Mercredi 4 janvier 2012
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18:49
Par Phil Fossil
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Publié dans : Comptes-rendus
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Lundi 19 décembre 2011
Le réveil se fera enfin à l’heure prévue, nous pourrons descendre déjeuner à l’heure initialement convenue avec notre hôte.
Après avoir copieusement « calé » nos estomacs, nous remontons nous changer et attaquons la route vers le site prévu, les Vaches-Noires du côté de Villers-sur-Mer.
Attention : grimper à l’assaut de ces falaises n’est pas toléré, au contraire du ramassage des fossiles « en épaves » sur le platier. De plus, en hiver, leur instabilité
est telle que les risques d’éboulements et d’enlisement dans les coulées d’argile sont réels.
Bien évidemment, les fossiles ramassés sur la plage sont fréquemment usées par la mer : il y en a tellement qu’il suffit généralement de ne ramasser que ceux les plus fraîchement sortis de
la couche et de négliger tout ce qui est incomplet (hors espèce très rare !) ou trop érodé.
Le temps sec mais fort gris annonce des averses, lesquelles nous laisseront en paix pour une bonne partie de la matinée.
Garés près du yacht-club, et dûment équipés, nous marchons jusqu’aux falaises où les premiers fossiles commencent à sortir.
Outre les Gryphaea dilatata, Lopha marshii et Rastellum gregareum, dont seuls quelques-uns parmi les meilleurs exemplaires seront ramassés, nous mettons la main sur quelques coraux solitaires
(Thecosmilia annularis, Montlivaultia sp.) et coloniaux (essentiellement des Isastrea limitata) ainsi que des petits blocs d’oolithe de Trouville à oursins Nucleolites scutatus, mais pour les
colonies coralliennes je me limiterai aux plus petites pièces les plus esthétiques, vu le poids et l’encombrement de certains exemplaires visibles parmi les rochers !
Je me suis d’entrée de jeu imposé la discipline de ne ramener que des pièces de taille modeste, vu l’encombrement de mon habitation et la quantité déjà présente en collection !
Mais en quelques secondes, cette belle résolution vole en éclats ! En effet, je viens d’apercevoir, au milieu des gros galets et des rochers, un nautile d’une petite trentaine de centimètres
de diamètre ! Vu que c’est mon premier sur ce site, et qu’il est dans un état tout-à-fait honorable, il est totalement hors de question de le laisser là.
Il rentre tout juste dans mon grand seau, mais son poids plus que conséquent va me faire souffrir jusqu’à notre arrivée au véhicule… Et causera in fine la mort du seau, dont le fond plutôt
fragile va vite se fissurer.
Jean-Paul ramasse quelques plus petits fossiles, le plus notable étant un bel oursin régulier Hemicidaris de l’Oxfordien, une pièce qui personnellement manque encore à ma collection
régionale ; néanmoins, avec le nautile il serait indélicat de me plaindre !
Pour les minéralogistes, nous ramassons dans les coulées d’argile descendant sur la plage des pyrites assez belles, néanmoins dans les sacs l’argile se répand partout, masquant tous les détails
des spécimens ramassés ! Il faudra un bon nettoyage pour faire ressortir tout cela…
A nouveau, la marée approche de la pointe de rochers, je ramasserai encore quelques jolis coraux et une ammonite Lamberticeras ou Cardioceras (forme plate) sur un petit bloc, puis il sera temps
de repartir sous une pluie de plus en plus présente.
Nous rejoindrons l’auto sous une pluie devenue battante, les sites côtiers ne sont donc plus envisageables vu le temps de déplacement et la marée déjà bien haute. Nous jetterons notre dévolu sur
le Paleospace, tout nouveau musée de paléontologie ouvert depuis quelques mois seulement à Villers-sur-Mer.
Remplaçant les anciennes collections hébergées dans les locaux du syndicat d’initiative, il est désormais beaucoup plus grand et payant.
Très facile à dénicher, étant donné la pléthore de panneaux de signalisation, il jouxte les marais (entre Blonville-sur-Mer et Villers) et offre un grand parking.
Nous en profitons pour nous sécher, la pluie battante continuant de plus belle durant toute notre visite.
Outre les collections permanentes de fossiles locaux (essentiellement des Vaches-Noires, plus quelques pièces de Villerville) nous pouvons nous émerveiller devant Anna, l’Ichthyosaure désormais
bien connu, ainsi que deux squelettes de plésiosaure (Cryptoclidus) et de pliosaure. (Liopleurodon)
On peut également y contempler le fauteuil de Postel, siège en béton orné de grandes ammonites de Villers, lequel a fait l’objet d’une soigneuse restauration par certains membres de l’Association
paléontologique de Villers.
Une exposition temporaire sur les pontes de dinosaures, présentant de beaux spécimens du Sud de la France, est fort passionnante.
Une boutique permet d’acquérir un peu de littérature, mais les objets et livres mis à la vente manquent de variété. Nous regrettons de ne pouvoir y acquérir des cartes géologiques et
topographiques, comme c’est le cas par exemple à la Maison du Fossile à Lion-sur-Mer.
Un seul bémol, l’immensité du musée met paradoxalement en valeur de grands vides. Il serait intéressant de concentrer un peu plus les trouvailles locales, et d’y ajouter des vitrines de fossiles
des autres époques géologiques mais d’autres provenances (de Normandie ou d’ailleurs), afin de bien « caler » les fossiles de Villers au sein des temps géologiques…
Une comparaison des faunes locales avec celles des étages similaires d’autres régions aurait également un grand intérêt…
Soyons indulgents, ce centre vient tout récemment d’ouvrir et les perspectives d’évolution sont encore nombreuses.
Des merveilles plein les yeux, nous repartons au gîte finir de sécher nos vêtements de fouilles, se réchauffer par une bonne douche, et se reposer en attendant le souper, excellent comme chaque
jour.
A suivre...
Phil "Fossil"
Vos empreintes