Ce site est celui d'un fêlé du marteau, d'un tapé du tamis, en bref un Paléontologue amateur !
Grâce à cette passion, des milliers de témoignages de mondes disparus ont été préservés de l'altération naturelle dans les sites menacés, des concasseurs dans les
carrières, du béton ou du macadam dans les chantiers.
Il prouvera que les amateurs, loin d'être les pilleurs souvent décriés, sont en fait les véritables protecteurs des fossiles et des sites !
A l’heure où vous lirez ces lignes, nous serons encore pour quelques petits jours en vacances en France.
Outre des sites en Auvergne et en Limousin, nous devrions avoir eu l’occasion de faire un saut à la bourse de Millau pour y faire quelques contacts et, si possible, des acquisitions
intéressantes.
Vous devriez pouvoir lire des comptes-rendus exhaustifs dès notre retour !
Lors de mon adolescence, le choix de ma vocation professionnelle a été plutôt âpre.
Entre une carrière dans l’enseignement, choix tout tracé de par plusieurs générations de parents, grands-parents, oncles, tantes, cousins ayant choisi cette voie, mais aussi la biologie, la
paléontologie, et en final l’informatique, cela aura nécessité quelques années afin de définitivement trouver ma voie.
Au risque d’en décevoir certains, je n’ai jamais regretté de ne pas avoir choisi l’Enseignement.
Après avoir récupéré un peu de place suite au départ des caisses de fossiles à donner, nous avons pu nous remettre au tri et au nettoyage de matériel originaire d’un peu partout.
Les sacs de bélemnites, mais aussi les bivalves, brachiopodes et ammonites de Bascharage ont pu être parmi les premiers à passer à l’eau.
Suivis d’assez près par du matériel récolté il y a une décennie en République Tchèque, notamment des minéraux de Jilove, Caslav et Pribram, mais aussi des fossiles de Lochkov.
Des coraux fossiles, crinoïdes et autres brachiopodes de Frasnes et de Boussu-en-Fagnes ont pu être nettoyés, ce qui a permis de diminuer également le nombre de caisses concernées.
Une grosse caisse contenant du matériel bajocien du Sud de Caen a été également passée à la brosse et à l’eau, une bonne moitié a terminé dans une caisse à donner.
Etendre le grand seau de 20 litres de tamisat ramené de notre dernière virée anversoise, tout en récupérant les grosses coquilles et autres fossiles déposés dedans, a permis à nouveau de
reconstituer du stock de Miocène-Pliocène à donner.
Les scientifiques ont découvert la première preuve probable que ces « lézards terribles » étaient également des charognards.
Certains carnivores actuels comme les lions peuvent être charognards à l’occasion.
Des marques de dents retrouvées sur des ossements fossiles d’animaux ayant survécu à l’attaque d’un T-Rex suggèrent qu’ils chassaient des proies vivantes.
Les chercheurs étudient un humérus, long de 90 centimètres, du grand dinosaure herbivore Saurolophus (à bec de canard) : cet os montre des marques de dents suggérant que les tyrannosaures
ont joué les charognards de manière délicate.
L’ossement vieux de 70 millions d’années et extrait dans le Désert de Gobi montre des marques de prédation de taille telle qu’elles ne peuvent être attribuées qu’à un Tarbosaurus, le
tyrannosauridé local.
Ce qui permet de penser à un comportement de charognard est le fait que seul l’humérus a été nettoyé, le reste du corps est intact et ne montre aucune marque de prédation.
Un prédateur tuant sa proie commence à se nourrir sur les membres postérieurs et la poitrine. Il serait bizarre pour un prédateur de cette taille de se repaître juste d’un bras s’il avait une
proie complète de 12 mètres à sa disposition.
La carcasse était sans doute presque complètement recouverte de boue fluviatile quand le prédateur l’a découverte, le reste étant inaccessible il a mangé ce qu’il a pu.
Ceci est donc une preuve que les tyrannosauridés pouvaient occasionnellement faire preuve d’un comportement de charognard.
Nos récentes séances de tri et de nettoyage ont permis la mise au jour d’un sac contenant des pièces découvertes à Lochkov, en République tchèque, il y a plus d’une décennie.
Parmi celles-ci, ce gastéropode primitif qui ne semble pas illustré sur la Toile.
Si d’aventure les spécialistes en mollusques dévoniens pouvaient, par un simple commentaire à cet article, nous donner leur avis sur la « bête », ils en seraient
remerciés.
Depuis le 1er janvier, début de mon long préavis, j’aurai décidément mis à profit mes temps libres à rallonge.
Allemagne, Ardennes françaises, Champagne, Bretagne, Auvergne se seront succédés à intervalles plutôt rapprochés. Et je ne parle pas des sorties belges…
A l’heure où vous lirez ces lignes, je serai de retour dans le Limousin et le Puy-de-Dôme à des fins de longues vacances et de fouilles, naturellement.
Les publications sur le site se sont déjà un tantinet espacées, elles vont sans doute encore se ralentir un peu jusqu’au tout début du mois d’août.
Pygidium de Dalmanites sp., Lochkovien, Lochkov. Largeur 7 centimètres.
Il y a pas mal d’années déjà, Tony et moi passions quelques jours dans les environs de Prague avant de nous rendre à la bourse de Tisnov.
Grâce à Kamil, notre copain tchèque, nous avions la possibilité de visiter des sites locaux et, plus hasardeux pour nous, occidentaux, d’y obtenir un accès.
La carrière de la cimenterie de Lochkov, proche de la capitale, était l’un de ces gîtes auquel nous avons eu l’autorisation de prospection. A ne pas confondre avec une réserve naturelle
proche, protégée et interdite aux fouilles !
Elle montre des niveaux du Dévonien inférieur (Lochkovien) qui fournissent quelques fossiles.
Exuvies de trilobites Dalmanites, orthocères, bivalves et gastéropodes très archaïques, formaient l’essentiel de la faune.
Plus rare, une épine de la nageoire dorsale du requin Machairacanthus bohemicus avait été trouvée par Kamil, et donnée à Tony.
Miocène-Pliocène, Port d’Anvers, Belgique. Taille maximale 6 centimètres.
Mettant à profit une météo ensoleillée, votre serviteur a refait une petite séance de tamisage dans le Miocène-Pliocène anversois.
Même s’il devient hasardeux de mettre la main sur une couche valant la peine d’être tamisée, le passage aux deux gros tamis à mailles de 13 millimètres permet, étant donné le volume somme
toute considérable traité, la récolte de quelques dents convenables.
La pièce de gauche est une canine de cachalot, de grande taille même si elle est relativement incomplète.
Les autres sont les dents classiques trouvées sur place, notons que l’Anotodus retroflexus a été trouvée en surface du talus sableux, sans aucun tamisage.
Pour la petite histoire, nous avons été chassés du site… Par un bel orage et une pluie rapidement devenue torrentielle !
Si la météo le permet, vous pouvez toujours participer à une excursion gratuite et guidée à des fins de recherche de fossiles et de minéraux. Prière de vous
inscrire soit par mail à notre adresse de contact, soit par téléphone ou SMS sur le mobile +32473402582, ce qui vous permettra de connaître les dates encore disponibles et le
programme prévu des fouilles.
Les excursions sont possibles aussi bien pour des particuliers que pour des groupes.
Vos empreintes