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Protection du Patrimoine

Lundi 11 septembre 2006 1 11 /09 /Sep /2006 22:16
 
J.-C. FISCHER : Sous-directeur du Muséum de Paris. Il a réalisé personnellement le guide « Fossiles de France et des régions limitrophes » aux éditions Masson, ainsi que d’autres ouvrages de vulgarisation.
 
En 1984 déjà, il écrivait dans un article de Monde et Minéraux :
 
« Ce reproche (multiplication des prélèvements de fossiles avec appauvrissement de certains gisements) ne saurait effacer tous les résultats positifs que les amateurs ont apporté et continuent d’apporter au bilan de la paléontologie. »
 
« Les tenants de la science pure auront de plus en plus besoin des amateurs. »
 
« Sans eux bien des gisements auraient disparu sans que des professionnels de la paléontologie aient pu faire le moindre prélèvement de fossiles. »
 
« Si l’on fait le compte des connaissances acquises en paléontologie depuis un siècle et demi, on constate que plus d’un tiers des découvertes est le fait exclusif d’amateurs… et plus de la moitié a été faite grâce à l’intervention plus ou moins directe de paléontologues non professionnels. »
 
« Où recruterait-on les professionnels qui, avant leurs études supérieures, ont d’abord été presque tous des amateurs ? »
 
Extrait de mon article sur http://www.eulasmo.com
Phil "Fossil"
Par Phil Fossil - Publié dans : Protection du Patrimoine
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Jeudi 7 septembre 2006 4 07 /09 /Sep /2006 21:58
L'exploitation des carrières dans la Réserve Géologique du Lubéron
 
Les règlements édictés dans la Réserve Géologique du Lubéron interdisent toute extraction et même jusqu'au colportage de fossiles extraits sur son territoire, mais l'exploitation des carrières s'y poursuit sans entraves.

Quelques carrières près de Lacoste extraient en effet la pierre tendre du Miocène, laquelle sert après sciage à la confection de parements de cheminées et d'autres dalles.

On en arrive ainsi à la contradiction suivante : les amateurs de fossiles se voient refuser l'accès aux carrières et même l'achat à leurs propriétaires des "déchets de taille" qui contiendraient des fossiles, ce qui leur donnerait une petite chance de sauvegarder des spécimens fossilisés.
Par contre rien n'interdit aux exploitants de scier en tranches les blocs fossilifères en détruisant bien évidemment irrémédiablement leur contenu !

Des centaines de superbes oursins, de grands Pectens, et même de rares étoiles de mer passent ainsi "à la trappe" sur l'autel de la rentabilité et du capitalisme ! Alors qu'ils pourraient se retrouver protégés et mis en valeur dans l'une ou l'autre collection privée ou publique !

Mais, beaucoup plus grave, les « gestionnaires » de la « Réserve géologique du Lubéron » ont, semble-t-il, délibérément interdit aux carriers de vendre aux amateurs de la couche à Pectens et oursins, couche inutilisable pour les exploitants. Ces derniers se voient donc obligés de passer toute la couche fossilifère au concasseur.
 
Quelle logique tordue peut bien passer par la tête des gestionnaires de cette réserve géologique ?

1)     Le pillage des sites fossilifères est une mauvaise chose. (vrai pour les sites protégés, faux dans les carrières ou les chantiers !)
2)     Le commerce des fossiles encourage le pillage des sites (faux)
3)     Il ne faut absolument pas encourager le commerce des fossiles (faux)
4)     Il faut interdire au carrier de vendre ses blocs à fossiles (idiot)
5)     Donc il faut le « forcer » à passer cette couche au broyeur. (insensé !)
 
On en arrive donc à l’aberration kafkaïenne absolue qui suit : pour protéger les fossiles, arrangeons-nous pour qu’ils soient tous détruits dans des concasseurs !!!
 
On est à juste titre en droit de se demander si les gestionnaires d’une réserve géologique qui prennent pour les autres ce genre de décision sont bien à leur place, ou s’ils ne devraient pas plutôt, pour le bien de la Science géologique, subir un petit séjour de cure en unité psychiatrique…
 
Nous pouvons également nous rendre compte sans devoir trop réfléchir que la majorité des réserves géologiques qui ont été créées l’ont été plus pour se “donner bonne conscience” que pour réellement protéger quelque chose… Puisque nous avons suffisamment démontré par des exemples imparables que tout fossile non abrité par un bâtiment en dur est inéluctablement condamné à la destruction !

On aurait pu imaginer que quelques jeunes diplômés en géologie ou paléontologie, au chômage comme il y en a tant, achètent des blocs à Pecten au carrier (il est d'accord, cela se faisait dans le temps !!!) les confient à une micro entreprise montée par ces mêmes personnes, qui dégageraient les Pecten, pour en faire des objets de collection ou de décoration (il y en a tellement, et leur intérêt scientifique est à peu près nul !), et tout le monde serait content, le carrier qui valoriserait une matière première qu'il jette pour l'instant, et des jeunes qui trouveraient du boulot, les collectionneurs, musées et autres qui pourraient se fournir en spécimens à prix raisonnable, et ce tranquillement et légalement !

Où peuvent bien donc être la logique et la "protection" là dedans ??? Il serait temps que l’exemple de tolérance et d’intelligence des exploitants de la carrière vosgienne de Neufchâteau fasse enfin des émules !!!
 
 
Phil "Fossil" 

 

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Dimanche 3 septembre 2006 7 03 /09 /Sep /2006 22:02
 
Gordon Hubbell (1975-..., Floride)
 
Il y a des gentlemen, et alors il y a à Gainesville en Floride Gordon Hubbell, qui est en tout premier une crême d’homme. Il apparait aussi être l’un des chercheurs spécialisés en requins les plus respectés au monde.
 
Sa carrière professionnelle fut longue de plus de trente années passées dans des parcs zoologiques et des aquariums, pour culminer par la Direction des parcs zoologiques Crandon Zoo et Metro Zoo, à Miami.
 
Actuellement retraité, il possède son propre musée privé du Requin et un laboratoire de recherche qui contient l’une des plus importantes collections mondiales de référence de dents de requins fossiles et de mâchoires d’espèces de requins actuelles.
 
Les études de Gordon se sont focalisées sur l’évolution des requins à dents géantes, incluant le grand requin blanc et bien sûr le Mégalodon. Lui et ses spécimens ont été inclus dans des émissions parues dans quatre programmes concernant les requins sur Discovery Channel, mais également d’autres programmes télévisés sur les requins aux USA et en Allemagne.
 
Il a été l’auteur de plusieurs articles sur les requins fossiles, et a participé à plusieurs livres académiques sur le grand requin blanc.
 
En 1975, Gordon débuta ses études sur les requins fossiles en collectant dans la région de la “Bone Valley”, au centre de la Floride. Depuis il a fait des voyages à but de collecte dans neuf états nord-américains, de la Floride à la Californie, ainsi que huit voyages en Amérique du Sud. (Colombie et Pérou)
 
Il a ainsi acquis une collection impressionnante de dents de requins fossiles du monde entier, et possède une collection très étendue de mâchoires de 156 espèces actuelles.
 
En 1980 il a démarré une entreprise fournissant des mâchoires de requins pour l’exposition, l’éducation et l’étude, et à ce jour il a fourni 86 musées, aquariums, parcs zoologiques et universités au niveau mondial.
 
(Mark Renz, Megalodon : Hunting the Hunter, Paleopress, 2002, Floride)
 
Phil "Fossil"
 
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Jeudi 31 août 2006 4 31 /08 /Août /2006 22:05
 
 
Prognathodon saturator, Maastrichtien supérieur, Maastricht, Pays-Bas. Longueur du crâne 1,60 mètres.
 
Ruud Dortangs (1998, Maastricht, Hollande)
 
 
Originellement extraite à la scie en galeries souterraines afin de fournir des pierres de construction, la craie de Maastricht est actuellement récupérée au bulldozer et sert à la fabrication du ciment. L’immense usine de la “Eerste Nederlandse Cementerij Industrie” (ou ENCI) est installée dans la carrière même. Néanmoins, 13 samedis par an, les amateurs peuvent venir en carrière y chasser le fossile. Les scientifiques du Musée de Maastricht les y accompagnent.
 
Ruud Dortangs est l’un des paléontologues amateurs de la Société Géologique Néerlandaise qui visitait la crayère ce 8 août 1998. Il y découvrit une vertèbre caudale de mosasaure, puis quelques autres en connexion, mais il semblait qu’il pouvait y avoir plus : sans doute un squelette complet, qui fut rapidement surnommé “Bèr”.
 
L’exploitation de la craie par ENCI avait temporairement lieu dans une autre portion de carrière, une extraction du fossile put donc s’envisager, conjointement par le Musée d’Histoire naturelle de Maastricht, la Société Géologique Néerlandaise et l’Université Libre d’Amsterdam.
 
A l’aide d’un équipement de dentiste et de petits grattoirs, le préparateur Hans Peeters, ses collègues du Musée de Maastricht et les paléontologues de la Société Géologique Néerlandaise ont dégagé le fossile petit bout par petit bout. Néanmoins les silex très durs qui parsemaient les parties du crâne ont posé d’énormes problèmes : il fut nécessaire d’utiliser des scies diamantées et des burins extrêmement résistants pour les éliminer. La finition se fit à l’aide d’une sableuse qui élimina les dernières poussières de craie et laissa apparaître tous les détails.
 
Avant son dégagement, il semblait s’agir d’un exemplaire de plus du Mosasaurus hoffmanni. Au fur et à mesure que le squelette devenait visible, l’on se rendit compte qu’il s’agissait d’un représentant de très grande taille du genre Prognathodon. En effet il possédait des dents antérieures nettement proéminantes vers l’avant. Ces dents ont disparu sans doute avant la fossilisation, mais les alvéoles des racines, nettement inclinées vers l’avant, sont restées. C’est une nouvelle espèce, déterminable grâce à un os spécial, le Quadratum, qui se trouve à l’arrière du crâne entre les mâchoires inférieures et supérieures. Cet os renferme et protège l’appareil auriculaire de l’animal. Il est fondamentalement différent de celui des autres espèces de mosasauridés découvertes jusqu’à présent.
 
Pourquoi cette découverte est-elle aussi importante ?
On retrouve très peu fréquemment des restes de mosasaures, et c’est généralement des dents ou ossements isolés. Même si les requins ont désarticulé le squelette de Bèr, il est resté suffisamment pour en avoir une idée très claire.
Seules les découvertes de 1770 à Maastricht et de 1956 à Bemelen peuvent approcher l’état de ce spécimen.
 
Les mosasaures atteignaient rarement 10 mètres de longueur. Avec une tête d’un mètre cinquante et une longueur estimée de 14 mètres, Bèr était vraisemblablement le plus grand carnassier du Crétacé marin. Ses énormes mâchoires et ses muscles puissants lui permettaient un plus grand éventail de proies encore que son “petit” cousin Mosasaurus hoffmanni.
 
Enfin c’est le premier représentant du genre Prognathodon découvert aux Pays-Bas. Il était déjà connu en Belgique, aux Etats-Unis et en Nouvelle-Zélande mais Bèr diffère notablement de ces autres spécimens. Il est plus grand, plus solidement construit, et son Quadratum est fort différent. Bèr appartient à une nouvelle espèce !
 
Environ trois ans et demi après sa découverte en août 1998, le nouveau mosasauridé de Maastricht a enfin reçu son nom scientifique officiel. L’extraction, la préparation et la réalisation de l’exposition temporaire ont pris environ trois ans, l’étude exhaustive et la détermination plus de six mois. Enfin le 7 mars 2002 “Bèr” a reçu son nom de baptême :
 
Prognathodon saturator Dortangs et al. 2002.
 
Son découvreur, Ruud Dortangs et le Bourgmestre de Maastricht furent les premiers à recevoir un exemplaire de la publication “A large new mosasaur from the Upper Cretaceous of the Netherlands”.
 
Le nom d’espèce “saturator” signifie littéralement “Celui qui donne satisfaction” , et en premier se référencie aux requins qui ont dévoré le cadavre de “Bèr”, mais ensuite, 65 millions d’années plus tard, à la joie qu’il a apportée à son découvreur et à l’équipe de fouilles qui l’a extrait.
 
Après le regret de 1794 quand le premier mosasaure “déménagea” de Maastricht à Paris, la joie en 2002 !
 
Bien entendu de nombreux paléontologues réputés, notamment américains, firent le voyage à Maastricht pour étudier le nouveau spécimen. Ils considèrent “Bèr” comme un exemplaire magnifique.
 
Pour fêter cette découverte et le baptême officiel de ce fossile exceptionnel, la ville de Maastricht a mis les petits plats dans les grands : publication d’un véritable faire-part de naissance comprenant le nom scientifique officiel, distribution à tous les écoliers de Maastricht d’un petit livre “Bèr, le nouveau mosasaure” utilisable comme support de cours, et brassage d’une nouvelle bière : la “Bèr Saturator” qui est en vente dans les cafés, les institutions culturelles, les supermarchés et bien évidemment à l’échoppe du Musée d’Histoire Naturelle de Maastricht. Verrons-nous un jour ce genre de choses en Belgique ou en France ??? Très, très peu probable, même si les retombées économiques de ce genre d'opération sont plus que positives...
 
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Phil "Fossil"
 
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Mardi 29 août 2006 2 29 /08 /Août /2006 20:23
 
Permis de recherche de fossiles et minéraux
 
En Floride, pour pouvoir posséder, colporter, ou effectuer des recherches de fossiles de VERTEBRES sur le territoire PUBLIC (à l'exclusion des Parcs Nationaux et bien entendu des propriétés privées) il faut posséder un permis annuel qui, pour la modique somme de 5 dollars, donne le droit de récolter les restes de vertébrés au-delà d’un certain volume par an.
 
Les dents de requins n'y sont pas considérées comme des restes de vertébrés, vu leur abondance.
 
La recherche d'invertébrés et de dents de squales peut s'y faire sans permis, tandis que toute recherche sur un terrain privé ne nécessite pas de permis, hormis bien évidemment l'autorisation de son propriétaire...
 
La condition d'octroi du permis est de s'engager à fournir à la fin de l'année à l'organisme qui le délivre (l’Université de Gainesville) la liste exhaustive des fossiles de vertébrés découverts. Certains d'entre eux peuvent être réclamés en donation si ce sont des vestiges inconnus
de la science.
 
Pourquoi ne pas réaliser quelque chose de similaire chez nous, c à d proposer un permis de fouilles OFFICIEL à un prix raisonnable (analogue à la cotisation annuelle que l'on acquitte lors de l'adhésion à un club d'amateurs) ?
 
Cette solution est la meilleure possible, en effet elle permettrait de :
 
- contribuer au financement des organismes publics s'occupant de géologie, qui ne dépendraient ainsi plus uniquement du bon vouloir des décideurs;
 
- contribuer à l'avancement de la science géologique en fournissant aux scientifiques "débordés" des milliers de récolteurs bénévoles;
 
- intégrer ce hobby dans un "cadre juridique" minimal;
 
- donner aux amateurs une relative sécurité pour pratiquer leur passe-temps, sécurité dont ils ne disposent pas actuellement chez nous vu le "vide" ou le "flou" juridique européen, ils peuvent en effet risquer des tracasseries judiciaires même en ne faisant rien d'illégal à priori;
 
- permettre la préservation de nombreux fossiles et minéraux, qui échappent ainsi à la destruction par érosion naturelle ou anthropique.
 
En échange, l'organisme "financé" pourrait rendre des services à ses "adhérents" :
 
- fournir un bulletin périodique (mensuel, par exemple) contenant des infos intéressantes pour les amateurs, concernant les sites potentiels, les futurs chantiers prévus, les informations sur les sites protégés et ce que l'on peut ou non y faire, des sites alternatifs dans la région, les méthodes de fouilles et de préparation, enfin tout ce qui permettrait de transformer les amateurs en milliers de "récolteurs bénévoles" réellement efficaces !
 
- fournir en même temps que le permis une carte de membre offrant le droit à des réductions dans les musées, librairies, magasins, etc. spécialisés en Sciences de la Terre.
 
- offrir un service de détermination soit sur place, soit par e-Mail, et via une équipe dédicacée comprenant des spécialistes de chaque type d'organisme fossile. Ce qui aurait comme effet de permettre aux scientifiques d'avoir accès à des trouvailles intéressantes et peut-être inconnues de la science, et ce sans même quitter leurs laboratoires...
 
- donner accès à ses collections de référence sous forme réelle ou virtuelle aux amateurs, ce qui permettrait à ces derniers de faire leurs demandes de détermination à bon escient, de plus facilement détecter eux-mêmes une trouvaille sortant de l'ordinaire, et de pouvoir in fine la signaler aux scientifiques concernés. Ces derniers seraient à même de pouvoir l'étudier, en réaliser des photographies ou des moulages.
 
J'attends vos idées et vos commentaires pour faire avancer les choses !
Merci.
 
 
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Phil "Fossil"
 
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Lundi 28 août 2006 1 28 /08 /Août /2006 19:17
 
A l'heure où pour d'obscures raisons (de fallacieux prétextes plutôt) de manque de moyens financiers, de temps ou de pénurie de personnel, de plus en plus de collections publiques ferment ou deviennent inaccessibles, les amateurs ouvrent des musées privés qui sont de plus en plus seuls à remplir une mission qui serait normalement dévolue à un service public. Ce dernier n'étant plus en mesure de correctement "faire son boulot", il est heureux de pouvoir encore compter sur des amateurs passionnés ! Encore une preuve que, loin d'être les "pilleurs" et "prédateurs", de plus en plus décriés par des gens soi-disant "bien pensants" (mais peut-on vraiment encore appeler cela penser ???) ces derniers sont des acteurs incontournables et indispensables à la survie des "Sciences de la Terre" dans leur intégralité !
 
Sans tous ces amateurs motivés qui collaborent en bonne intelligence avec de vrais scientifiques, la Science géologique se serait vue depuis bien longtemps reléguée aux oubliettes de l'histoire par la faute de quelques intégristes protectionnistes et indécrottables fonctionnaires !!!
 
 
Musée HAUFF (Holzmaden, Jura souabe près de Stuttgart) : créé par une des familles de carriers exploitant les argilites du Lias dans la région, ce musée rassemble les pièces exceptionnelles qui ont été découvertes depuis des générations. On y rencontre des forêts de crinoïdes ayant poussé sur un tronc fossile, des ichthyosaures, plésiosaures, crocodiles et poissons...
 
 
Musée de La Voulte (Bernard Riou) : cet amateur acharné de la Drôme a longtemps prospecté les couches richissimes de la région et a créé un musée avec les plus belles de ses découvertes : parmi les nombreux fossiles présentés se dénichent la première pieuvre au monde, des mammifères conservés avec leurs poils dans la diatomite, ainsi qu'une jument fossilisée gravide !
 
 
Musée du Cérithe des Legrand-Latour (Vandières, Champagne) : ce viticulteur, grand collectionneur de fossiles, organise ses dégustations d'un excellent champagne parmi les vitrines abritant sa collection de minéraux et de fossiles locaux. On peut y admirer un bel échantillonnage du Lutétien mais également des pièces de provenance plus lointaine, comme des restes de mammifères du Gers.
 
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Phil "Fossil"
 
 
 
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Jeudi 24 août 2006 4 24 /08 /Août /2006 22:05
 
ERIC BUFFETAUT: Directeur de recherches au CNRS, spécialiste des fossiles de vertébrés, a réalisé et réalise encore des campagnes de fouilles sur les sites à dinosaures de l’Aude, en collaboration avec des amateurs. Il est l’artisan de la création et de l’enrichissement du Musée des Dinosaures d’Espéraza, qu’il n’est plus utile de présenter ici.
 
Les idées écrites par le paléontologue Eric Buffetaut dans “Pour la Science” n° 212 de juin 1995 sous le titre “Faut-il protéger les fossiles ?” sont particulièrement judicieuses. En voici une petite série, à méditer :
 
“Pour qu’un maximum de fossiles échappent à la destruction, il est souhaitable que ces sites soient accessibles à un maximum de chercheurs, amateurs ou professionnels.”
 
“Interdire les récoltes par les amateurs sur ces falaises tarirait la source principale de nouveaux fossiles, et condamnerait des milliers de nouveaux spécimens à la destruction inéluctable par l’érosion.”
 
“D’autres sites sont constamment soumis à des dégradations dues soit aux agents naturels, c’est le cas notamment des falaises, soit à l’activité humaine. (cas des carrières en exploitation) “
 
“Interdire le prélèvement des fossiles sous le prétexte de protéger le patrimoine, c’est le plus souvent les condamner à la destruction à plus ou moins brève échéance, et en tout cas empêcher leur exploitation à des fins scientifiques. “
 
“On sait que les législations concernant les fossiles ont parfois paralysé la recherche locale. (l’Italie en est un exemple aussi attristant que pertinent) “(Il pourrait également parler de l’Espagne depuis, ndlr.)
 
Il met en garde contre “les excès de bureaucratie, et les développements de chasses gardées paléontologiques, au profit de quelques institutions cherchant exclusivité au dépens des autres. ”
 
“L’autorité administrative pourrait consulter les chercheurs professionnels avant de prendre des mesures qui auront des conséquences importantes pour toute une science. “
 
(D’après Jean Géonord, Minéraux&Fossiles n° 263 (juin 1998)
 
Le jugement que porte Eric Buffetaut, suite à la proposition de Loi Souvet déposée au Sénat le 9 octobre 1997 :
 
«  Je vois avec tristesse des initiatives partant d'un excellent sentiment qui, faute de concertation réelle avec les principaux intéressés - à savoir les scientifiques et, ne les oublions pas, les très nombreux amateurs qui, loin d'être des pillards, leur viennent en aide - peuvent conduire à des situations désastreuses pour l'étude scientifique et la mise en valeur du patrimoine géologique, paléontologique et minéralogique français. »
 
(Note sommaire des principales dispositions légales en matière de minéralogie et de paléontologie en France métropolitaine, Septembre 1999 par Freddy LIBMAN, adhérent du CDMP de Grenoble)
 

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Phil "Fossil"

 

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Samedi 19 août 2006 6 19 /08 /Août /2006 21:10
 
Cette immense carrière proche de Nancy exploite les calcaires marneux du Sinémurien, réputés dans la région pour un banc continu à grandes ammonites Coroniceras, Arietites, et d'autres espèces encore.
 
Les amateurs locaux pouvaient, du temps de l'ancienne direction, librement échantillonner le bon niveau fossilifère et ainsi récupérer ces grandes coquilles qui nécessitent encore une bonne quarantaine d'heures de travail pour le dégagement complet de la gangue plutôt dure et la préparation finale.
 
Or la nouvelle direction, noyautée par la DRIRE, n'autorise plus ces collectes qui aboutissaient à la sauvegarde de ces fossiles, ces derniers terminent donc leur existence vieille de 200 millions d'années d'une conservation véritablement miraculeuse entre les mâchoires d'un concasseur...
 
Seules les écoles (qui ne disposent bien naturellement pas de l'équipement nécessaire pour l'extraction, la manutention et la préparation de blocs de roches pesant plusieurs centaines de kilos !) peuvent obtenir annuellement une (!) seule autorisation de visite.
 
De qui se moque t’on ???
 
 
 
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Lundi 14 août 2006 1 14 /08 /Août /2006 22:18

Certaines institutions officielles désireuses de "protéger le patrimoine paléontologique" vendent des moulages de fossiles invertébrés très courants soit dans l'échoppe de musées, ou dans des "valises pédagogiques" qui peuvent être louées aux écoles.

Bien évidemment ces "moulages" sont de piètre qualité, coûtent souvent plus cher que les véritables spécimens similaires achetés en bourses, tandis que des milliers de véritables fossiles, eux laissés affleurants sur le terrain, sont soumis à destruction par érosion naturelle ou anthropique au lieu de se retrouver préservés dans l'une ou l'autre collection...

Mais, de surcroît, ces moulages nécessitent préalablement à leur confection l'exploitation de gypse en mines et en carrières pour la fabrication du plâtre qui entre dans leur composition, d'où destruction supplémentaire de minéraux et de fossiles !

Encore un superbe exemple de non-sens intégral auquel l'écologie intégriste, c'est-à-dire irréfléchie, peut nous amener !

Phil "Fossil"

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Samedi 12 août 2006 6 12 /08 /Août /2006 08:00
 
Les fossiles et les minéraux étant des ressources non renouvelables, il n'est pas judicieux de s'en débarrasser comme de vulgaires ordures ménagères.
 
Lors du décès d'un amateur, des collections risquent de finir "à la poubelle", les héritiers qui sont généralement bien embarrassés par ces objets devraient se mettre en rapport avec d'autres amateurs pour leur céder les spécimens, éventuellement même gratuitement contre la promesse de les débarrasser de tout, y compris de ce qui n'est pas intéressant a priori.
 
Il est aussi possible de donner la collection à un club local, à un musée de village, une école, une université... Les possibilités sont nombreuses et variées. Cela permet généralement d'éviter à la famille les frais consécutifs à la location d'un conteneur.
 
Personnellement il m'est arrivé de récupérer deux collections de cette manière, les spécimens parfois intéressants pouvaient être accompagnés d'une abondante littérature. Bien sûr il y a des choses qui ne méritent que de finir à la poubelle, mais ce qui ne nous intéresse pas peut toujours être donné à des jeunes débutants ou échangé.
Phil "Fossil"
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