Et vive les Ardennes de France...

Publié le par Phil Fossil


Ce samedi, la météo est annoncée clémente : pas de pluie, des températures positives depuis 2 jours, il ne devrait plus y avoir de neige ni de glace sur les sites.

Renaud arrive vers 8h, on embarque le matériel et on part au supermarché acheter de quoi casser la graine, la journée va être longue et les trajets ne le seront pas moins !

Nous sommes en effet partis pour les campagnes au sud de Charleville-Mézières, plus faites personnellement depuis deux bonnes années, autant vous dire que je suis en manque aggravé d'oursins et d'ammonites !

Peu avant d'arriver, un arrêt s'impose car Renaud doit satisfaire un besoin naturel : chose faite, il découvre parmi les cailloux proches un pectinidé et deux ammonites incomplètes ! Ca commence fort...

Arrivés près de Neuvizy, un brouillard tenace nous empêche de voir l'état des champs à distance, on a quand même la possibilité de chercher en lisière d'un que je sais productif.

Il ne faut pas très longtemps avant qu'une dizaine d'ammonites de l'Oxfordien (Minerai de fer des Ardennes) commencent à sortir, accompagnées de tiges et de racines de crinoïdes, de brachiopodes, de bivalves (dont les grandes Gryphaea dilatata), de gastéropodes Pleurotomaria et Pseudomelania heddingtonensis, de plus rares oursins Nucleolites micraulus, Holectypus corallinus, Hyboclypus giberrulus...

Renaud, qui a l'oeil du débutant, sort en prime un beau corail solitaire.

Le "spot" est néanmoins vite épuisé, un autre champ proche est tellement recouvert de végétation que sa bordure n'est même pas envisageable...

On reprend donc la route jusque Novion-Porcien, autre endroit plus vu depuis 3 bonnes années; la petite carrière de calcaire corallien (Oxfordien faciès récifal) a fort changé, les éboulis sont conséquents et continuent à être entretenus, on entend d'ailleurs régulièrement tomber des morceaux de roche.

On gratte assez loin du front de taille vertical dans les pierres tombées, tout en examinant soigneusement la paroi, malheureusement aucun oursin ne pointant le bout de son test on devra se contenter de coraux, bivalves, gastéropodes et piquants de cidaridés.

On a néanmoins assez rapidement fait le tour, et on repart pour un troisième site.

Un champ mieux visible depuis que le brouillard s'est levé peut être prospecté, la récolte a été faite, les tiges sont restées sur le sol mais il y a moyen de voir la terre et les cailloux.

Trois ammonites seront encore engrangées, avec quelques mollusques, mais la productivité est bien moins bonne que celle du premier champ.

La nuit va bientôt tomber, on repart jusqu'à La Bascule où l'ancienne carrière renferme la Gaize des Ardennes, à nombreux fossiles.

Taper dans le front de taille n'est pas nécessaire, il suffit de gratter dans les éboulis pour découvrir les fossiles plus blancs que la roche grise.

De nombreux bivalves sont ramassés (Modiolus bipartitus, Isognomon mytiloides, Pleuromya sp., Ostrea sp., Radulopecten s., Myophorella clavellata, Pinna sp.) ainsi que quelques gastéropodes (Pleurotomaria) et morceaux d'ammonites dont Quenstedtoceras mariae.

Malheureusement, après avoir gratté les 10 premiers centimètres sans encombre, le sous-sol est encore bien gelé et on doit se contenter de la couche superficielle.

Elle s'épuise rapidement, cela coïncide parfaitement avec la tombée de la nuit. On embarque le matériel et les trouvailles, et on reprend la route.

Une petite pause à Couvin, pour boire un café et manger un petit bout en vitesse dans un snack, et on est repartis.

Il est largement passé 21h quand j'arrive à la maison, et que tout le matériel est déchargé et rangé.

Le dimanche, la grasse matinée est de rigueur : le repos est bien nécessaire après une semaine de boulot et une bonne journée de fouilles bien occupée !!!

Pas de regrets à avoir, il pleut et le nettoyage des trouvailles à l'extérieur est momentanément compromis.

L'après-midi est plus sèche, je sors donc les premiers seaux et je commence à passer les pièces à l'eau dans les bacs encore bien froids.

La boue des champs est particulièrement collante, mais s'enlève bien à la brosse plastique.

Je continue par la gaize moins encrassée, et je termine par les plaques à spirifers du dimanche précédent.

Il commence à faire noir quand j'arrête, après avoir mis une quantité substancielle de pièces décrassées à sécher dans des caisses plates.

Je peux enfin me reposer, naze mais content.

Un bien beau week-end, en tout cas...

Vivement la prochaine !

(Mais pas le prochain week-end : j'en aurai bien besoin pour finir de nettoyer tout ce qui reste à faire des 2 week-ends passés...)

Phil "Fossil"


Publié dans Comptes-rendus

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