à présent.
 
Pourquoi cette découverte est-elle aussi importante ?
On retrouve très peu fréquemment des restes de mosasaures, et c’est généralement des dents ou ossements isolés. Même si les requins ont désarticulé le squelette de Bèr, il est resté suffisamment pour en avoir une idée très claire.
Seules les découvertes de 1770 à Maastricht et de 1956 à Bemelen peuvent approcher l’état de ce spécimen.
 
Les mosasaures atteignaient rarement 10 mètres de longueur. Avec une tête d’un mètre cinquante et une longueur estimée de 14 mètres, Bèr était vraisemblablement le plus grand carnassier du Crétacé marin. Ses énormes mâchoires et ses muscles puissants lui permettaient un plus grand éventail de proies encore que son “petit” cousin Mosasaurus hoffmanni.
 
Enfin c’est le premier représentant du genre Prognathodon découvert aux Pays-Bas. Il était déjà connu en Belgique, aux Etats-Unis et en Nouvelle-Zélande mais Bèr diffère notablement de ces autres spécimens. Il est plus grand, plus solidement construit, et son Quadratum est fort différent. Bèr appartient à une nouvelle espèce !
 
Environ trois ans et demi après sa découverte en août 1998, le nouveau mosasauridé de Maastricht a enfin reçu son nom scientifique officiel. L’extraction, la préparation et la réalisation de l’exposition temporaire ont pris environ trois ans, l’étude exhaustive et la détermination plus de six mois. Enfin le 7 mars 2002 “Bèr” a reçu son nom de baptême :
 
Prognathodon saturator Dortangs et al. 2002.
 
Son découvreur, Ruud Dortangs et le Bourgmestre de Maastricht furent les premiers à recevoir un exemplaire de la publication “A large new mosasaur from the Upper Cretaceous of the Netherlands”.
 
Le nom d’espèce “saturator” signifie littéralement “Celui qui donne satisfaction” , et en premier se référencie aux requins qui ont dévoré le cadavre de “Bèr”, mais ensuite, 65 millions d’années plus tard, à la joie qu’il a apportée à son découvreur et à l’équipe de fouilles qui l’a extrait.
 
Après le regret de 1794 quand le premier mosasaure “déménagea” de Maastricht à Paris, la joie en 2002 !
 
Bien entendu de nombreux paléontologues réputés, notamment américains, firent le voyage à Maastricht pour étudier le nouveau spécimen. Ils considèrent “Bèr” comme un exemplaire magnifique.
 
Pour fêter cette découverte et le baptême officiel de ce fossile exceptionnel, la ville de Maastricht a mis les petits plats dans les grands : publication d’un véritable faire-part de naissance comprenant le nom scientifique officiel, distribution à tous les écoliers de Maastricht d’un petit livre “Bèr, le nouveau mosasaure” utilisable comme support de cours, et brassage d’une nouvelle bière : la “Bèr Saturator” qui est en vente dans les cafés, les institutions culturelles, les supermarchés et bien évidemment à l’échoppe du Musée d’Histoire Naturelle de Maastricht. Verrons-nous un jour ce genre de choses en Belgique ou en France ??? Très, très peu probable, même si les retombées économiques de ce genre d'opération sont plus que positives...
 
Extrait de mon article sur http://www.eulasmo.com
 
Phil "Fossil"
 

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Paleomaniac : Fossils and Palaeontology from Belgium

Publié le par Phil Fossil

 
Hello everyone,
 
As you can see, my blog is almost completely dedicated to my devouring passion of fossils.
 
Since more than 33 years now, I search for remains of vanished worlds, traces of  extinct lives, several millions of years old !
 
I travel a lot, visiting European locations where I hunt myself, plus commercial Fossil and Mineral shows where I can buy nice pieces, and also other “exchange” shows where I can trade pieces in excess with other fossil amateurs without intervening money.
 
Fossil exchanges by mail are also regularly done, but size and weight of sent specimens are quite limited in that case. Check "Catégorie" (Category) "Liste d'échanges". (List of specimens to trade)
 
My main specializations are Shark teeth, Sea-Urchins, Trigonid pelecypods, but for educational purposes I collect specimens from all classes of fossils, and from every epoch and most locations.
 
Thru lectures, guiding of amateur associations, writing of books (not frequently, due to necessary work), temporary exhibitions, papers in reviews or club magazines, and now web sites and blogs, I try to introduce this very interesting science to all people.
 
Now I am starting an english section in my blog, so feel free to contact me for informations, fossil trips in Belgium or Europe, exchange fossils, present-day shells and minerals…
 
You can find my mail address and mobile phone number at the left side of this blog. (Section "Un peu de pub...")                                           
 
English translation of my main French papers will be issued soon, just stay tuned…
 
And do not hesitate to leave a comment ! Thanks.
 
Yours sincerely.
 
Phil "Fossil"                                                           
 

Publié dans English Papers

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Chimère fossile de Belgique

Publié le par Phil Fossil

 
 
Edaphodon antwerpiensis, Pliocène inférieur, Sint-Niklaas, Belgique. Longueur 5 centimètres.
 
 
Les chimères ou holocéphales sont des poissons cartilagineux primitifs, on les rencontre en effet depuis le Dévonien jusqu’à l’époque actuelle. Dans les sédiments elles sont surtout découvertes dans le Jurassique supérieur (Portlandien) et le Crétacé inférieur (Albien) du Boulonnais.
 
Les triturateurs isolés (dents) de chimère ne sont pas vraiment courantes dans nos sables et graviers pliocènes, en effet, contrairement aux dents de requins qui sont constamment renouvelées, les triturateurs de chimères restent en place durant toute la vie de l’animal.
 
On en rencontre néanmoins de temps en temps, elles sont peu visibles dans le tamis, il faut vraiment un œil exercé pour les reconnaître quand le sable perturbe la vision. On les trouve plus facilement en tamisant dans l’eau ou en triant du tamisat chez soi.
 
Les mandibules plus ou moins complètes et comportant plusieurs triturateurs sont exceptionnelles, en effet sur 200 journées de fouilles à Anvers je n’en ai trouvé que deux comportant chacune deux dents en place !
 
Que dire alors de cette pièce magnifique comportant quatre triturateurs en position ! Elle a été trouvée lors de ma dernière visite à l’argilière de Sint-Niklaas, laquelle est malheureusement interdite aux fouilleurs depuis peu.
 
Encore une pièce préservée juste à temps de la destruction et de l’oubli…
 
Phil « Fossil »
 

Publié dans Vos découvertes !

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Boucles de Raies fossiles

Publié le par Phil Fossil

 
 
Raja clavata, Pliocène supérieur, Anvers, Belgique. Diamètre de 1 à 3 centimètres.
 
Ces petits fossiles sont fréquemment découverts en surface des plaines sableuses de « Sables d’Oorderen » du Pliocène supérieur du Port d’Anvers, un peu moins souvent par tamisage des « Sables de Kattendijk » du Pliocène inférieur de la même région.
 
Ce sont des épines dorsales hypertrophiées, qui comportent une base robuste et trapue, surplombée d’une épine émaillée. Elles sont incluses dans la peau du dos de l’animal, qui pour cette raison est appelé « raie bouclée » (Raja clavata) et infligent de sérieuses blessures aux prédateurs éventuels. L’épine émaillée est rarement retrouvée à l’état fossile, à l’opposé de la base.
 
La recherche dans les sables gris clair est facilitée par la couleur noirâtre à brunâtre des restes de vertébrés, mais les boucles présentent une ressemblance marquée avec les crottes de lapins, très fréquentes dans le coin également.
 
Il existe un truc infaillible, d’après Dominique Van Espen, pour faire la différence : mordez doucement dans le spécimen douteux, soit il résiste, c’est une boucle de raie, s’il s’écrase et fond dans la bouche, c’était une crotte de lapin ! BEURK…
 
Plus sérieusement, cette manipulation peut aussi (c’est préférable) se faire avec les doigts…
 
Bonnes fouilles !
 
Phil « Fossil »
 

Publié dans Le coin des débutants

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Propositions pour améliorer la protection (1ère partie)

Publié le par Phil Fossil

 
Permis de recherche de fossiles et minéraux
 
En Floride, pour pouvoir posséder, colporter, ou effectuer des recherches de fossiles de VERTEBRES sur le territoire PUBLIC (à l'exclusion des Parcs Nationaux et bien entendu des propriétés privées) il faut posséder un permis annuel qui, pour la modique somme de 5 dollars, donne le droit de récolter les restes de vertébrés au-delà d’un certain volume par an.
 
Les dents de requins n'y sont pas considérées comme des restes de vertébrés, vu leur abondance.
 
La recherche d'invertébrés et de dents de squales peut s'y faire sans permis, tandis que toute recherche sur un terrain privé ne nécessite pas de permis, hormis bien évidemment l'autorisation de son propriétaire...
 
La condition d'octroi du permis est de s'engager à fournir à la fin de l'année à l'organisme qui le délivre (l’Université de Gainesville) la liste exhaustive des fossiles de vertébrés découverts. Certains d'entre eux peuvent être réclamés en donation si ce sont des vestiges inconnus
de la science.
 
Pourquoi ne pas réaliser quelque chose de similaire chez nous, c à d proposer un permis de fouilles OFFICIEL à un prix raisonnable (analogue à la cotisation annuelle que l'on acquitte lors de l'adhésion à un club d'amateurs) ?
 
Cette solution est la meilleure possible, en effet elle permettrait de :
 
- contribuer au financement des organismes publics s'occupant de géologie, qui ne dépendraient ainsi plus uniquement du bon vouloir des décideurs;
 
- contribuer à l'avancement de la science géologique en fournissant aux scientifiques "débordés" des milliers de récolteurs bénévoles;
 
- intégrer ce hobby dans un "cadre juridique" minimal;
 
- donner aux amateurs une relative sécurité pour pratiquer leur passe-temps, sécurité dont ils ne disposent pas actuellement chez nous vu le "vide" ou le "flou" juridique européen, ils peuvent en effet risquer des tracasseries judiciaires même en ne faisant rien d'illégal à priori;
 
- permettre la préservation de nombreux fossiles et minéraux, qui échappent ainsi à la destruction par érosion naturelle ou anthropique.
 
En échange, l'organisme "financé" pourrait rendre des services à ses "adhérents" :
 
- fournir un bulletin périodique (mensuel, par exemple) contenant des infos intéressantes pour les amateurs, concernant les sites potentiels, les futurs chantiers prévus, les informations sur les sites protégés et ce que l'on peut ou non y faire, des sites alternatifs dans la région, les méthodes de fouilles et de préparation, enfin tout ce qui permettrait de transformer les amateurs en milliers de "récolteurs bénévoles" réellement efficaces !
 
- fournir en même temps que le permis une carte de membre offrant le droit à des réductions dans les musées, librairies, magasins, etc. spécialisés en Sciences de la Terre.
 
- offrir un service de détermination soit sur place, soit par e-Mail, et via une équipe dédicacée comprenant des spécialistes de chaque type d'organisme fossile. Ce qui aurait comme effet de permettre aux scientifiques d'avoir accès à des trouvailles intéressantes et peut-être inconnues de la science, et ce sans même quitter leurs laboratoires...
 
- donner accès à ses collections de référence sous forme réelle ou virtuelle aux amateurs, ce qui permettrait à ces derniers de faire leurs demandes de détermination à bon escient, de plus facilement détecter eux-mêmes une trouvaille sortant de l'ordinaire, et de pouvoir in fine la signaler aux scientifiques concernés. Ces derniers seraient à même de pouvoir l'étudier, en réaliser des photographies ou des moulages.
 
J'attends vos idées et vos commentaires pour faire avancer les choses !
Merci.
 
 
Extrait de mon article sur http://www.eulasmo.com
 
Phil "Fossil"
 

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Requin rarissime du Port d'Anvers !

Publié le par Phil Fossil

 
 
Lethenia (Ex-Isurolamna) vandenbroecki, Mio-Pliocène, Port d’Anvers, Belgique. Plus grande dimension : 1 centimètre.
 
Cette dent exceptionnelle a été découverte par mon petit Ange, mon élève privilégiée, qui s’est permis le luxe de trouver une pièce que je n’ai jamais eu l’occasion de mettre au jour malgré plus de 200 journées de tamisage intensif dans le Port d’Anvers !
 
Cette espèce est connue du Rupélien (Oligocène sableux) de Gellik, au Limbourg belge, mais n’était pas encore à ma connaissance répertoriée dans le Miocène-Pliocène belge. Son état de fraîcheur ne semble pas indiquer une dent remaniée.
 
Cette merveille a été obtenue après seulement 3 ou 4 visites sur ce site qu’elle adore !
 
Heureusement que je suis « blindé » contre les soi-disant « débutants » qui trouvent des pièces hors du commun, même et surtout quand je ne les ai pas encore découvertes moi-même…
 
Encore bravo, mon Ange !
 
Phil « Fossil »
 

Publié dans Vos découvertes !

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Musées privés réalisés par des amateurs (1ère partie)

Publié le par Phil Fossil

 
A l'heure où pour d'obscures raisons (de fallacieux prétextes plutôt) de manque de moyens financiers, de temps ou de pénurie de personnel, de plus en plus de collections publiques ferment ou deviennent inaccessibles, les amateurs ouvrent des musées privés qui sont de plus en plus seuls à remplir une mission qui serait normalement dévolue à un service public. Ce dernier n'étant plus en mesure de correctement "faire son boulot", il est heureux de pouvoir encore compter sur des amateurs passionnés ! Encore une preuve que, loin d'être les "pilleurs" et "prédateurs", de plus en plus décriés par des gens soi-disant "bien pensants" (mais peut-on vraiment encore appeler cela penser ???) ces derniers sont des acteurs incontournables et indispensables à la survie des "Sciences de la Terre" dans leur intégralité !
 
Sans tous ces amateurs motivés qui collaborent en bonne intelligence avec de vrais scientifiques, la Science géologique se serait vue depuis bien longtemps reléguée aux oubliettes de l'histoire par la faute de quelques intégristes protectionnistes et indécrottables fonctionnaires !!!
 
 
Musée HAUFF (Holzmaden, Jura souabe près de Stuttgart) : créé par une des familles de carriers exploitant les argilites du Lias dans la région, ce musée rassemble les pièces exceptionnelles qui ont été découvertes depuis des générations. On y rencontre des forêts de crinoïdes ayant poussé sur un tronc fossile, des ichthyosaures, plésiosaures, crocodiles et poissons...
 
 
Musée de La Voulte (Bernard Riou) : cet amateur acharné de la Drôme a longtemps prospecté les couches richissimes de la région et a créé un musée avec les plus belles de ses découvertes : parmi les nombreux fossiles présentés se dénichent la première pieuvre au monde, des mammifères conservés avec leurs poils dans la diatomite, ainsi qu'une jument fossilisée gravide !
 
 
Musée du Cérithe des Legrand-Latour (Vandières, Champagne) : ce viticulteur, grand collectionneur de fossiles, organise ses dégustations d'un excellent champagne parmi les vitrines abritant sa collection de minéraux et de fossiles locaux. On peut y admirer un bel échantillonnage du Lutétien mais également des pièces de provenance plus lointaine, comme des restes de mammifères du Gers.
 
Extrait de mon article sur http://www.eulasmo.com
 
 
Phil "Fossil"
 
 
 

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Les Géologues célèbres : Mary Anning

Publié le par Phil Fossil

 
Mary Anning et les soeurs Philpot (1799-1847, Lyme Regis, Angleterre)
 
Née à Lyme Regis en 1799 (la même année que Barrande !) elle est restée à la postérité comme l’une des plus célèbres découvreuses de fossiles d’Angleterre.
Elle fut la première en 1811 (à 12 ans !) à découvrir et extraire un Ichthyosaure complet et eut des relations exceptionnelles avec les scientifiques de l’époque à une période où la Science était plutôt une affaire d’hommes.
Par la suite elle découvrit un beau Plésiosaure, d’extraordinaires spécimens de raies rarissimes, et le reptile volant Dimorphodon encore plus rare.
 
Elle s’était liée d’amitié avec les soeurs Philpot, collectionneuses de fossiles, qui venaient régulièrement à Lyme. Ces dernières étaient en relation avec tout le gratin scientifique d’alors.
 
Malgré son bagage plutôt humble, Mary discutait d’égal à égal avec des experts comme le révérend William Buckland (premier professeur de Géologie à Oxford) et Henry de la Bèche. (futur directeur du Service Géologique anglais)
 
On peut remarquer la grande gratitude intellectuelle des collections actuelles : seule une institution sur cinq possédant ses fossiles prestigieux (le musée d’Oxford) a enregistré le fossile sous le nom de M. Anning comme inventeur. Mais en ce temps là, la communauté scientifique anglaise reconnaissait les mérites des amateurs. Ainsi, en 1835, une souscription, lancée par l’Association Britannique pour l’avancement des sciences, lui obtint 200 livres que le célèbre paléontologue William Buckland augmenta de 300 livres, pour réaliser une rente annuelle de 25 livres. On ne verrait plus cela aujourd’hui et on crierait au scandale même. 
 
Mary mourut en 1847 et fut enterrée à l’église St Michael de Lyme, toute proche des falaises qu’elle aimait tant arpenter à la recherche de fossiles et où elle fit des découvertes d’une si grande importance.
 
Actuellement, un grand nombre de collectionneurs poursuivent l’oeuvre de Mary Anning. Certains sont en communication avec des experts mondiaux, d’autres se contentent de garder ou de vendre leurs fossiles. Cependant, tous ont un rôle important à jouer, car ces experts locaux, par leur patientes recherches, aboutissent à de nombreuses et importantes découvertes chaque année.
Sans leurs efforts, de nombreux spécimens rares, voire uniques, seraient perdu à cause des ravages de la mer.
 
(Discover Dorset Fossils, Richard Edmonds, The Dovecote Press 1999)
 
Extrait de mon article sur http://www.eulasmo.com
 
Phil "Fossil"
 

Publié dans Générale

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Mandibule de phoque fossile d'Anvers

Publié le par Phil Fossil

 
 
Mandibule de Paleophoca nysti, Pliocène supérieur, Anvers, Belgique. Longueur environ 6 centimètres.
 
 
Je ne résiste pas au plaisir de vous faire partager cette jolie trouvaille faite il y a quelques années déjà dans les Sables d’Oorderen (Pliocène supérieur) du Port d’Anvers.
 
Elle a été mise au jour par Dominique Van Espen, chercheur acharné de requins et autres fossiles de vertébrés anversois, et habitué des plaines de sable gris clair riches en coquilles mais où les restes de vertébrés sont plutôt rares. Ils n’en sont que plus intéressants…
 
Les molaires de phoque isolées sont déjà une rareté, même dans le Gravier de Base du Kattendijk qui concentre les restes fossiles.
 
Que dire alors d’un morceau de mandibule comportant deux molaires en place !
 
Toutes mes félicitations, Dominique, pour cette pièce de toute beauté !
 
Phil « Fossil »
 
 

Publié dans Vos découvertes !

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L'avis des paléontologues professionnels sur les amateurs

Publié le par Phil Fossil

 
ERIC BUFFETAUT: Directeur de recherches au CNRS, spécialiste des fossiles de vertébrés, a réalisé et réalise encore des campagnes de fouilles sur les sites à dinosaures de l’Aude, en collaboration avec des amateurs. Il est l’artisan de la création et de l’enrichissement du Musée des Dinosaures d’Espéraza, qu’il n’est plus utile de présenter ici.
 
Les idées écrites par le paléontologue Eric Buffetaut dans “Pour la Science” n° 212 de juin 1995 sous le titre “Faut-il protéger les fossiles ?” sont particulièrement judicieuses. En voici une petite série, à méditer :
 
“Pour qu’un maximum de fossiles échappent à la destruction, il est souhaitable que ces sites soient accessibles à un maximum de chercheurs, amateurs ou professionnels.”
 
“Interdire les récoltes par les amateurs sur ces falaises tarirait la source principale de nouveaux fossiles, et condamnerait des milliers de nouveaux spécimens à la destruction inéluctable par l’érosion.”
 
“D’autres sites sont constamment soumis à des dégradations dues soit aux agents naturels, c’est le cas notamment des falaises, soit à l’activité humaine. (cas des carrières en exploitation) “
 
“Interdire le prélèvement des fossiles sous le prétexte de protéger le patrimoine, c’est le plus souvent les condamner à la destruction à plus ou moins brève échéance, et en tout cas empêcher leur exploitation à des fins scientifiques. “
 
“On sait que les législations concernant les fossiles ont parfois paralysé la recherche locale. (l’Italie en est un exemple aussi attristant que pertinent) “(Il pourrait également parler de l’Espagne depuis, ndlr.)
 
Il met en garde contre “les excès de bureaucratie, et les développements de chasses gardées paléontologiques, au profit de quelques institutions cherchant exclusivité au dépens des autres. ”
 
“L’autorité administrative pourrait consulter les chercheurs professionnels avant de prendre des mesures qui auront des conséquences importantes pour toute une science. “
 
(D’après Jean Géonord, Minéraux&Fossiles n° 263 (juin 1998)
 
Le jugement que porte Eric Buffetaut, suite à la proposition de Loi Souvet déposée au Sénat le 9 octobre 1997 :
 
«  Je vois avec tristesse des initiatives partant d'un excellent sentiment qui, faute de concertation réelle avec les principaux intéressés - à savoir les scientifiques et, ne les oublions pas, les très nombreux amateurs qui, loin d'être des pillards, leur viennent en aide - peuvent conduire à des situations désastreuses pour l'étude scientifique et la mise en valeur du patrimoine géologique, paléontologique et minéralogique français. »
 
(Note sommaire des principales dispositions légales en matière de minéralogie et de paléontologie en France métropolitaine, Septembre 1999 par Freddy LIBMAN, adhérent du CDMP de Grenoble)
 

Extrait de mon article sur http://www.eulasmo.com

Phil "Fossil"

 

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